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Archive for septembre 2010

Rejet de la souche « Mr Bungle« , « Secret Chief 3 » sort ses jours-ci un nouvel album. « Satellite Supersonic Vol 1 » est en fait une compilation de morceaux inédits sortis sur d’obscurs vinyles, censées nous faire attendre le prochain album officiel « Book of Souls » prévu cet automne.

Si je vous parle de cela, c’est qu’il y a quelque temps, je lisais sur la toile que le post-rock était fini, que le rock radotait…pia pia pia pia… Or je constate qu’il n’y a jamais eu autant de groupes aventureux pour peine que l’on essaie d’aller un peu plus loin que le catalogue de Deezer.

Secret Chiefs 3 est un cas intéressant. Fondé en 1994 par les musiciens de Mr Bungle pour meubler les longues périodes d’absence de leur chanteur Mike Patton, Secret Chief part du même principe que Mr Bungle, expérimenter tous azimuts, pas de tabous, on crée ! Cela a donné une demi douzaine d’albums réjouissants, éclatés en différents sous-genres musicaux, surf, grindcore, death metal, pop orientale, folk, musique traditionnelle, jazz, math-rock, electro et j’en passe. Fils naturels de Led Zep, Zappa, John Zorn, Cheikh Raymond et Ennio Morricone, les hommes de Trey Spruance se sont rendus dignes de la fabuleuse scène rock expérimentale de San Francisco.

Il existe une compilation retraçant l’histoire musicale de ce groupe :  » Path of Most Resistance » datant de 2007 mais je vous conseille vivement de vous procurer « Satellite Supersonic Vol 1 ». En effet, sur celui-ci vous retrouverez quasiment l’essence de ce groupe et de ses multiples incarnations (voir liens wikipedia ci-dessus) soit une réjouissante et épique fusion trad/rock.

Avec SC3 vous avez la porte d’entrée idéale de l’univers du rock avant-gardiste, il n’a jamais été aussi facile d’écouter de la musique expérimentale, on ressort de ces écoutes avec l’impression d’être plus intelligent et d’avoir été connecté momentanément avec une musique extra-terrestre !

SC3 : Bereshit, vidéo extraite d’un passage live à la Maroquinerie en 2008

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Dans le cadre des concerts décentralisés du Festival International de Musique de Besançon, qui se déroule du 16 au 26 septembre 2010, le grand violoniste Laurent Korcia se produira au Théatre Edwige Feuillère, le vendredi 24 septembre. Accompagné du pianiste Romain Descharmes, il interprètera des œuvres de Ravel, Enesco, Bartok et Albeniz.
Pour rappel, le Festival International de Musique de Besançon est consacré cette année au compositeur Igor Stravinsky. Chef d’orchestre éminent, Sir Andrew Davis est cette année associé à la programmation. Également en résidence sur le festival, le compositeur Michael Jarrell. Les deux artistes revisiteront l’oeuvre de Stravinsy, avec une attention particulière à la musique de danse. Retrouvez toute la programmation du festival ici :

Festival International de Musique de Besançon

Et pour vous donner envie d’aller voir Laurent Korcia, une vidéo ou il interprète magnifiquement le thème des Valseuses de Stéphane Grapelli :

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Mon précédent billet apportait quelques renseignements sur la session 2010 du Festival Jacques Brel, le festival chanson francophone organisé tous les automnes au théâtre Edwige Feuillère de Vesoul. La programmation officielle, les affiches et programmes sont enfin sortis, je peux donc vous en dire un peu plus !

Le Festival se déroulera du Lundi 04 au Vendredi 15 Octobre. Cette année encore, les organisateurs nous ont gratifiés d’une programmation très originale au niveau des artistes présentés mais aussi par rapport aux différents types de spectacles proposés.

Par exemple cette année, les artistes viendront chanter gratuitement chez leurs fans ! Pour peu d’avoir un séjour suffisamment grand pour accueillir une quarantaine de spectateurs, on peut effectivement s’inscrire auprès du Théatre Edwige Feuillère ( 03 84 75 40 66). Barcella, Marie Tout Court, Nicolas Fraissinet et Marine Futin donneront donc du 04 au 07 Octobre,  4 mini concerts chacun dans 4 endroits différents. Voici de quoi passer une soirée musicale atypique !

Le Mercredi 06 Octobre au Théatre Edwige Feuillère, Laurent Madiot, Benoît Simon et Tom Poisson proposeront  » J’avais pas vu Mirza », un spectacle mis en scène par Olivier Prou, autour de l’univers de Nino Ferrer. Ce spectacle sera également délocalisé dans les écoles, en partenariat avec les Jeunesses Musicales de France.

Le vendredi 08 Octobre, Aldebert viendra fêter ses 10 ans de scène accompagné d’une troupe de cirque. Comme prévu Barcella, Babx, Féfé, Bazbaz, Arnaud Fleurent-Didier, Anna Prucnal et Nicolas Fraissinet donneront chacun leur tour de chant entre les 8 et 15 octobre.

