Aujourd’hui j’ose tout ! Je me fais plaisir avec ces quelques mots sur mon compositeur de musique classique occidentale préféré, Gustav Mahler !
J’ai étrangement découvert ce compositeur grâce à Charles Bukowski. Imprégné comme je le suis de l’oeuvre de Mister Chinaski, j’ai relevé à plusieurs reprises le nom de Mahler, dont Bukowski écoutait les symphonies, seul la nuit devant sa bouteille de rouge et sa machine à écrire.
Gustav Mahler naquit à Kaliste, le 07 juillet 1860, en Bohême, dans une famille de modestes aubergistes. Après des études de piano au conservatoire puis à l’Université de Vienne, il est engagé à l’opéra de Leipzig comme assistant du chef d’orchestre Arthur Nikish.
Il travailla ensuite à l’Opéra Royal de Budapest, ou il connut son premier succès en tant que compositeur en y créant sa Première Symphonie, en 1889. L’Opéra de Hambourg lui offrit ensuite son premier titre de premier chef d’orchestre en 1891 jusqu’à la consécration, la nomination comme directeur artistique du prestigieux Opéra de Vienne.
Après 10 ans de bons et loyaux services, une cabale antisémite l’écarta de ce poste. Il en profita pour aller faire carrière aux Etats-Unis, au Metropolitan Opera de New York puis au Philharmonic Orchestra de New York. Il mourut le 18 Mai 1911 à Vienne, de troubles cardiaques. Il avait 50 ans.
Chef d’orchestre admiré, sa carrière de compositeur connut plus de bas que de hauts. Peu appréciée de son vivant, sa musique attendit la fin du siècle pour véritablement connaitre la reconnaissance populaire.
Pourtant, Mahler est un compositeur essentiel et charnière. Musicalement, il assure idéalement la transition entre les compositeurs romantiques tels que Berlioz ou Brahms et les modernes comme Schoenberg ou Ravel.
Il apparait d’abord dans la grande lignée des compositeurs germaniques. A Jean-Sébastien Bach, il reprend l’art du contrepoint et le goût pour les polyphonies. De son idole Beethoven, il emprunte la passion des symphonies grandioses, riches de lourds messages.
A l’instar des compositeurs romantiques, Mahler charge sa musique de sentiments ; il met en exergue les thèmes du destin, de la fatalité, de la délivrance, de l’existence d’un autre monde.
Romantique dans sa couleur, sa musique est moderne dans sa structure. Mahler fait exploser les codes classiques de la symphonie, il ne s’interdit aucuns passages dissonants, atonaux qui accentuent le caractère sombre et dramatique de ses compositions.
Enfin en grand héritier d’Hector Berlioz, il stupéfie ou consterne ses contemporains de par ses orchestrations symphoniques grandioses et inventives.
Sévère, exigeante et souvent tragique, l’œuvre de Gustav Mahler déroute souvent. Mais si on lui laisse sa chance, on finit par y voir de la délicatesse, une infinie sensibilité, du romantisme exacerbé et une puissance d’évocation immense.
Je vous invite à découvrir tout cela en vous plongeant dans le fleuron des coffrets classique sortis en 2010, je veux parler de l’Intégrale Deutsche Grammophon consacrée à ce cher Gustav !
En extrait vidéo, la BOF de “Mort à Venise” de Luchino Visconti. Ce film magnifique adapté de la nouvelle de Thomas Mann a totalement relancé la carrière posthume de l’oeuvre de Mahler. En effet, en 1971, Visconti utilise l’Adagietto de la symphonie n°5 pour illustrer ses images. On retrouve cet Adagietto dirigé ici par Herbert von Karajan.
