La déferlante “garage psyché” américaine reflue rapidement. De véritables pionniers punks vont émerger, des groupes de rock inquiétants, sombres, underground vont générer une sorte d’alternative à la béatitude hédonique du mouvement hippie naissant. Quatre groupes, surtout, vont à leur manière influencer les futurs punks aussi bien à New York qu’à Londres : The Velvet Underground, The Doors, The Stooges et les MC5.
Le Velvet Underground naît à New York en pleine effervescence hippie en 1965, habitué de la célèbre Factory, le groupe accompagne sur scène les performances artistiques d’Andy Warhol pour son spectacle « Exploding. Plastic. Inevitable. »
Le groupe culte de la contre culture américaine déroute les fans de rock en sortant son premier album « The Velvet Underground & Nico » en 1966. En plein délire psychédélique Flower Power, leur musique froide, malsaine et agressive est jetée à la figure des hippies. Brian Eno rappelle le coté confidentiel de la musique du Velvet dans une célèbre phrase : « Il n’y a peut être que 1000 personnes qui ont acheté le premier album du Velvet Underground, mais chacune d’entre elles a ensuite fondé un groupe. »
Le Velvet chante la drogue, la rue, la prostitution, les travestis, ils chantent pour leurs semblables, les « freaks ». La Factory est remplie de poètes et artistes maudits mais talentueux, d’homos et de lesbiennes, tout un petit monde très subversif, au mode de vie ultra individualiste voire anarchiste. En gros, le Velvet influença ses descendants de par sa capacité à remettre en cause les dogmes du spectacle pop, les lois du rock ‘n’roll.
Musique dissonante, paroles outrageantes, attitude méprisante et condescendante, ils vont eux aussi déclencher une cascade de vocations.
