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Archives de la catégorie ‘Rock’

101'ers

The 101′ers

 

Comment parler du punk naissant, sans aborder le cas Clash !

Punk & New Wave, Vol. 22, here we go !

The Clash, la story :

1975, Bernie Rhodes, un ami et associé de Malcolm Mc Laren gère la boutique Sex pendant que celui-ci est aux States avec les New York Dolls. Désireux de devenir lui aussi manager, il repère un groupe de jeunes fréquentant la boutique, ce sont les London SS du guitariste Mick Jones. Le groupe est influencé par les Stooges, le MC5 et les New York Dolls. Le line up comprendra de futurs membres des Damned, de Generation X, des Pretenders et donc des Clash.

La sauce ne prend pas, les London SS ne parviennent à rien de bon, les acolytes de Jones n’étant pas assez motivés. Jones cherche donc à fonder un gang rock à l’image des Dolls.

1976, après avoir pris en pleine tête la déferlante Pistols, Mick Jones coupe ses cheveux longs et va chercher son ami d’enfance Paul Simonon pour fonder les Heartdrops. A la recherche d’un chanteur avec une voix rock et du charisme, ils croisent Joe Strummer et le débauche de son groupe les 101’ers.

7 Juin 1976 : Joe Strummer quitte son groupe de pub-rock, les 101’ers pour rejoindre les Heartdrops de Paul Simonon et Mick Jones. L’embryon de The Clash est formé.

Mick Jones, Keith Levene, Paul Simonon, Joe Strummer et Terry Chimes forment alors la première mouture de The Clash et sont managés par Bernie Rhodes.

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Rapidement, le second guitariste Levene sera limogé. On le retrouvera dans le groupe P.I.L. de John Lydon (alias Johnny Rotten).

Terry Chimes disparaît lui aussi et sera remplacé par Topper Headon.

 

 

 

Jones-Strummer-Simonon-Headon sera la composition historique de The Clash, le gang est prêt à conquérir le monde.

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Quelques répétitions suffiront pour créer les brûlots punks « White Riot » et « London Burning » qu’ils pourront produire sur scène lors du fameux Anarchy Tour, en première partie de leurs modèles, les Sex Pistols.

Bernie Rhodes leur trouve un look très prolétaire, des t-shirts bombés de slogans situationnistes. Les Clash ont tout l’air d’un groupe de guérilleros urbains, ce que l’on va retrouver dans les paroles de Joe Strummer. Car c’est ce qui différencie le groupe des Sex Pistols, l’engagement. Johnny Rotten le chante, il est un anarchiste. Il veut déclencher le chaos afin de reconstruire une société plus juste. Il est aussi manipulé par les thèses situationnistes de McLaren, qui lui oscille entre idéologie du chaos et désir de s’enrichir. Il va tenter de faire les deux en même temps ! Rotten ne se vit pas comme porte-drapeau mais comme élément déclencheur. Il veut qu’après un de ses concerts, tout le monde fonde un groupe et crie sa colère.

Joe Strummer pense différemment. Il est un sympathisant des Brigades Rouges (mouvement terroriste d’extrême-gauche italien), fortement marqué par les idées marxistes, trotskystes. Il est issu de la classe moyenne, est cultivé et possède une bonne culture musicale. Paul Simonon vient des quartiers noirs et indiens de Londres, il est donc très influencé par les musiques jamaïcaines. Jones est une histoire du rock’n’roll à lui tout seul. The Clash sont donc loin d’être des crétins nihilistes…

A suivre…

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Abordons maintenant le cas The Damned, un autre groupe mythique de la scène punk anglaise. Contemporains immédiats des Sex Pistols, The Damned est un des nombreux oubliés de l’histoire du punk. Sans doute le groupe le plus sous estimé de la période, The Damned était sans doute trop doué, trop brillant pour recevoir l’AOC Punk 77 !

Formés en 1976, The Damned est composé de véritable pionniers du punk. Brian James et Rat Scabies, ex membres des London SS de Mick Jones, recrutent Captain Sensible et Dave Vanian. Ensembles, ils donneront leur premier concert en première partie des Sex Pistols au 100 Club en juillet 1976.

