Les 70′s ! Que se passe-t-il aux USA ? Le mouvement hippie s’étiole mais il se passe quelque chose dans les bas-fonds.
Depuis le début de la décennie, à New York, traine au Max’s Kansas City, un bar-restau-concert toute une faune qui servira d’ossature au mouvement punk new yorkais. On y voit Lou Reed (qui y puisera l’inspiration de sa chanson « Walk on the wild side »), Nico, Patti Smith, Lenny Kaye, Tom Verlaine, Todd Rundgren, Wayne County (future Jayne County), Alan Vega, John Cale, Bowie, Warhol, les futures Ramones, les New York Dolls…etc c’est à dire le ghotta underground de la ville !
1973 sera un nouveau jalon dans l’histoire du punk-rock. C’est l’année de la sortie de l’album éponyme des New York Dolls. Déjà auréolés d’une légende sulfureuse, les Dolls cristallisent cette mouvance de travestis, homosexuels, rebelles et poètes paumés. Sur la pochette, les 5 gaillards posent déguisés en travestis, toutes plumes, boas et lipsticks dehors. Evidemment le disque fait scandale et attire les regards des branchés new yorkais.
De vrais durs issus de la rue qui prennent d’assaut les scènes sans complexes, habillés en femmes mais au coup de poing facile, pas virtuoses pour un sou mais débordant d’énergie, il n’en faut pas plus pour déclencher l’intérêt.
Comme le dit Bob Gruen, photographe réputé de l’époque, les New York Dolls rendaient le rock accessible à tous là où les musiciens de l’époque se rendaient intouchables de par leur technique ou leur grandiloquence.
Novembre 1973, en promo pour la BBC2, dans le mythique show télévisé Old Grey Whistle Test, les New York Dolls donnent une leçon d’attitude punk aux jeunes anglais. Les futurs Clash et Pistols assistent au spectacle devant leur télé, galvanisés par la dégaine et l’outrance des Dolls. Une tournée s’ensuit à Paris, durant le voyage, malades par excès d’héroïne, ils vomissent dans l’avion déclenchant un scandale dans la presse. Quoi de mieux pour créer une légende et déclencher la fascination des gamins. Comme le raconta plus tard leur guitariste Sylvain Sylvain : « C’était dans tous les journaux. Les Dolls débarquent en France et sont des pédales dégénérées et camées. »
S’ensuivra une carrière chaotique, poissarde, entre overdoses, bagarres et malentendus qui pris fin en 1975. Les New York Dolls comme tous les autres groupes proto-punks ne connurent jamais le succès grand public. Leur attitude, leur incompétence à gérer une carrière comme un travail normal et surtout les excès divers, les empêchèrent de percer. Mais ils auront décomplexé bon nombre de musiciens et allumé la mèche courte punk. Ils rejoignirent ainsi la longue liste des précurseurs, artistes fondamentaux mais maudits, laissant à d’autres musiciens moins extrêmes et plus malins le soin de ramasser la mise avancée dans le sang, la sueur et les larmes par les pionniers.
Jet Boy / New York Dolls. Novembre 1973 au Grey Old Whistle Test
