…Et longue vie à ce festival. Eh oui, la 20e édition des Eurocks a pris fin hier sous une fine bruine et avec un soupçon de boue afin de réunir tous les ingrédients d’un bon festival ! Des bottes, des bains de boue, des coups de soleils, des tongs… le week end fut complet. C’est un des dernier espaces de liberté qui vient de se refermer entrainant l’habituel blues d’après festival. Pour pallier à ce cafard, revenons à la journée de dimanche, nous ferons un bilan de cette édition plus tard, avec du recul. Pour l’instant place au premier jet de la réaction à chaud !
Donc il pleuvait ce dimanche là et le festivalier avait sorti son attirail de cirés, ponchos, bottes et sacs poubelles. Car l’eurockéen est un habitué que la pluie n’effraie pas, normal nous sommes au pied du très vert massif vosgien. Malgré le temps, la journée commence en douceur et magnifiquement avec les excellents Moriarty et leur folk tout droit sorti d’une bande dessinée noir et blanc sur le Far West. Rosemary et ses acolytes nous ont enchanté!
Une des attractions de la journée était pour moi le concert des French Cowboy. J’attendais avec impatience de retrouver les ex Little Rabbits, mon groupe de pop frenchy préféré. Même si je les avais revus accompagnant leur pote Katerine lors de la tournée de celui-ci et malgré les multiples side projects de Federico, les revoir ensemble en formation rock fut un vrai plaisir. Car il se passe toujours quelque chose avec ces orfèvres de la pop, ce fut encore le cas sur la scène de La Plage pendant un set de rock très cinématographique aux ambiances western punk. Bien sur, on a eu droit à un sketch de Federico, habitué aux excentricités surtout lorsqu’elles tournent autour de jolies demoiselles rougissantes. La jeune fille qui s’est vue jouer une sérénade rock énamourée sur la scène n’est pas prête d’oublier sa journée du 6 juillet!!
Poursuivant mon parcours, je suis allé voir MGMT attiré par le buzz médiatique et les quelques singles bien sentis ouï sur les ondes. Petite déception, ce concert ne m’a pas emballé. J’ai trouvé le groupe un peu trop proche de ses influences glam, leur pop psyché ne m’a pas embarqué, je suis resté solidement les deux pieds dans la boue. Malgré les faux airs de Marc Bolan de leur chanteur, le groupe n’a encore pas l’envergure des T-Rex.
Cali quoi ? Califourchon ? Non non, après je suis allé voir si Danko Jones avait encore des griffes ! Leur dernier album m’avait semblé bien mou du genou, bien commercial. On semblait loin des fureurs heavy rock et stoner des débuts. Cela se confirma en live, rien à voir avec l’intensité dégagée au Printemps de Bourges 2004.
Quoi Cali ? Californie ? Puis un petit détour pour la jolie chanteuse de Lykke Li. La pop des suédois toute en fraicheur, soulagea les oreilles mises à mal par ces trois jours de festivités soniques. Mais je filai bien vite applaudir la pépite de ce dimanche, le fabuleux Seasick Steve. Le bluesman sexagénaire, en duo avec un batteur digne de Bonzo du Muppet Show, fit honneur à sa réputation de conteur. Malgré la barrière de la langue, le gars se fit comprendre sans problèmes, prenant le temps de discuter avec son public, tout surpris qu’il était de nous voir si nombreux à l’écouter sous la pluie battante. Une autre jeune fille ( était-ce le fil rouge de la journée ?!) eut droit à une sérénade blues, sagement assise aux cotés du vénérable griot de la trois cordes. Steve eut droit à un triomphe après avoir bien lâché les chevaux, galvanisé, porté par un public ravi de la magie du moment.
Après ce concert épique, je me disais que j’avais le temps d’aller me placer pour assister à la venue “éventuelle” de Mister Doherty. Mais une fois n’est pas coutume, notre trublion britton était en avance, fort élégant et prêt à mettre le feu à coup de “Delivery”, “You Talk” et d’un “Fuck Forever” final enthousiasmant. Ni interruption, ni esclandres, juste de la bonne zic bien mise en place par un des meilleurs mélodistes de sa génération. Que le dieu des rockers lui prête vie encore longtemps, amen !
Quant aux vieux punks à roulettes, ils étaient tous là pour les Offspring, toujours fringants malgré la grossesse de leur chanteur (il aurait pu faire attention, à son âge tout de même). On eut droit au best of du groupe, bien envoyé avec conviction par des musiciens semble-t-il repus de gastronomie et de bon vin français. En tous cas, ils nous firent oublier maux de dos et courbatures, pas évident ce dimanche soir à Belfort ! Pas évident non plus pour Gnarls Barkley, de passer derrière le punk-pop minimaliste d’Offspring avec leur électro-soul toute en finesse. Je les ai trouvé bon mais ils auraient justement gagné à réfréner les ardeurs de leurs guitaristes, un poil bourrins, ce qui gâchait les compos du duo.
Voila ce que j’ai retenu de ce dimanche. Ah oui et le fil rouge c’était quoi ? Et bien, je dirais le Western sound car entre Moriarty, French Cowboy, Seasick Steve et Band of Horses, nous eûmes notre dose de parfums venus des plaines du Middle West, du Mississipi et des Appalaches !