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Archive for décembre 2010

Quand il s’agit de constituer mon top album 2010 personnel, je me pose une seule question. Quels sont les albums 2010 que j’écouterai encore en 2011 ?

A cette question, cette année, la réponse a fusé ! Pas de dilemne, pas d’hésitation, le classement s’est vraiment fait tout seul.

1. Heligoland / Massive Attack.- Virgin Records, P.2010.

Le grand retour de Massive après des années 2000 un peu difficiles. Le duo magique est reformé et on a surtout senti en live que le feu brûlait à nouveau. Heligoland s’impose directement comme un standard de l’électro.

Voir la magnifique vidéo de « Girl I love you » par « vbueso » sur Youtube :

2. Mi deh yah / Clinton Fearon.- Boogie Brown Productions, P.2010.

Bassiste et choriste des mythiques Gladiators, Clinton a su composer l’ultime album reggae roots. Son groove cosmique, sa basse hypnotique font de Mi deh Yah un des meilleurs albums de reggae de tous les temps !

3. Absolute dissent / Killing Joke.- Spin-Farm Ory, P.2010.

Là aussi c’est un come-back spectaculaire. Killing Joke revient sur ses fondamentaux, Jaz Coleman remet en place le big band indus, pour notre plus grand bonheur. Absolut dissent est un grand album, au niveau du terrible Pandemonium.


4. Suburbs / Arcade Fire.- Sonovox, P.2010.

Moins sombre, moins grandiloquent que Neon Bible, The Suburbs montre la face solaire des canadiens et ça fait du bien !

The Suburbs, le clip de Spike Jonze :

5. Interpol / Interpol.- Soft Limit, P.2010.

Comme son titre l’indique, Interpol est un album d’Interpol… En effet, après un « Our love to admire » plutôt raté, le groupe est reparti chercher l’inspiration dans les premiers singles post-punks des débuts. Cet album éponyme à la limite de la cold wave réjouira les amateurs d’ambiances spectrales et fantomatiques.

Lights, le clip de Charlie White :

Voila, il me reste juste à nous souhaiter des découvertes musicales fabuleuses pour 2011 et en attendant, une bonne fin d’année à toutes et tous !

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Je me demande parfois quelle chanteuse  aurait l’envergure d’une Edith Piaf aujourd’hui ? Quelqu’un qui possède la flamme. Quelqu’un qui aie le bon angle, le coup d’oeil. Une chanteuse avec le grain, le truc qui gratte l’écorce à nu et qui fait tomber vos barrières…vous voyez ce que je veux dire, un Mano Solo au féminin !

Marianne Joplin des faubourgs, Fréhel explosive, Melissmell a répondu à mon interrogation.

De bourlingue en errance, Melissmell a connu la rue, les petits métiers, la débrouille de l’auto-production et gravit un à un les échelons de la reconnaissance. Elle est en campagne, à l’assaut des barricades et à l’entendre, on pense à « La liberté guidant le peuple », le tableau de Delacroix. « Aux armes » nous crie-t-elle et le vent de l’histoire souffle dans les enceintes. C’est le cri du peuple, des opprimés qui résonne dans sa voix. On est pris aux tripes par sa voix qui rocaille puis caresse, apaise avant de s’enflammer à nouveau.

Sur une base acoustique, elle pose une voix rock et le contraste entre  la douceur des cordes et l’énergie de son chant fait mouche. Les textes sont travaillés et vont droit au but. On y sent bien sur quelques influences, mais plus dans la forme que dans le fond, c’est direct et ça sent le vécu.

Clairement, une artiste de grand talent est en gestation. On attend avec impatience la sortie de l’album « Ecoute s’il pleut » chez les indés du label Discograph, dans les bacs le 17 janvier. En attendant, on patiente avec l’EP « Aux armes » et surtout en suivant la demoiselle sur scène, partout en France !

