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Archive for mars 2010

A l’Est de l’océan Indien se trouve l’archipel des Mascareignes et sa perle, la belle Ile Bourbon alias La Réunion. Paradis tropical, La Réunion est  une terre riche d’histoire,  de métissage, qui a accouché d’une tradition musicale flamboyante.

Le travail récent du Pôle régional des Musiques Actuelles de La Réunion et de son label discographique Takamba nous permet une plongée dépaysante et lumineuse au cœur de l’âme créole réunionnaise. Les albums de ce label étant destinés à conserver une mémoire de l’histoire sonore, ils sont particulièrement soignés. Chacun d’eux est agrémenté d’un livret très complet (paroles et traductions, biographie, contexte social, historique et stylistique, instrumentation) et d’illustrations (photos d’archives, pochettes de disque, partitions).

On découvre ainsi le Séga, que l’accordéoniste René Lacaille appelle le « musette réunionnais ». Le Séga est en fait la fusion des danses de salon des colons européennes avec la musique africaine des descendants d’esclaves. C’est un quadrille créole qui eut pour première grande chanteuse populaire, la plantureuse Benoîte Boulard. Cette star de l’après-guerre est rappelée à notre souvenir par le magnifique coffret

                                                    

 

« Du quadrille créole au séga / Loulou Pitou et Benoîte Boulard. Takamba, 2007 ». On traverse avec ce duo, 30 années de musique populaire réunionnaise.

Chanteur de Séga des rues de St Denis, Henri Madoré était le troubadour réunionnais par excellence. Un peu poète, un peu rebelle, toujours guitare en main, il arpentait les rues de St Denis poussant à qui voulait les entendre ses comptines gaies et entrainantes.  «  Le dernier chanteur de rue / Henri Madoré. Takamba, 2008. » est une véritable merveille de folk, comme si Graeme Allwright avait chanté en créole !

Takamba met également en avant des chanteurs de Maloya, genre musical sulfureux, interdit sur l’île par les autorités métropolitaines jusqu’en 1981. Ce chant de complaintes des esclaves est le blues réunionnais, musique prolétaire aux accents déchirants longtemps jouée en secret. Deux coffrets illustrent l’histoire magnifique de cette musique avec tout d’abord, l’un des derniers représentants du Maloya originel, l’ancêtre Gramoun Bébé avec :   

   

 

 

 

« Le Maloya Kabaré / Gramoun Bébé. Takamba, 2005 » . Gramoun Bébé est tenu pour chanter le Maloya originel, une musique très spirituelle inspirée des cultes religieux malgaches.                                                                                                                                                                            

Mais aussi le terrible : « Vavanguèr / Alain Péters. Takamba, 2007. » que les lecteurs fidèles de ce blog connaissent déja. Sur ce disque, vous découvrirez la musique d’un poète maudit,  être d’ombre et de lumière profondément spirituel. Auteur compositeur et interprète,  Alain Péters s’inscrivait dans la tradition des grands chanteur de blues et de folk.

On imagine un instant que tous les Pôles Régionaux des Musiques Actuelles se mettent à monter des labels de la qualité de Takamba…rêvons… !

Henri Madoré : « Z’enfants batards »

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Poursuivons ici notre chapitre sur les Proto-Punks des 60’s, c’est à dire tous ces groupes enragés qui influencèrent nos amis punks. Nous avons passé en revue les principales influences anglaises, abordons maintenant le lourd chapitre des descendants d’Eddie Cochrane.

En 1964, aux Etats-Unis, tout le monde ne voit pas la Beatlemania du même oeil. En réaction à l’invasion pop britannique, des milliers de groupes de rock se forment dans les garages américains. Revenant aux racines 50’s d’un rock’n’roll primaire qu’ils enjolivent d’influences psychédéliques propres aux 60’s, The Sonics, The Standell, The Seeds ou encore The 13th Floor Elevator et tant d’autres forment une scène underground dont s’inspireront les futurs punks américains. Ils seront aussi parmi les premiers musiciens à être qualifiés de « punks ». Cultes bien qu’inconnus du grand public, leur influence se fait encore sentir aujourd’hui chez nos bébés rockeurs hexagonaux !

Vous retrouverez ces magnifiques groupes sur le non moins splendide coffret 4 CD : « Nuggets : Original artyfacts from the first psychedelic era 1965-1968 » sorti chez Rhino.

Un bel exemple avec les Count Five et leur « Psychotic Reaction » !

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La St Patrick 2010 a été endeuillée par la disparition d’une étoile de la musique pop américaine. En effet, Alex Chilton est décédé hier d’une crise cardiaque à la Nouvelle-Orléans. Avec ce chanteur guitariste de 60 ans, c’est tout un pan de l’histoire du rock qui disparait.

