A l’Est de l’océan Indien se trouve l’archipel des Mascareignes et sa perle, la belle Ile Bourbon alias La Réunion. Paradis tropical, La Réunion est une terre riche d’histoire, de métissage, qui a accouché d’une tradition musicale flamboyante.
Le travail récent du Pôle régional des Musiques Actuelles de La Réunion et de son label discographique Takamba nous permet une plongée dépaysante et lumineuse au cœur de l’âme créole réunionnaise. Les albums de ce label étant destinés à conserver une mémoire de l’histoire sonore, ils sont particulièrement soignés. Chacun d’eux est agrémenté d’un livret très complet (paroles et traductions, biographie, contexte social, historique et stylistique, instrumentation) et d’illustrations (photos d’archives, pochettes de disque, partitions).
On découvre ainsi le Séga, que l’accordéoniste René Lacaille appelle le « musette réunionnais ». Le Séga est en fait la fusion des danses de salon des colons européennes avec la musique africaine des descendants d’esclaves. C’est un quadrille créole qui eut pour première grande chanteuse populaire, la plantureuse Benoîte Boulard. Cette star de l’après-guerre est rappelée à notre souvenir par le magnifique coffret :
« Du quadrille créole au séga / Loulou Pitou et Benoîte Boulard. Takamba, 2007 ». On traverse avec ce duo, 30 années de musique populaire réunionnaise.
Chanteur de Séga des rues de St Denis, Henri Madoré était le troubadour réunionnais par excellence. Un peu poète, un peu rebelle, toujours guitare en main, il arpentait les rues de St Denis poussant à qui voulait les entendre ses comptines gaies et entrainantes. « Le dernier chanteur de rue / Henri Madoré. Takamba, 2008. » est une véritable merveille de folk, comme si Graeme Allwright avait chanté en créole !
Takamba met également en avant des chanteurs de Maloya, genre musical sulfureux, interdit sur l’île par les autorités métropolitaines jusqu’en 1981. Ce chant de complaintes des esclaves est le blues réunionnais, musique prolétaire aux accents déchirants longtemps jouée en secret. Deux coffrets illustrent l’histoire magnifique de cette musique avec tout d’abord, l’un des derniers représentants du Maloya originel, l’ancêtre Gramoun Bébé avec :
« Le Maloya Kabaré / Gramoun Bébé. Takamba, 2005 » . Gramoun Bébé est tenu pour chanter le Maloya originel, une musique très spirituelle inspirée des cultes religieux malgaches.
Mais aussi le terrible : « Vavanguèr / Alain Péters. Takamba, 2007. » que les lecteurs fidèles de ce blog connaissent déja. Sur ce disque, vous découvrirez la musique d’un poète maudit, être d’ombre et de lumière profondément spirituel. Auteur compositeur et interprète, Alain Péters s’inscrivait dans la tradition des grands chanteur de blues et de folk.
On imagine un instant que tous les Pôles Régionaux des Musiques Actuelles se mettent à monter des labels de la qualité de Takamba…rêvons… !
Henri Madoré : “Z’enfants batards”




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Cordialement
Fanie
C’est normal, vous faites du super boulot !