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Comment sont nés les Sex Pistols ? Comment McLaren a-t-il réussi à mettre en pratique sa théorie du chaos? Tout va se jouer en Août 1975 à King’s  Road !

Parmi la clientèle de « Sex » gravitent trois jeunes délinquants, membres d’un groupe néo-mods, The Swankers. Le leader s’appelle Steve Jones, hooligan et délinquant surdoué, c’est un gamin des rues au casier judiciaire déjà conséquent.

Avec Paul Cook et Wally Nightingale, ils sont spécialisés dans la fauche d’instruments de musique. Leur plus haut fait d’armes sera d’ailleurs de voler  le matériel de David Bowie, démontant et emportant une partie de la sono la veille du concert dans une camionnette volée…

Motivés et donc armés d’instruments et de tout ce qu’il faut pour faire un maximum de bruit, ils se mettent en quête d’un manageur.

Attirés par un article élogieux de Nick Kent du NME sur Malcolm McLaren, il insiste pour que celui-ci prenne en main leur destinée. Celui-ci accepte et commence son travail d’orfèvre. Il vire un Nightingale trop léger pour le poste et le remplace par un vrai bassiste, Glen Matlock, qui était alors vendeur à la boutique.

Matlock est un bon musicien dont la vocation fut déclenchée par un concert des New York Dolls en tournée à Londres. L’apparent amateurisme des Dolls lui fit entrevoir la possibilité de se lancer dans la musique.

Paul Cook quant à lui, garde la batterie. Steve Jones est à la guitare mais est trop mauvais pour chanter en même temps. De toute façon, McLaren sait qu’il lui faut un chanteur plus charismatique. Il tente de débaucher tout d’abord Sylvain Sylvain ex New York Dolls sans succès puis Richard Hell qui préfère rester avec Television. Et sous le conseil de Nick Kent (le journaliste fit partie du groupe pendant trois mois), ils tentent même de recruter Iggy Pop en partance des Stooges. Mais celui-ci est bien trop abimé par l’héroïne. Après plusieurs castings de mômes terrorisés par la bande de malfrats allumés en face d’eux, Malcolm découvre grâce à Bernie Rhodes (futur manager des Clash) le jeune et frêle John Lydon

Mais qui est ce Lydon ?

Né le 31 janvier 1956, de parents immigrantsIrlandais catholiques, Il grandit dans une cité à Finsbury Park, au nord de Londres avec trois plus jeunes frères. À l’âge de sept ans, il contracta une méningite, en buvant de l’eau souillée par de l’urine de rat. L’infection le plongea dans un coma intermittent pendant 6 mois et effaça en grande partie sa mémoire. Il dût tout réapprendre à zéro.

La maladie lui laissa une cambrure permanente au niveau de la colonne vertébrale. Elle endommagea aussi sa vue, ce qui explique son regard si particulier. Petit et bossu, son physique peu avantageux va l’obliger à se construire une carapace. Ecolier très intelligent, mais très indépendant, il est bon élève mais trop souvent viré pour ses absences ou son insolence.

En 1972, il assiste à une tournée d’Iggy Pop en passage à Londres. Le spectacle fascinant et  pathétique donné par un Iggy plus junkie épileptique que jamais lui donnera plus tard les bases de son jeu de scène.  A l’école buissonnière, il va rencontrer John Simon Ritchie, futur Sid Vicious, qui deviendra son compère de galère. Alors tous deux lycéens, c’est à ce moment là que Lydon et Ritchie décident de couper leurs cheveux et de les hérisser. Lydon va même jusqu’à utiliser des colorations textiles, il troue ses vêtements et s’habille comme un clochard. Virés de chez eux et de l’école, ils s’installent dans des squats, consomment et vendent des amphétamines et font toute sorte de petits boulots. Leur insolence et leur look atypique leur valent de fréquentes raclées dans la rue. John Lydon se le rappelait avec amertume lorsqu’il disait à un journaliste de Mojo :

« Ecoute j’ai dû gagner mes galons pour devenir punk et les autres ont débarqué là –dedans comme des fleurs. Ils n’ont pas vécu les premières années punitives. »

En trainant leurs guêtres du coté de King’s Road, quartier prisé des jeunes rockers londoniens, John et Sid vont être donc remarqués.

