Ma grande surprise de 2008, c’est le chanteur Jésus “Sixto” Rodriguez. Je l’ai découvert au détour d’un article des Inrocks qui chroniquaient ce mystérieux artiste des 70’s, auteur d’un des plus beaux albums de folk psychédélique de l’ère hippie, Cold Facts. Comme le dit l’auteur du blog My Head is a Juke Box, on croit toujours avoir tout entendu des sixties mais c’est sans compter sur l’inconséquence de l’industrie du disque…le con qui a dit qu’il n’y avait pas de génies méconnus se l’est fourré bien profond…
Bref, Rodriguez a sorti deux albums splendides en 1970 et 1971, Cold Facts et Coming from reality, ou il revisitait le folk à la lueur de bougies psychédéliques, avec des fulgurances prog-rock magnifiques. Son art du songwriting n’avait rien à envier à celui des Byrds, de Donovan, de Bolan ou du Bowie des débuts. Malheureusement, il passa totalement à coté du succès.
Je pense sans rien affirmer, qu’il a dû subir un certain ostracisme dû à ses origines latinos dans une Amérique encore très conservatrice. Il a sans doute aussi souffert d’une mauvaise réputation suite à sa superbe chanson “Sugarman” où il fit l’apologie de la drogue de façon beaucoup plus directe que ses collègues de l’époque. Étiquetée “musique de camés”, un peu de la même manière que Thiéfaine en France après la sortie de “La Fille du coupeur de joints”, il n’a peut être pas pu percer le marché grand public. Désormais cela ajoute une aura particulière aux chansons de ce “beautiful loser”, heureusement revenu en grâce par le biais du web.
Vous pouvez vous aussi allez réparer cette injustice en allant faire un tour par là :
http://www.myspace.com/sixtorodriguezz
Je conseille particulièrement “Cold Facts” à tous les fans de folk, du mouvement psyché et en général à tous les amateurs de musique des 60’s et 70’s !
“Je pense sans rien affirmer, qu’il a dû subir un certain ostracisme dû à ses origines latinos dans une Amérique encore très conservatrice”
Je n’irai pas jusque là. Comme Curt Boettcher, Jackson C. Frank, Margo Guryan, Linda Perhacs ou Karen Dalton (tous excessivement doués et blancs comme des Doliprane), il n’a probablement pas eu le petit coup de bol nécessaire pour réussir.
Sinon l’album est bon en effet.