Feeds:
Articles
Commentaires

Archive for octobre 2010

Pan sur le bec comme on dit au Canard Enchainé… J’avais fait pas mal d’erreurs et d’oublis dans mon article sur l’univers musical de Diabologum. Francisco Esteves, acteur essentiel de cette galaxie, s’en était ému. Après en avoir discuté avec lui, j’ai décidé de supprimer mon article et de le réécrire.  J’ai promis d’être plus attentif, de professionnaliser mon amateurisme. Cette expérience me rappelle que, comme le dit lui-même Francisco Esteves, les blogueurs ont une responsabilité, celle de ne pas désinformer les lecteurs, et un devoir, celui de sortir l’information musicale des clichés journalistiques habituels. Voici donc l’article dans sa version revue et corrigée :

Comme l’écho du Big Bang initial, la déflagration déclenchée par Diabologum n’en finit pas de résonner dans le triste univers du rock français. Jusqu’à cette année ou l’on vit l’apparition d’un objet musical non identifié du nom de Binary Audio Misfits qui vint mettre un bon coup de pied au cul du rap français…mais n’allons pas trop vite…que s’est-il passé lors des épisodes précédents ?

1993, Toulouse. Michel Cloup, Arnaud Michniak, Pierre Capot et Anne Tournerie sortent le premier album de Diabologum « C’était un lundi après midi semblable aux autres ». Groupe de rock expérimental, Diabologum construit des chansons en copié collé, collages aventureux. L’aventure indé se poursuit en 1994 avec « Le Goût du jour », album plus pop mais toujours dans la mouvance indie.

C’est en 1996 qu’intervient un des tournants de l’histoire du rock français. Le groupe évolue, dans sa composition, Michel Capot et Anne Tournerie s’en vont et laissent la place à Richard Roman et Den’s Degiovanni, mais aussi dans son orientation musicale.                                                                                                                                                                  « #3 » sort dans les bacs et c’est la stupéfaction. Le groupe mélange hip-hop et noisy pop, plaque des textes poétiques, engagés et enragés sur des déluges de guitares noisy nappées de samples organiques. On va mettre des années à digérer cette œuvre là et nombreux sont les groupes qui vont se lancer dans l’aventure après ce choc initial.

365 jours ouvrables par Diabologum :

Au sommet de son art, le groupe se scinde en deux entités. Michel Cloup fonde Expérience, il fait appel à Francisco Esteves, puis le duo évolue en quatuor avec l’arrivée de Patrice Cartier et Widy Marché.  Ils expérimentent alors un genre de noisy pop-electro slammée.                                                                                          « Aujourd’hui maintenant » en 2001, « Hémisphère gauche » en 2004, « Positive karaoke with a gun / Negative karaoke with a smile » en 2005, « Nous (en) sommes encore là » en 2008 seront les fruits de leur travail. Les textes de Michel Cloup claquent comme des gifles dans la face de la société et agissent à chaque fois comme un rappel à l’ordre bien plus efficace que n’importe quel éditorial de nos intellectuels bavards et blanchi sous le harnais.

Massacrer l’ennui par Experience :

De son coté Arnaud Michniak s’associe à Damien Bétous. Le duo fonde Programme, projet très influencé par le hip hop.  Ils y intensifient le travail de collages électronique et posent des textes désespérés sur des beats minimalistes à peine traversés de guitares rageuses. L’ambiance est au noir de noir façon Pierre Soulages. Dépouillement extrême, obscurité névrosée de l’écriture, Programme nous fait voir la face cachée de notre société, de nos vies et de nos petits égoïsmes quotidiens. Les textes frappent justes, on est roué de coups et la musique ne nous aide pas à nous relever tant les beats hardcore succèdent aux dissonances. Écouter Programme c’est aller au fond du puits, traverser le miroir des convenances sociales, c’est faire face au nihilisme et prendre la tempête en pleine tête. Sur les trois albums du groupe, ruez vous sur « L’enfer tiède » sorti en 2002 chez Lithium.

Entre deux feux par Programme :

Hip hop et rock, hip hop et electro, les anciens de Diabologum et leurs comparses cherchent depuis 20 ans à inventer un nouveau language rock français. Tout comme Alain Bashung en son temps, ils cherchent à sortir le rock hexagonal de ses limites. Et si je parle de tout cela, c’est pour mettre en perspective la nouvelle incarnation de ce laboratoire, le groupe Binary Audio Misfits.

Binary Audio Misfits est au départ le projet de Francisco Esteves et Kemal. Francisco fait ensuite appel à ses collègues d’Experience afin de poursuivre l’aventure sous la forme d’un collectif. Intéressés par ce qu’il entendent des rappeurs de World Association sur le web, ils entament une collaboration géniale qui fait « B.A.M ! », le premier album d’un groupe de fusion rock/rap/ franco/ricain. Cela donne un album réjouissant de hip hop alternatif qui nous sauve des bouses infectes dont nous sommes abreuvés par l’industrie musicale. Vous savez ces rappeurs qui ont fait 12 heures de garde à vue et qui en font trois albums genre rap de taulard pour radio FM…

Maintenant pour tout ceux qui croient encore en la qualité de la scène hip hop française, Binary Audio Misfits vient rejoindre La Rumeur, La Caution, Zone Libre, Hocus Pocus ou Lilea Narrative !

Read Full Post »

 

Autre précurseur du punk-rock, le groupe MC5, du Michigan comme les Stooges, sort son premier album en 1969 : le live « Kick out the jams ». Réputé pour son engagement politique d’extrême gauche, ses prestations scéniques bouillantes et le son abrasif sans fioritures de ses compositions, le MC5 rencontre un franc succès. Mais son engagement politique sans concession va conduire certains membres du groupe en prison mettant un coup d’arrêt fatal à leur carrière musicale.

Cités avec respect par les musiciens punks, les MC5 sont aujourd’hui encore un groupe culte dont les titres sont souvent repris en concerts.


– Kick out the jams / MC5 (Kick out the jams, 1969)


 

Engagement politique, anti conformisme, rébellion affichée, performances scéniques, expérimentations musicales, refus des conventions et mode de vie « carpe diem », le côté sombre de la musique des années 60 va influencer tout un pan de la culture musicale des années 70. A la fin de la décennie, ceux que l’on peut appeler les proto-punks ont créé les ingrédients de la révolte punk. Mais celle-ci devra attendre  le désenchantement post-hippie pour exploser et sortir de l’underground culturel. Vivement les 70’s !

 

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :