J’aime depuis toujours les voix féminines, surtout dans le rock. Je trouve que leur fragilité vocale (apparente) se marie super bien aux guitares et ambiances électriques. De toute façon, tout ce qui est décalage en musique, ça me fout les poils. Tout petit, j’écoutais Chantal Goya à donf, puis sont venues Blondie, Kate Bush, Tori Amos, Joan Baez, Joni Mitchell. Plus tard, les groupes indie pop anglo-saxons m’ont enchanté, Elastica, Belly, Echobelly, Breeders, Pj Harvey. Mais en France, peu de groupes ou d’artistes féminines m’ont réellement frappé.
Les artistes françaises sont souvent gnan-gnan ou trop variétoches, pour de rares Ina-Ich, Brigitte Fontaine, Eths ou encore Emilie Simon, trop de niaiseries bubble-pop pour pré-ados.
Sauf qu’il y a 10 ans apparaissait Dolly, groupe power-pop chanté en français, proche de David Salsedo ,le leader de Silmarils, les nantais cartonnèrent dès leurs premiers singles. Dolly était une bouffée d’oxygène dans le paysage rock français. Je ne reviens pas sur le drame qui frappa le groupe, menant à leur séparation en 2005, qui laissa Emmanuelle Monet seule sur la route.
Heureusement, la chanteuse a refermé ses plaies et le livre Dolly pour poursuivre sa route musicale. Accompagnée de son guitariste habituel et de deux renforts à la section rythmique, elle reprend le micro sous le nom de “Manu” et propose l’excellent album “Rendez-vous” disponible depuis septembre.
Les fans de Dolly adoreront, les autres passeront leur chemin. La voix de Manu n’a rien perdu de son charme cristallin ni de sa précision. Le son est toujours très léché, bonne production à la française mêlant guitare en power chords et sons électro discrets. Les compos sont plaisantes, alternent morceaux lents et plus rock’n'roll. On se dit parfois qu’on est trop dans le rock français basique, c’est vrai qu’il n’y a rien d’original là dedans. Mais l’album marque les esprits de par ses paroles profondes, une véritable atmosphère toute de sensibilité, de féminité blessée mais toujours sensuelle et mutine. On passe une quarantaine de minutes comme dans un flash, dans un bain de power-pop qui passerait inaperçu peut être sans la voix et les textes de Manu. Je suis curieux de les voir sur scène.
A écouter par là : http://www.myspace.com/manusonic