Ils n’attendront personne pour sortir le premier vrai single punk, "New Rose" sort en effet le 22/10/1976, deux mois avant le premier Buzzcocks et 6 mois avant les premiers Pistols et Clash !

Plus speed que les Ramones, plus bouffons que les Sex Pistols, moins poseurs que les Clash et moins naïfs que les Buzzcocks, les Damned auront vite mauvaise réputation dans le mouvement. Très indépendants et individualistes, prêts à tout pour réussir, ils se foutent des règles qu’elles soient punks ou autres. Ils ne respectent rien, n’ont aucun idéal mis à part celui de parvenir à leurs fins. Malgré un pedigree impeccable, arrivés avant tout le monde mais considérés comme trop "commerciaux", ils peinent à s’imposer comme les leaders du mouvement. Mais "never mind the bollocks", The Damned en profitera rapidement pour faire évoluer sa musique. Absolument pas limité par les capacités de ses musiciens, excellents techniciens, The Damned évolue d’albums en albums vers le post-punk voire la cold wave.

Moins prophètes en leur pays qu’aux USA, ils seront les inspirateurs de la scène hardcore US tout comme de la future scène gothique. En effet, le look vampiresque et le voix de baryton de Dave Vanian va inspirer bon nombre de frontmen torturés !  Pour être sur de ne pas passer à coté d’un des meilleurs groupe de l’histoire du rock, il faut absolument jeter une oreille sur le premier, troisième, quatrième, sixième et neuvième album du groupe : Damned Damned Damned (1977), Machine Gun Etiquette (1979), The Black Album (1980), Strawberries (1982), Phantasmagoria (1985). Vous m’en direz des nouvelles !

Premier single de The Damned : "New Rose" en octobre 1976

Le tournant post-punk : "I just can’t be happy today" en 1979

Période goth : "Grimly Fiendish"en 1985

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Ugly Kid JoeCherchant des raisons de me réjouir, au fond de ce long hiver blafard et morose, j’avoue que je peinais un peu. C’était jusqu’à ce que je lise quelques lignes dans New Noise n°14. Ugly Kid Joe était de retour parmi nous, allelujah on allait enfin pouvoir se marrer un peu !

WTF ? Mais qui c’est ton Ugly Kid Joe, tonton Tof ? Ah ah ah ah mon p’tit gars, attends que je t’explique. C’était il y a bien bien longtemps, le début des années 90. On avait tous de drôles de coupes de cheveux, des shorts en treillis et des t-shirts Guns’n'Roses, si si j’ai des photos… Au milieu de tout un tas de groupes grunge ou fusion, il y avait une bande de gars marrants, des branleurs que seule la Californie peut engendrer. Ugly Kid Joe incarnait le son de l’époque, un mélange de hard rock et de fusion assez banal mais d’un parti pris plutôt décalé, décontracté et humoristique.

Dès 1991, sort  le premier EP : "As Ugly As They Wanna Be", c’est le carton immédiat grâce à un single bien ficelé :"Everything about you" :

Tout le reste sera à l’avenant, sens de la mélodie, du refrain, paroles et postures débiles mais vraie  signature vocale et clips dans l’air du temps, ils feront leur petit bonhomme de chemin avant de retomber dans l’oubli. Et 16 ans après  "Motel California" leur dernier album en date, les revoici, burinés, le teint hâlé par la traversée du désert, avec un nouvel EP autoproduit et tout neuf : "Stairway to hell".

Je m’attendais à un disque du genre "pitié le retour des morts vivants de la fusion" mais en fait non. Les gars ont muri et ont su évoluer. Ils proposent 6 titres bien frais entre stoner et hard rock bien balancé. De la bonne musique de skaters qui chillent tranquilles à l’ombre, le disque parfait pour partir en week end !

