Archimède est un courant de pop fraîche et décontractée du slip qui nous vient de Laval. Repéré et signé par Sony, ce duo de frangins sort un superbe premier album éponyme en 2009. Clairement inspirés par la pop beatlesienne d’une autre fratrie célèbre et teigneuse, Archimède démontre un sens de la mélodie qui manque beaucoup de ce coté-ci de la Manche. Soutenu par la production somptueuse bien que parfois envahissante de Philippe Paradis (producteur également chez Zazie), l’essai est transformé grâce à des textes d’une grande finesse que beaucoup ont rapproché de Jacques Dutronc, ce qui n’est pas si évident à mon sens. En effet, Nicolas Boisnard semble posséder un univers bien personnel. Ses influences textuelles seraient plutôt à chercher du coté de la gouaille parisienne, à l’ancienne, nourrie par Audiard, par les premiers textes de Renaud plutôt que du coté des jeux de mots de Jacques Lanzmann.
Un bel exemple de leur savoir-faire avec “L’Eté revient”, extrait du premier album, un titre qui met la patate :
Si ce premier album réjouissant fonctionne très bien, un second vient enfoncer le clou en 2011. Conservant ce sens inné de la mélodie et l’aptitude rare à faire “rocker” le français, ils simplifient la production en prenant un virage plutôt “indie pop”. Un peu plus sobre dans sa construction, il allie Oasis aux Franck & Walters, allégeant singulièrement les compositions d’un zeste d’insouciance. Clairement décomplexé, Nicolas Boisnard libère sa gouaille, se fait titi parigot et nous réjouit par sa verve ! Il se paie aussi le luxe de quelques textes engagés aigre-doux que n’aurait pas renié M. Séchan.
Extrait du second album, le single “Le Bonheur” :
Avec ces deux disques, Archimède trouve l’essence du rock français, narquois, piquant, plein d’esprit, déluré, râleur, peinard, à la coule. Et ça fait du bien de trouver un groupe français que les grincheux ne pourront rattacher ni à Téléphone, ni à Noir Désir ! Enfin, ce que j’apprécie chez Archimède, c’est qu’ils ont de vraies tronches de rockers, Boisnard a clairement un petit coté “jeune Keith Richards” ! Voila, j’espère vous avoir convaincu que nous tenons là un grand groupe qui mérite le détour.
Pour finir ett pour le plaisir, un superbe exercice de sleeveface :
