Un disque de blues tourne sur ma platine depuis quelques temps, c’est l’album de Seasick Steve, “Dog House Music”. Ce n’est pas une vieillerie exhumée des fonds de ma discothèque mais un disque tout ce qu’il y a de plus récent puisque sorti en 2007.
Par contre, le Steve, c’est pas le perdreau de l’année. Il se permet de sortir son premier disque à 70 balais! Et c’est là que commence la magie car avec le vécu qu’il a, ce vieux bougre est le blues personnifié. Buriné et cabossé par la vie, il chante le blues comme peu de contemporains sont capables de le faire passer. Quand on l’écoute, on entend Leadbelly, on entend Robert Johnson, on entend Johnny Cash aussi, les voix de tous ces vieux gars résonnent dans les chansons de Steve.
Né dans le Mississippi comme il se doit, il a appris la guitare d’un bluesman de son quartier à 8 ans. A 13, il fuguait pour ne plus jamais rentrer et vécut de boulots saisonniers, voyageant de trains de marchandises en trains de marchandises tel un héros de Kerouac ou Fante. Au crépuscule de sa vie, le “clochard céleste” nous raconte son histoire et comme un bon grand père nous tient en haleine tout le long de cette merveille qu’est “Dog House Music”! Sa musique est toute simple, il s’accompagne d’une vieille guitare électrique, la “Three Stringed Trance Wonder”, où il n’a laissé que trois cordes car il a fait le voeu de la laisser telle qu’il l’a acheté. Il bat le rythme en tapant du pied sur sa “Mississippi Drum Machine “, une boite en bois toute pourrie. C’est du roots donc et ça sonne terrible, allez y voir de vous mêmes, vous ne serez pas déçu du voyage!
En extrait ici : http://www.myspace.com/seasicksteve