1967, lors d’un concert des Doors à Chicago, le jeune James Newel Osterberg Jr impressionné par la prestation de Morrison décide de quitter son poste de batteur des Iguanas pour fonder un vrai groupe de rock. Il se rebaptise Iggy Pop et fonde The Stooges. En 1969, sort « The Stooges », leur premier album, produit par John Cale qui vient de quitter le Velvet Underground.
D’après le critique Greil Marcus, The Stooges « créent le son de la Airmobile de Chuck Berry après que des voleurs l’ont dépouillée de ses pièces. »
Suivront deux albums, Fun House en 1970 et Raw Power en 1973, terribles décharges soniques, forcément incomprises dans une époque hippie hédoniste. Un guitariste qui porte des croix de guerre allemande, un chanteur qui se lacère le torse au verre pilé, en plein Flower Power, ça fait désordre…
Effectivement, bête de scène, Iggy Pop fait de ses concerts des performances totales où il se met en danger physiquement, se dénude et laisse aller son inconscient sans aucune retenue. Loin des conventions encadrant le déroulement classique des concerts pop, les concerts des Stooges sont des catharsis traumatisantes pour le public de l’époque, public parmi lequel se révèlent des vocations de plus en plus nombreuses. Surtout lors d’une tournée à Londres en 1972, lorsque les Stooges donnent un showcase au cinéma Scala devant une centaine de personnes.
Dans le public ce jour là, un jeune lycéen de 16 ans, mal fichu, aux cheveux longs, John Lydon le futur chanteur des Sex Pistols, alias Johnny Rotten, assiste à la performance démente d’Iggy Pop. Il ne s’en remettra jamais. Le mal est fait !
Lors du boom punk partout dans le monde et même encore maintenant, toutes les auditions de musiciens punks commencent toujours par « joue-nous « I wanna be your dog » des Stooges ! »
- Search & Destroy/ The Stooges (The Stooges, 1969)

