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Archive for février 2010

A cette efficace mélodie, qu’est « You really got me » des Kinks, il manque la rock & roll attitude, la révolte, la colère juvénile  pour qu’elle sème vraiment les graines du punk.

Cette colère va sortir de quatre adolescents survoltés et ingérables, les Who. Véritables parrains du punk anglais, rares artistes plus âgés à ne pas être méprisés par les jeunes punks, les Who donnèrent un hymne à plusieurs générations d’ados : « My Generation ».

Pete Townshend, guitariste du groupe écrit cette chanson le jour de son vingtième anniversaire, le 19 Mai 1965. La chanson traitait des angoisses de Townshend vis-à-vis de sa vie d’adulte qui débutait, et ses craintes concernant son avenir. Peur de l’avenir, colère d’être incompris des adultes, énergie de la jeunesse, agressivité musicale, les ingrédients du punk-rock s’agglomèrent. Ajoutons à cela l’attitude nihiliste du groupe qui détruit ses instruments sur scène, ravage ses chambres d’hôtels, ne vit que pour l’instant et finit par perdre son batteur par trop d’excès…la recette prend forme !

10 ans plus tard les Sex Pistols, pourtant avares de reconnaissance envers leurs aînés citeront les Who comme une de leur principale influence.

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Punk & New wave 2

Je poursuis ma petite histoire du Punk. Après les pionniers des 50’s, voici les grandes influences 60’s du mouvement punk !

Bien qu’il revendique faire table rase du passé, le musicien punk cite un certain nombre d’influences plus ou moins avouées. Parmi celles-ci et par ordre d’apparition donc, les Mods. Le mouvement Mod est né en Angleterre à la fin des années 50. Concernant au départ la musique jazz, il se tourne peu à peu vers la soul américaine. Il mélange ainsi blancs et noirs dans une Angleterre en pleine explosion pop. Les groupes mettent en pratique cette mixité en mêlant soul et pop, accouchant d’un rhythm’n’blues sur vitaminé bien en phase avec la mentalité hédoniste du mouvement. Les looks sont étudiés, costumes et chemises anglaises, chaussures italiennes ; le mod ne vit que pour attendre le week end et aller danser. Le mouvement s’éteint en 1966 avec la montée en puissance du psychédélisme hippie mais ces quelques années auront donné des formations majeures de l’histoire du rock : les Kinks et les Who.

 Les Kinks sortent en 1964 un single séminal : « You really got me ». Le son sale et méchant bricolé par Dave Davies, qui lacéra la membrane de son ampli de guitare lors d’un accès de rage, donne un coté nouveau et excitant à la composition de son frère Ray. Le son distordu et agressif va entrainer une réaction en chaine dont les répliques sont encore perceptibles aujourd’hui. Quel groupe de gamins ne s’est pas une fois fait la main sur ses trois accords basiques…tout l’esprit du punk réside dans ce thème là !

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J’ai pris une bonne gifle lors d’une formation organisée par la Médiathèque départementale du Haut-Rhin  sur les musiques des Mascareignes (La Réunion,  l’île Maurice et l’île Rodrigues). Mon professeur du jour, Franck Schwebel, discothécaire éminent et érudit, m’a permis de découvrir la profondeur de la culture créole réunionnaise, à milles lieux des clichés métropolitains qui étaient jusque là les miens. Principales découvertes de la journée, l’histoire musicale du maloya, sorte de blues créole typique de La Réunion et un de ses plus magnifique représentant, Alain Péters.

Alain Péters est le poète maudit réunionnais par excellence, en plus d’en être un des génies musicaux. Né le 10 mars 1952 à La Réunion, il y est décédé le 12 juillet 1995 d’une crise cardiaque. Rebelle, il quitte tôt l’école et parcourt les années 60 au sein de groupes de rock réunionnais majeurs tels que « Les Lords », « Pop Décadence » et surtout « Les Caméléons ».

Au sein des Caméléons, des musiciens tels que Péters, René Lacaille et Loy Erlich vont fondre la musique traditionnelle réunionnaise, le maloya et le séga, dans le rock progressif et psychédélique de ces années 70. Poursuivie au sein de son propre groupe Carroussel, cette fusion musicale, malgré le talent immense de Péters, ne résistera pas à une débauche d’excès qui le conduisent à la clochardisation. Malgré tout, Péters poursuit sa route musicale et troque guitares psyché pour un takamba (instrument à corde sahélien). Troubadour éthylique, clochard céleste, il erre alors dans les rues, expiant sa vie ratée à coup de bouteilles de rhum. De ce naufrage artistique, il reste donc peu de choses, quelques vinyles dispersés et des bandes, que l’on doit à un de ses amis qui sût l’enregistrer de bon matin, afin de préserver le témoignage sonore d’un grand talent.

De ces restes du grand brasier autour duquel dansa Alain Péters, est sorti un grand disque, édité en début d’année. C’est un double cd + dvd nommé :  » Vavanguèr » sur l’excellent label réunionais Takamba. Sur ce disque, vous découvrirez la musique d’un être d’ombre et de lumière, profondément spirituel. Avec des versions lo-fi avant l’heure, dépouillées à l’os, Alain Péters s’inscrivait dans la tradition des grands chanteur de blues et de folk. Sa chanson Rest’la Maloya m’a transpercé. On y entend toute la douleur d’un être massacré par l’alcool, tiraillé par les remords d’avoir brisé sa famille. Sans pathos, sans pleurnicheries, il y expose son mal de vivre tel un Nick Drake, un Mano Solo tropical.

Foncez sur ce disque, dépaysant, ébouriffant, émouvant ! Découvrez le maloya, fouinez sur le label Takamba, sur le site Akout. com, je vous garantis qu’au coeur de notre hiver métropolitain, la musique réunionnaise réchauffe comme une lampée de rhum !

Ci dessous quelques liens utiles pour se faire une idée :

Un article de la blogothèque avec un fichier son de  » Rest’la Maloya »

La fiche de Peters sur le site de musique réunionaise Akout.com

Présentation du label Takamba

Rest’la Maloya en version live, quelques mois avant sa mort :

Merci à la MDP68 et surtout à Franck Schwebel pour cette belle journée, riche en émotions musicales !

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