En vidéo, voici le nouveau single "I’m alright"

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Buzzcocks

Après avoir vu les Pistols à Londres en début d’année 1976, deux compères du nom de Pete Shelley et Howard Devoto, enthousiastes, rentrent fissa fonder un groupe punk, suivant en cela les exhortations de Rotten qui dit qu’il faut que « les gens viennent nous voir et commencent à faire autre chose, sinon je perds mon temps ».

"Ils" ? Ce sont les Buzzcocks ! Jolie bande de branleurs venant de Bolton, la grande banlieue de Manchester, les Buzzcocks sauront, dès leurs premiers singles, s’éloigner des clichés bourrins du punk basique. Leur premier EP "Spiral Scratch" montre leur volonté de produire un punk mélodique et fun bien que très influencé par ce qu’ils ont entendu des Sex Pistols. Le chant d’Howard Devoto, notamment, est clairement calqué sur le ton hautain  et nasillard de Rotten.

Mais celui-ci se lasse rapidement de ce style musical minimaliste est part planter les premières banderilles post-punk avec son nouveau projet Magazine. Il laisse Pete Shelley au chant et aux manettes. Celui-ci va poursuivre dans cette veine punk en accentuant le coté pop, avec réussite dès le second single "Orgasm Addict"

" Another Music in a Different Kitchen", premier album du groupe, sort en 1978. Il  trouve  le bon équilibre entre mélodie pop et esthétique punk. Efficace, speed, mélodique et grand public, la musique des Buzzcocks a très bien vieilli et reste une référence pour tous les groupes de punk à roulettes US ! De bonnes compositions, des singles parfaits et un départ sur les chapeaux de roue au tout début du mouvement punk londonien ne suffiront malheureusement pas à faire d’eux les gagnants du jackpot punk. Desservis par leur image de bons gars sympas sortant de l’usine, mancuniens donc considérés comme des ploucs provinciaux, il leur manquera cette aura destroy développée intelligemment par les managers des Pistols et des Clash…

"I don’t mind", premier single de l’album " Another Music in a Different Kitchen" :

 

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Lorsque nous cherchons à résumer nos vies, arrivés à des points-bilans, on se rend compte qu’il est souvent plus facile de le faire en musique. Nos vies sont des bandes-sons, patchworks électriques comme dirait Paul Personne, assemblages de mélodies et de lignes de chants.

Il est ainsi des morceaux qui éclaboussent de couleurs notre existence et des artistes dont l’univers en  constitue la trame, sorte de fils conducteurs nous guidant dans les moments difficiles, quand le ciel est sombre. Pour moi, Jean-Jacques Daran fait partie de ces artistes là, chefs d’orchestres de ma psyché musicale.

Depuis "8 Barré" en 1995, deuxième album de Daran et les chaises et les 5 albums qui ont suivi, dont le gigantesque "Augustin & Anita" véritable pierre angulaire du rock francophone, Daran m’a accompagné.

Pourquoi Daran ? Parce que personne dans l’univers du rock français n’a cet impact vocal. La voix de Daran est un  fleuve charriant des émotions et nombre de paroliers ne s’y sont pas trompés. Tout au long de sa carrière, Daran a sublimé les textes magnifiques, sensibles, écorchés d’Alana Filippi et de Pierre-Yves Lebert auxquels sont venus s’ajouter avec bonheur des pigistes de la carrure de Miossec.

Quelque peu fâché avec l’hexagone pour des raisons politiques et personnelles, Daran s’est installé au Québec en  2010. Comme il l’expliquait au journal québécois Le Devoir : "«Je m’auto-expulse! Sérieusement, il y a une vie ici qu’il n’y a plus à Paris. Une vie de musicien. Ici, ça joue dans tous les coins pour le plaisir de jouer. Il y a une culture "indie". Des émergents partout. À Paris, je vois pas d’émergents nulle part. À Paris, t’as trois endroits pour jouer avec les copains, où tu paies l’équivalent de vingt dollars le verre. Pour moi, il ne peut pas y avoir de création artistique si tu ne peux plus aller voir un concert pour le prix d’une bière.»"