Autre temps fort du festival, le concours Jeunes Talents qui aura lieu le samedi 9 et le dimanche 10 Octobre.  Buridane, Cécile Hercule, Jeanne Garraud, Je Rigole, Le Larron et les Vendeurs d’Enclumes parcourront la ville en musique le samedi pour des concerts hors les murs. Ils se retrouveront le lendemain soir afin de concourir, le tout étant totalement gratuit.

Du cirque, des concerts gratuits, des jeunes talents, des artistes confirmés mais qui n’ont pas été programmés par tous les gros festivals,  mais aussi des spectacles organisés parallèlement dans les écoles, le festival Jacques Brel a pris de l’ampleur et se place d’année en année comme un des meilleurs festival musical du grand est. Alors n’hésitez pas à faire comme le Grand Jacques, venez-voir Vesoul !

Toutes les infos, la billeterie, les horaires et les n° de téléphone sur le site @ du Théatre Edwige Feuillère :

http://www.theatre-edwige-feuillere.fr/festival-jacques-brel/blog

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Du 04 au 15 octobre 2010, le Festival Jacques Brel à Vesoul fêtera sa 10ème édition. Toujours axé chanson francophone, le festival continue sur son excellente lancée et propose à nouveau une programmation innovante.  Voici quelques noms pour cette année :

Aldebert avec le Cirque Plume, Féfé, BabX, Arnaud Fleurent- Didier, Bazbaz, Anna Prucnal

ainsi que les gagnants du concours 2009, Barcella et Nicolas Fraissinet

Enfin un festival original, on retrouve des artistes qui n’ont pas été sur toutes les scènes cet été ! Petit bémol, tous les ans, je cherche un lien internet officiel pour leur faire de la pub mais ne trouve jamais rien…faudrait s’y mettre maintenant Vesoul ! Je remercie donc le blog  » Ma P’tite Chanson » pour ces précieuses infos !

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Dans la série des artistes qui ont marqué l’histoire, on retient peu le nom de David Sylvian. Pourtant peu d’artistes des années 80 ont eu autant d’influence, peu ont été autant copié. Flash back, retour vers 1974 et les années glam !

En 1974, à Londres,  le groupe « Japan » se forme autour de David Sylvian, son frère Steve Jansen, Rob Dean, Mick Karn et Richard Barbieri. Très influencé par David Bowie et Roxy Music ou T-Rex, Japan signe sur le label allemand Hansa et sort son permier album « Adolescent Sex » en 1978. Débarquant au beau milieu de la déferlante punk, le glam-rock précieux de Japan fait un flop en Angleterre mais une belle carrière au Japon et en Europe continentale.

Adolescent Sex /  Japan. Avril 1978.

On le voit, le cheveu est trop long, la silhouette trop androgyne, le look trop maniéré pour 1978. Japan passe au travers de la hype punk.

Mais Japan va se placer sans le savoir en avant garde du mouvement new wave et cela dès son second album, « Obscure Alternatives » toujours en 1978. Plus aventureux, ce second essai intervient alors que le punk s’essoufle et que les premiers tirs post-punks de Howard Devoto et Magazine sont déclenchés. Très influencé par Bowie et le Roxy Music de Brian Eno, Japan fait évoluer ses compositions dans le même sens que les pionniers post-punk que sont Magazine ou P.I.L.

Deviation / Japan. Octobre 1978

Japan est sur la bonne voie, pile dans le son de son époque et poursuit sa mue vers la new wave avec « Quiet life », 3ème album sorti en décembre 1979. Les guitares reculent de plus en plus face à la basse et aux claviers, le son se robotise et se rafraichit. Sylvian s’émancipe vocalement et abandonne sa voix maniérée à la Bowie, il trouve un baryton plus naturel qui deviendra sa marque de fabrique et sera beaucoup imité. Bien que novateur musicalement, l’album ne perce pas au Royaume-Uni, le groupe souffre encore de son image glam. Mais le succès est toujours présent hors de leur frontière.

Quiet life / Japan. Décembre 1979

En 1980, Japan quitte le label Hansa pour rejoindre Virgin et sort ses deux derniers albums « Gentlemen take polaroid » et « Tin drum ». La mue du glam-rock vers la synth-pop est achevée, Japan est même considéré comme partie prenante du mouvement Néo Romantique des Visage, Ultravox, Human League et autres Duran Duran. C’est oublier que Japan a des années d’avance sur ce mouvement et qu’il paraît évident qu’un groupe comme Duran Duran s’est contenté de recopier grossièrement look, son, attitude de la bande de Sylvian. Le plus gros succès commercial de Japan sera le single « Ghosts » extrait de l’abum « Tin Drum ».

Ghosts / Japan. Novembre 1981.

