Diego Jiménez Salazar, alias Diego El Cigala est né en 1968 à Madrid, d’une famille de grands chanteurs gitans. Enfant surdoué, il remporte moults concours de flamenco. Vite découvert par le grand Camarón de la Isla, il apprendra à ses cotés et rentrera ainsi dans la famille des grands chanteurs de flamenco.
Mais Dieguito saura s’extraire de son lourd et flamboyant héritage pour voguer vers d’autres continents musicaux. En l’occurence, c’est vers Cuba que se tournent à nouveau ses regards avec son nouvel essai “Dos Lagrimas”.
Renouvelant l’expérience de “Lagrimas Negras” où il posait son chant de gitan andalou sur les rythmes afro-cubains du grand Bebo Valdès, Diego el Cigala revient avec deux larmes lourdes de tout l’âme du flamenco mais arrondies de swing cubain. Mais quand sur “Lagrimas Negras”, il semblait parfois hésitant, paralysé par son admiration de celui qu’il appelait “maestro”, ici avec Guillermo Rubalcaba, autre grande figure du piano cubain, Diego el Cigala atteint des sommets d’expressivité. De sa gorge coule du miel brûlant, la magie de l’alliance entre rugosité andalouse et le swing de ce jazz latino opère sur nous et nous catapulte en Cubandalousia !
Notons l’apparition d’un autre adepte du cross-over, Richard Galliano, qui vient donner du bandonéon sur la reprise de Caruso. La présence de l’accordéoniste français vient renforcer cet édifice de métissage latin.