Déjà très discret médiatiquement, Daran a ainsi totalement disparu du paysage français. Le microcosme musical consanguin parisien voulant que tout artiste soit mort artistiquement dès qu’il s’éloigne de la capitale, son dernier album "L’Homme dont les bras sont des branches" n’a eu quasiment aucun écho de ce côté ci de l’Atlantique. Sorti en Février 2012, disponible seulement en import, ce bijou de rock bluesy aurait mérité meilleur sort tant il fait honneur à la discographie impeccable du bonhomme.

"L’Homme dont les bras sont des branches" navigue en nuances, entre la caresse et la claque, la force et la faiblesse, la joie et la colère. Jamais soumis, il apporte cette dose d’engagement pesé sans empesage et toujours le lyrisme de cet écorché de 50 balais qui nous envoie valdinguer maintenant dans ce grand nord québécois, son "grand poumon d’air frais".

Remède à la douleur, à la résignation, au poison de cette grisaille intellectuelle que l’on nous instille patiemment dans notre vieille hexagone en décomposition, Daran vous offre sa musique comme on ouvre ses bras à un ami. Alors n’ayez pas peur, ouvrez vos oreilles pour Daran et respirez ce parfum, c’est celui de la liberté, vous sentez ?

En vidéo, le superbe clip du dernier single "Pas Peur"

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Je l’ai attendu ce disque, ce n’est rien de le dire. Une année entière à guetter l’album qui allait squatter ma platine. Ce cd qui bouscule les autres et rentre direct n°1 de mon top 2012 s’appelle "Main Obsession". C’est le chef d’œuvre de trois jeunes français signés chez Born Bad Records, le label des excellents Frustration, autre bon groupe français donnant dans le post-punk glacial.

Wall of Death s’est fait connaitre en faisant la première partie des Black Angels, éminent groupe stoner psychédélique américain qui les a embauché comme première partie officielle sur toute leur tournée. Pile au moment où le revival psychédélique explose, Wall of Death se retrouve à l’Austin Psych Fest, THE festival psyché US. Conte de fée moderne ou pas, les zicos US permettent à leurs amis français de bénéficier de l’aide de leur ingé son pour enregistrer cette perle lysergique qu’est "Main Obsession".

Le résultat est brillant. Le trio guitare-claviers-batterie fait fuzz de tout bois avec un Farfisa démoniaque, des guitares shoegaze, une batterie stoner et des basses  synthétiques. L’impression planante est renforcée par une voix fortement réverbérée semblant venir de la tombe du regretté Syd Barrett. Bien sur le parallèle avec le Floyd  est évidente et Wall of Death ne s’en cache pas dès le premier morceau avec une citation en forme de clin d’oeil à David Gilmour. A son acid-rock basique, Wall of Death ajoute une pincée de shoegaze bien noisy et pour que ce mélange psyché ne les envoie pas trop haut dans la stratosphère, ils lestent le tout d’un gros zeste de garage rock bien stoner.

Alors il nous est bien agréable de dire que cette fois-ci, le disque de rock de l’année est français. Bravo et longue vie à Wall of Death !

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Gros coup de cœur en ce moment pour la furieuse scène pop-rock bas-normande ! Avec des groupes talentueux à foison comme The Lanskies, Da Brasilians, Concrete Knives ou même les prometteurs The Fuck, la région grouille de groupes rock énormes.

Dans ce haras de purs-sangs soniques, je fais un focus sur GoldWave. Ce jeune groupe caennais vient de sortir son second EP explosif : "Night Lights".

Véritable madeleine post-punk "Night Lights" vous envoie dinguer dans un vieux fog mancunien à grand coups de guitares anguleuses et de rythmiques métronomiques. Dans le brouillard, en arrière -plan, on devine les silhouettes fantomatiques de Ian le maudit, de Paul Banks, Tom Smith et des frères Reid. C’est sûr, ils ne sont pas les premiers à mixer post-punk, glacé et shoegaze abrasif mais à ce petit jeu ils sont plutôt doués et à mettre au dessus du panier tant cet EP est équilibré, sobre et mesuré.

