La St Patrick 2010 a été endeuillée par la disparition d’une étoile de la musique pop américaine. En effet, Alex Chilton est décédé hier d’une crise cardiaque à la Nouvelle-Orléans. Avec ce chanteur guitariste de 60 ans, c’est tout un pan de l’histoire du rock qui disparait.
Il connait le succès dès l’âge de 16 ans avec son groupe ” The Boxtops” avec lequel il joue dans un style très soul, rythm ‘n’ blues à l’anglaise. Il incorpore à cette “blue-eyed soul” des éléments pop et psyché et décroche quelques tubes dont le mythique “The Letter” en 1967. Quatre albums suivront mais Chilton se lasse des manipulations de ses producteurs et part fonder “Big Star” avec son ami Chris Bell.
Avec Big Star, on touche à la mémoire collective du rock, le pôle magnétique de l’indie pop. Car en trois albums, “#1 Record”, “Radio City” et “Sister Lovers”, entre 1972 et 1978, Alex Chilton va marquer toute une génération de musiciens. Des futurs REM, Weezer, Pavement, Teenage Fan Club vont s’approprier ce mélange de pop mélodieuse beatlesienne, de guitares au son brut de décoffrage et d’harmonies folks psychédéliques. Encensé par le milieu et la critique, Big Star, mal distribué, se plante commercialement comme c’est souvent le cas pour les éclaireurs du rock. Derrière d’autres sauront édulcorer la recette et feront carrière comme un certain Tom Petty par exemple !
Chilton poursuivra sa carrière en solo, traversant la fin des années 70 au sein de la scène punk new yorkaise, produisant les Cramps et d’innombrables disques tous plus indés les uns que les autres. Il a désormais rejoint le panthéon indie d’où il continuera à rayonner sur tous les apprentis Franck Black du monde !
En vidéo, une de mes chansons préférées, ma madeleine de Proust à moi, The Letter. A noter, l’évident enthousiasme des musiciens jouant en playback :
Une chanson d’amour ultime : Thirteen / Big Star sur l’album #1 Record :