Il connait le succès dès l’âge de 16 ans avec son groupe  » The Boxtops » avec lequel il joue dans un style très soul, rythm ‘n’ blues à l’anglaise. Il incorpore à cette « blue-eyed soul » des éléments pop et psyché et décroche quelques tubes dont le mythique « The Letter » en 1967. Quatre albums suivront mais Chilton se lasse des manipulations de ses producteurs et part fonder « Big Star » avec son ami Chris Bell.

Avec Big Star, on touche à la mémoire collective du rock, le pôle magnétique de l’indie pop. Car en trois albums, « #1 Record », « Radio City » et « Sister Lovers », entre 1972 et 1978, Alex Chilton va marquer toute une génération de musiciens. Des futurs REM, Weezer, Pavement, Teenage Fan Club vont s’approprier ce mélange de pop mélodieuse beatlesienne, de guitares au son brut de décoffrage et d’harmonies folks psychédéliques. Encensé par le milieu et la critique, Big Star,  mal distribué,  se plante commercialement comme c’est souvent le cas pour les éclaireurs du rock. Derrière d’autres sauront édulcorer la recette et feront carrière comme un certain Tom Petty par exemple !

Chilton poursuivra sa carrière en solo, traversant la fin des années 70 au sein de la scène punk new yorkaise, produisant les Cramps et d’innombrables disques tous plus indés les uns que les autres. Il a désormais rejoint le panthéon indie d’où il continuera à rayonner sur tous les apprentis Franck Black du monde !

En vidéo, une de mes chansons préférées, ma madeleine de Proust à moi, The Letter. A noter, l’évident enthousiasme des musiciens jouant en playback :

Une chanson d’amour ultime : Thirteen / Big Star sur l’album #1 Record :

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Robert & Tim

Très courtisé par Tim Burton depuis quelques années,  Robert Smith a accepté de chanter un titre sur la BO du très attendu Alice au Pays des Merveilles. Robert reprend « Very Good Advice », titre présent sur la bande son du Alice de Disney. On se félicite de sa présence dans l’aventure, tant il semble faire partie des meubles dans l’univers Burtonien.

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Je vous les envoie en vrac comme ça parce que je n’arrivais pas à me décider. Deux révélations (pour moi) de ce début d’année,  genre new wave / post-punk.

Une pure héritière, signée chez Warp Records, originaire de Manchester et donc titulaire d’un pur pedigree : Lonelady. Elle sort « Nerve Up » son premier album fin février. C’est une pépite rétro qui fleure bon les années Joy Division-A Certain Ratio-Durutti Column, influences revendiquées par la demoiselle. Loin d’être écrasée par ses encombrants voisins, elle déroule un post-punk robotique mais dérouillé par sa voix souple et disco façon Beth Ditto.

Direction Brooklyn, la quartier de New York où bouillonne une nouvelle scène rock à suivre. Avec par exemple,  The Drums. Je suis tombé en arrêt sur leur Myspace ou l’on peut écouter quelques extraits de « Summertime », le nouveau buzz indie pop du moment. Revendiquant une filiation plutôt anglaise qu’américaine, ce duo de vieux copains fait un pont entre New Order et Weezer en passant par les Beach Boys. Au final, cela sonne comme « un Joy Division qui se serait levé du bon pied » pour paraphraser Simon Reynolds et c’est bon pour les oreilles ! Allez pour bien cibler mon wording  :   » Summertime » de The Drums, l’album idéal pour passer de l’hiver au printemps !

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La saga Punk & New Wave continue avec le volume 4 ! On en termine ici avec les influences du punk anglais, parmi lesquelles figurent les groupes de Pub-rock. Le Pub-rock est né de la demande des jeunes désireux de voir en concert des groupes accessibles et plus rugueux que les sempiternels dinosaures du rock des 70’s. Devant le manque évident, de nombreux groupes se forment et envahissent les pubs pour jouer un blues-rock brut de décoffrage.

Parmi ses groupes, les trois plus connus,  Dr Feelgood ,  Eddie & the Hot Rods considérés même par certains comme le premier groupe punk et le premier groupe de Joe Strummer, les  101’ers.

Le Pub rock ne dura pas longtemps mais permit de révéler une multitude d’endroits à investir pour les futurs punks et mis en route la dynamique de création de labels indépendants.

A écouter :

– Roxette / Dr Feelgood (Down by the Jetty, 1975)  

Dr Feelgood live sur le cultissime show Old Grey Whistle Test de la BBC, un genre d’anti Top of the Pops.

– Teenage Depression / Eddie & The Hot Rods (Teenage Depression, 1976)

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