L’audition de Lydon :

Bernie Rhodes présente John Lydon à Malcolm McLaren. Celui-ci organise une rencontre entre Jones, Cook, Matlock et John Lydon dans un pub miteux de Chelsea. Au premier regard, Jones et Cook détestent Lydon. Ce fait interpelle McLaren qui sent pouvoir tirer parti de ces ondes négatives. Il organise une audition devant le juke box de la boutique. Lydon, tout en provocation, massacre « I’m eighteen » d’Alice Cooper. Son effrayante interprétation convainc McLaren, il est engagé. Ses collègues, toujours aussi amicaux, le rebaptiseront Johnny « Rotten », rapport à  l’état de ses dents.

Eté 1975, les Swankers sont nés, la légende est en marche.

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Nous l’avons vu précédemment, une scène "punk" nait à New York entre 1973 et 1975. Pourtant, on ne peut encore parler de "Mouvement Punk".

Car il manque quelques ingrédients à cette scène US pour être indiscutablement dénommée mouvement. Un mouvement quand il concerne les idées ou l’art, selon le Petit Robert, est une : « action collective dirigée ou spontanée tendant à produire un changement d’idées, d’opinions ou d’organisation sociale ». Un mouvement artistique tend à une évolution de son art.

Les pionniers américains n’en sont pas à vouloir changer quoique ce soit, leur unique but est de jouer de la musique.

C’est à Londres que les étincelles américaines vont déclencher un brasier. D’illustres inconnus, tels que Malcolm McLaren, Johnny Rotten, Joe Strummer, Bernie Rhodes, Vivienne Westwood, Siouxsie Sioux vont donner une idéologie aux punks, participer à la construction d’un mouvement artistique englobant l’art dans son ensemble et surtout mettre une belle pagaille dans l’Angleterre de ces 70’s finissantes.

Et le lien entre les deux scènes, le véritable déclencheur de ce joyeux bordel sera le machiavélique Malcolm Mc Laren !

Malcolm est très marqué par les révoltes étudiantes de Mai 68 et notamment les idées propagées par les anarchistes tendances « situationnistes ». Disciples du philosophe Guy Debord, ils prônent alors le détournement, stratégie consistant au renversement de l’ordre esthétique en réutilisant les slogans, les images publicitaires ou encore les campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, opposé au message original. 

En 1975, Malcolm est  le gérant, avec sa compagne, la styliste Vivienne Westwood, de la boutique londonienne « SEX » située sur Kings Road à Londres. Avec elle, il  commercialise des vêtements et accessoires, en vendant à une clientèle attirée par la mode rock des 50’s.

Fan de musique et désireux de mettre en pratique ses idées situationnistes sur l’art et le chaos, il deviendra sans succès manager des New York Dolls. Cependant son escapade américaine l’amène à rencontrer la nouvelle scène new yorkaise. Devant les looks, l’attitude rock’n’roll des musiciens, les réactions outrées des braves gens et l’évidence du succès potentiel que peuvent avoir ces groupes sur la jeunesse britannique, Malcolm flaire le bon filon. Il emporte dans ses valises, le look de Richard Hell.

Lui et Vivienne remisent à la poubelle les fringues ringardes qu’ils vendaient et créent une nouvelle collection de vêtements « anti-mode » et provocante. Vivienne Westwood continuera sa carrière de styliste en s’inspirant du look des mômes de la rue. Après Hell, ce sera John Lydon qui lui inspirera ses tenues les plus célèbres. La clientèle de jeunes attirés par la hype autour de la boutique va se révéler être un vivier de futures stars du punk. McLaren va tenter de faire de sa boutique Sex, un genre de Factory Warholienne, vivier d’idées, de hype, de talents, cour des miracles de la fin des 70’s, et il y parviendra.

Décidés à poursuivre son chemin dans le management, Malcolm trouve plus malin de recruter lui-même un groupe. Décidé à former un gang suffisamment solide pour déclencher le chaos dont il rêve, il recrute quelques petites frappes qui trainent dans sa boutique…

 

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Malcolm McLaren est né le 22 janvier 1946 à Londres (Angleterre) dans une famille modeste. Alors étudiant, Malcolm est très marqué par les révoltes étudiantes de Mai 68 et notamment les idées propagées par les anarchistes tendances « situationnistes ». Disciples du philosophe Guy Debord, ils prônent alors le détournement, stratégie consistant au renversement de l’ordre esthétique en réutilisant les slogans, les images publicitaires ou encore les campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, opposé au message original. Le situationnisme veut d’abord dépasser les mouvements artistiques révolutionnaires d’avant-garde du XXe siècle comme Dada ou le Surréalisme. Puis peu à peu, il prend conscience qu’en restant un simple mouvement artistique, il participe à la « Société du Spectacle » que Guy Debord fustige dans son œuvre célèbre. Les situationnistes décident donc de promouvoir l’instauration du chaos par le détournement, menant à une révolution sociale. Cette révolution devant conduire à la constitution d’une société égalitaire. Le jeune Malcolm saura s’en souvenir.

