Je me demande parfois quelle chanteuse aurait l’envergure d’une Edith Piaf aujourd’hui ? Quelqu’un qui possède la flamme. Quelqu’un qui aie le bon angle, le coup d’oeil. Une chanteuse avec le grain, le truc qui gratte l’écorce à nu et qui fait tomber vos barrières…vous voyez ce que je veux dire, un Mano Solo au féminin !
Marianne Joplin des faubourgs, Fréhel explosive, Melissmell a répondu à mon interrogation.
De bourlingue en errance, Melissmell a connu la rue, les petits métiers, la débrouille de l’auto-production et gravit un à un les échelons de la reconnaissance. Elle est en campagne, à l’assaut des barricades et à l’entendre, on pense à “La liberté guidant le peuple”, le tableau de Delacroix. “Aux armes” nous crie-t-elle et le vent de l’histoire souffle dans les enceintes. C’est le cri du peuple, des opprimés qui résonne dans sa voix. On est pris aux tripes par sa voix qui rocaille puis caresse, apaise avant de s’enflammer à nouveau.
Sur une base acoustique, elle pose une voix rock et le contraste entre la douceur des cordes et l’énergie de son chant fait mouche. Les textes sont travaillés et vont droit au but. On y sent bien sur quelques influences, mais plus dans la forme que dans le fond, c’est direct et ça sent le vécu.
Clairement, une artiste de grand talent est en gestation. On attend avec impatience la sortie de l’album “Ecoute s’il pleut” chez les indés du label Discograph, dans les bacs le 17 janvier. En attendant, on patiente avec l’EP “Aux armes” et surtout en suivant la demoiselle sur scène, partout en France !
Aux armes :
Sobre la muerte (après une petite Suite pour violoncelle de Jean-Séb !) :