Alors qu’il atteint le sommet des classements et qu’il est enfin reconnu dans son pays, Japan se sépare avec fracas, essentiellement pour la traditionnelle histoire de coeur…les deux leaders du groupe se disputant la même princesse…

David Sylvian poursuit sa carrière en solo et plutôt que de capitaliser sur la bonne recette new wave dont il est un des plus grands chefs, il continue à innover. Il garde de cette manière toujours un coup d’avance sur la concurrence au détriment de son porte monnaie !

A force de tourner inlassablement au Japon, pays qui fut le premier à reconnaitre le talent de Japan, Sylvian a noué de nombreux lien avec des artistes japonais dont certains comme Ryuchi Sakamoto intervinrent sur les derniers albums de Japan. Parmi les plus intéressantes, sa collaboration avec  Sakamoto accoucha de magnifiques projets. Son premier effort solo se fit en duo avec le pianiste japonais, le single « Bamboo House / Bamboo music » sort en 1982. Sylvian et Sakamoto y marient synth-pop occidentale et gammes orientales.

Bamboo Music / Sylvian & Sakamoto. 1982

Suivront d’autres collaborations dont la plus connue est la BOF de « Furyo », le fim de Nagisa Oshima et le magnifique « Forbidden Colors » qui laisse toujours sans voix :

Forbidden Colors / Sylvian & Sakamoto. 1983

De plus en plus expérimental, Sylvian s’adjoint les services de Holger Czukay du groupe « Can », du jazzman Jon Hassell qui rejoignent Sakamoto et Steve Jansen. Ensemble ils réaliseront le premier album solo de Sylvian, le méconnu bien qu’excellent « Brilliant trees » en 1984. D’ambiance plus jazzy, l’album s’éloigne de la new wave, les compositions se complexifient et portent des textes intelligents et lettrés.

Extrait de « Brilliant trees », le single « Red Guitar » :

Suivra en 1985, « Alchemy : an index of possibilities » avec les mêmes musiciens, un album plus difficile, entre jazz, world music et rock progressif. Un exemple ci-dessous avec « Words with the shaman »

Words with the shaman / David Sylvian. 1985

Pour son troisième essai solo, Sylvian s’acoquine avec Robert Fripp de King Crimson et sort un double album « Gone to earth », une face vocale et l’autre instrumentale pour être sûrs d’en vendre 15 millions…

Gone to earth / Japan. 1986

David Sylvian atteint son apogée artistique avec son quatrième album « Secrets of the beehive » en 1987. Sur cet album, Sylvian et Sakamoto retravaillent de concert et arrangent leurs compositions de cuivres, de cordes. Utilisant les synthés à faible dose, l’album a une coloration sombre, romantique et mélancolique. Sylvian se fait crooner sans tomber dans la mélasse. Le disque est un intéressant mélange des univers respectifs des deux collaborateurs, comme un espèce de world music d’avant garde. Le single « Orpheus » est la perle noire de l’oeuvre de Sylvian et on peut franchement dire que c’est un scandale que cet album ne soit pas plus souvent cité dans les anthologies et autres classements du siècle.

Orpheus / David Sylvian. 1987

Suivront douze riches années de collaborations diverses avec Robert Fripp, une reformation de Japan sous le nom de « RainTree Crow » pour aboutir en 1999, à « Dead Bees on a cake ».  Sur ce cinquième album solo, Sylvian est toujours accompagné par Sakamoto et Jansen mais aussi par le guitariste expérimental Marc Ribot et du percussioniste indien Talvin Singh.  Sylvian y chante comme jamais des compositions de plus en plus influencées par l’Asie. On y retrouve quelques pépites comme le très oriental « Krishna Blue » :

Après deux compilations, Sylvian quitte Virgin et fonde son propre label, « Samadhi Sound ». Il y sort l’album « Blemish » en 2003 puis « Manafon » en 2009. « Blemish » est un disque introspectif et spectral. Il tranche singulièrement avec le solaire et tranquille « Dead Bees on a cake ». Moins accessible que le reste de la production de Sylvian, on navigue entre ambient et musique expérimentale. « Manafon » poursuit sur le même chemin, sillonant les sentiers de la musique improvisée, du jazz d’avant garde et de la musique contemporaine mais sans jamais oublier la mélodie et le caractère sentimental de la musique de David Sylvian.

A l’heure ou un Bryan Ferry encensé reforme Roxy Music, on ne peut que ricaner à comparer les oeuvres respectives. Bryan Ferry innova quelques années grâce au travail de Brian Eno puis se glissa dans le moule douillet de la synth-pop 80’s avant de se contenter de faire le crooner jazzy. Alors que la carrière de Sylvian n’est qu’une lente montée vers les hautes sphères artistiques, un refus du compromis, de la facilité et du mainstream. J’espère que ce très long article participera à la reconnaissance méritée de cet artiste et surtout qu’ à ce que l’on cesse de décrier la musique des années 80 !

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