Maintenant, je vais attendre de pied ferme les prochaines productions de ces espoirs frenchies. Vont-ils ramasser le flambeau abandonné par Interpol en proposant un album du calibre de ces quelques titres ? A suivre…

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Coup de tonnerre sur le Malsaucy ! Le 07 juillet 2013, 18 ans après son dernier passage à Belfort, Blur se produira sur la grande scène des Eurockéennes.

https://vimeo.com/55004310#

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14 février 1976 : les Sex Pistols sont au studio d’Andrew Logan. Le jour de la St Valentin, ce sculpteur renommé  invite les huiles du monde artistique et toute la jet-set du moment dans son atelier pour une fête.

Les Sex Pistols sont recrutés pour être l’animation musicale et visuelle, Logan en aura pour son argent. Un Rotten gavé d’acide et de speed admoneste un public interloqué, détruit tout ce qui lui tombe sous la main. McLaren, pour ajouter au chaos, envoie sur scène une de ses vendeuses, la punkette Jordan.

 

 

 

 

 

 

 

Dansant devant le groupe, elle est peu à peu déshabillée par un Rotten lubrique pendant que le groupe reprend No Fun des Stooges à plein volume. Ce concert-happening destroy a lieu devant tout ce que la ville compte de journalistes branchés ébahis. Le lendemain, photos et articles font une publicité inespérée au groupe. McLaren a réussi son coup, les Pistols sont des stars. Durant toute la courte carrière du groupe, il va s’ingénier à déclencher scandales sur scandales, bagarres, interviews saignantes.

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Il est des disques que l’on découvre à retardement ;  au détour d’un matin où l’on est encore fragile de sa nuit, sans avoir encore revêtu son armure de cynisme, cette carapace qui vous protège des piques émotionnelles du quotidien.

The Runaway des Magic Numbers est de ceux là. Vous visionnez des vidéos, tombez sur un truc hype joué par quatre gros anglais rigolos puis vous passez à autre chose…ratant l’inratable, loupant la pépite qui ensoleillera votre journée.

Mais un grand disque reste un grand disque ; dans une quête effrénée de la chanson pop ultime, les challengers ne sont pas légions, on les remarque. C’est ainsi que sur la base de vidéos live intrigantes du groupe, je me suis procuré ce disque pour rien en import.

A la première écoute et dès les premières secondes de "The Pulse", on est frappé par l’intensité dramatique, le truc qui vous fait penser que le groupe ne joue pas, il vit sa musique. Immédiatement les images frappent l’esprit, on se dit que ces quatre anglais, deux paires de frères et sœurs, ont beaucoup plus à voir avec la pop indie US qu’avec la brit-pop.

Grandaddy, Band of Horses s’imposent en surface des influences audibles d’emblée mais dès que l’on avance un peu dans l’écoute, on saisit que lo-fi est un adjectif qui colle mal à cette musique. La richesse des harmonies vocales, les arrangements de cordes somptueux ont plus à voir avec la pop des 60′s et Romeo Stodart nous évoque plus un neveu de Brian Wilson et de David Crosby. Il pourrait paraître cliché également de faire un lien avec The Mama’s and The Papa’s de par la corpulence de ce quatuor britton mais au final l’entrecroisement des timbres masculins et féminins, le coté solaire des compositions nous y ramène instinctivement. De ce traitement particulier des lignes de chant, j’irais jusqu’à dire, allez soyons fou, qu’il m’a fait penser tant il est angélique, à la Messe pour quatre voix de Thomas Tallis.

Au delà de ces influences musicales d’un autre siècle, la musique des Magic Numbers reste tout de même bien dans son époque. Nous sommes loin en effet de l’hédonisme californien, la pop des Magic Numbers est belle mais mélancolique, elle évoque tout de même plus les paysages anglais de Turner ou Gainsborough que les douces vallées californiennes.

Alors certes, ils ne sont pas glamours, répondent peu aux standards sex, drugs & rock’n'roll mais franchement un groupe qui fait le lien entre la musique de la Renaissance anglaise et la pop du Summer of love angélinos, ça ne  vous fait pas envie ?!

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