Il quitte le milieu universitaire et devient le gérant, avec sa compagne, la styliste Vivienne Westwood, de la boutique londonienne « SEX » située sur Kings Road. Avec elle, il commercialise des vêtements et accessoires, en vendant à une clientèle attirée par la mode rock des 50’s. Fan de musique et désireux de mettre en pratique ses idées situationnistes sur l’art et le chaos, il deviendra sans succès manager des New York Dolls. Cependant son escapade américaine l’amène à rencontrer la nouvelle scène punk new yorkaise. Devant les looks, l’attitude rock’n’roll des musiciens, les réactions outrées des braves gens et l’évidence du succès potentiel que peuvent avoir ces groupes sur la jeunesse britannique, Malcolm flaire le bon filon. Il emporte dans ses valises, le look de Richard Hell, guitariste de Television. Lui et Vivienne remisent à la poubelle les fringues ringardes qu’ils vendaient et créent une nouvelle collection de vêtements « anti-mode » et provocante. Après Hell, ce sera John Lydon, le futur Johnny Rotten, qui lui inspirera ses tenues les plus célèbres. La clientèle de jeunes attirés par la hype autour de la boutique va se révéler être un vivier de futures stars du punk. McLaren va tenter de faire de sa boutique Sex, un genre de Factory Warholienne, vivier d’idées, de hype, de talents, cour des miracles de la fin des 70’s, et il y parviendra.

Pistols première version

Désireux de poursuivre son chemin dans le management, Malcolm trouve plus malin de recruter lui-même un groupe. Décidé à former un gang suffisamment solide pour déclencher le chaos dont il rêve, il recrute quelques petites frappes qui trainent dans sa boutique, ce seront les Sex Pistols. Les Pistols feront beaucoup pour forger le mythe McLaren, cette légende très surfaite du fin stratège ès communication. Il est d’ailleurs amusant de confronter les différentes versions de la saga Sex Pistols selon qu’elle est racontée par Malcolm ou John Lydon. En fait, Malcolm McLaren a un talent inouï pour exploiter le talent des autres. Il se fait un nom dans la mode grâce à Vivienne Westwood qui elle-même doit beaucoup de ses idées vestimentaires à Richard Hell et John Lydon. Sa rencontre avec John Lydon et son copain Sid vont aussi lui permettre de s’enrichir scandaleusement à leurs dépens. A mon sens, Malcolm eut seulement le talent de maintenir ensemble les Pistols suffisamment longtemps pour qu’ils changent le monde de la musique. Pour le reste, il s’est simplement contenté de rester dans l’aura chaotique du génie Lydon, beaucoup plus talentueux que son mentor ! McLaren saura ainsi habilement détourner argent et lauriers, profitant avec un certain cynisme de la publicité autour de l’autodestruction de Sid Vicious. Ecœuré par la déchéance de son copain et par le manque de scrupules et la malhonnêteté de McLaren, Lydon jettera l’éponge et quittera le groupe.

Duck Rock

La suite de la carrière de manager de Malcolm McLaren sera à l’aune de sa gestion des New York Dolls, une catastrophe. Adam and the Ants, Bow Wow Wow, Jimmy the Hoover seront coachés sans succès. McLaren essaya bien de reproduire les provocations initiées avec les Pistols mais en pure perte. Le véritable talent de McLaren était qu’il sentait son époque. Il avait deviné l’amorce d’un mouvement culturel dans l’effervescence d’un bar crasseux du Bowery new yorkais. Des années plus tard, il flairera la vague hip-hop avec une bonne longueur d’avance sur tout le monde. Il sera ainsi le premier blanc à sortir un disque de rap en 83, le cultissime « Duck Rock » !

Agitateur d’idées, manager raté, musicien intéressant, gestionnaire habile, bateleur et mythomane, cynique et sans scrupules, érudit et rusé, Malcolm McLaren est indéniablement un des personnages emblématique des 80’s, rempli de contradictions, il cachait sous une pellicule superficielle un talent sans doute sous employé. Il fut probablement débordé par ses mauvais penchants mais sa grand-mère ne lui disait-elle pas sans cesse : « To be bad is good… to be good is simply boring »

Malcolm McLaren est décédé le 8 avril 2010 dans une clinique Suisse, d’un mésothéliome, un cancer de la plèvre. Il fut inhumé chez lui dans le Nord de Londres, au cimetière de Highgate. Rest in peace, vieil escroc !

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