Il y a des injustices criantes quand il est question du succès ! Qui mérite de cartonner dans les charts ? Qu’est ce qui fait d’un chanteur, une idole ? Daran, lui, le mériterait cent fois ! Depuis 1992, Daran balance avec désinvolture un blues hexagonal enfanté des amours de Piaf et Johnny Winter. Il a une signature vocale puissante, un grain, une couleur qui font que dès les premières syllabes passent les émotions. Il nous scotche, nous retient, nous oblige à écouter les mots splendides de ses deux paroliers fétiches, Alana Filippi et Pierre-Yves Lebert.
Son talent vocal et son charisme pourrait le pousser vers des hymnes facile mais il s’en sert avec retenue et pudeur. Ici réside son problême à mon avis, sa pudeur. Ce qui l’empêche de basculer dans la variété, à notre plus grand bonheur et pour le plus grand malheur de son banquier, c’est qu’il reste vrai dans ses interprétations. Daran est juste. De cette justesse qui vous dit que le gars ne ment pas, ses histoires sont vraies et vous défoncent le coeur. Vous écoutez Daran et vous serrez les poings. Vous emportez ses notes avec vous longtemps après la fin de votre écoute, elles vous habitent car sa musique n’est pas jetable. C’est en cela qu’il n’est pas grand public, pas d’émotion facile et préfabriquée, pas ce fast-food musical pompier auquel le rock français nous a tant habitué depuis Telephone…
Découvrez, redécouvrez Daran avec ”Couvert de poussière” sorti l’an passé. Un concept original, puisqu’un album de BD accompagne le best-of de notre rocker rital. La BD met en image les chansons de Daran, sous la plume de Michel Alzéal tandis Daran remet en musique sa carrière sur un disque, qui contient un inédit “Les Filles qui font la gueule”.