Aux armes :

Sobre la muerte (après une petite Suite pour violoncelle de Jean-Séb !) :

 

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Si vous aimez les grandes voix soul, le gospel, les sprirituals, jetez-vous sur le dernier album solo de Mavis Staples : « You are not alone ».

Plus qu’une diva, Mavis Staples est un monument incontournable de la culture afro-américaine. Elle a chanté dans l’un des plus célèbres groupes de gospel, The Staples Singers. Dès 1950, accompagnée de son père et de ses soeurs, elle écumait les scènes et squattait les charts. Staples senior étant un ami de Martin Luther King, elle mit sa voix au service de la lutte pour les droits civiques, devenant par son talent, la grande voix du mouvement. Elle poursuivit ensuite une carrière solo prolifique et couronnée de grands succès au sein des écuries Stax, Volt, Warner, Alligator et aujourd’hui Anti.

C’est dans ce label qu’elle nous propose aujourd’hui « You are not alone », un album  de soul profonde, de gospels poignants. L’album est magnifié par la production sobre, légère de Jeff Tweedy. C’est en effet à Chicago, au Loft, dans le studio de son groupe, que le chanteur de Wilco a serti un écrin aux belles basses de Mavis. L’addition de cette voix chaude, profonde, grave et chargée d’histoire et des arrangements blues, soul, gospel et parfois folk de Tweedy rendent cet album très riche et jamais lassant.

Tweedy a bien dû retenir les leçons du travail effectué par Rick Rubin avec Johnny Cash, puisqu’il rend ici accessible l’univers de Mavis Staples aux mécréants que nous sommes, alors rien que pour cela, que grâce lui soit rendue !

Voici dans une version acoustique, la démonstration évidente de la puissance d’une chanson « interprétée », brrr j’en ai encore la chair de poule…:

Mavis sur FB : http://www.facebook.com/mavisstaples?v=info

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Dans notre généalogie du mouvement punk, nous avons survolé les 50’s et 60’s et pu identifier les ancêtres lointains des Rotten, Thunders et autres Hell. Pour peaufiner mon arbre généalogique, il me manque encore deux noms. Alors que l’on pénètre dans les 70’s, deux groupes vont venir s’ajouter à la tribu Proto-punk : The Modern Lovers et The New York Dolls, deux cas particuliers.

 

Le cas The Modern Lovers :

Le groupe est fondé par Jonathan Richman,  à Boston en 1970. Ce jeune fan du Velvet Underground va faire de The Modern Lovers,  l’exemple typique du groupe maudit devenu culte après sa dissolution.

Actifs durant trois ans, les Modern Lovers écument les scènes de la côte Est, jusqu’à éveiller l’intérêt de divers labels. Une fois signés, ils travaillent sur leur futur premier album,  produit par John Cale, l’idole de Richman. Suite à diverses péripéties et aux atermoiements de Richman, ils ne parviendront pas vraiment à finaliser l’enregistrement de l’album. Ils se séparent logiquement sur cet échec en  1973, malgré une belle notoriété due à de superbes prestations live.

Tous se dispersent au sein de groupes réputés comme les Talking Heads ou The Cars mais Jonathan Richman n’abandonne pas. Il poursuit l’aventure sur la côte Ouest avec Beserkley Records, label avec lequel il va terminer l’œuvre inachevée.

« The Modern Lovers » est une compilation des  premiers titres du groupe plus qu’un réel premier album. Le LP sort  finalement en 1976, juste à temps pour que ce magnifique essai de punk rock avant l’heure puisse servir d’exemple à toute une génération. Johnny Rotten et les Sex Pistols se comptaient par exemple parmi les fans de cet album.

Richman poursuivra sa carrière d’abord sous le nom « Jonathan Richman & The Modern Lovers ». Ayant quelque peu renié son premier disque, il évolue rapidement vers un son plus ensoleillé et pop, zappant les influences velvetiennes pour un son plus californien.  La nouvelle mouture du groupe sortira 8 albums de 1976 à 1988. Puis Richman poursuivra en solo de 1988 à 2008 avec notamment l’excellente  BOF de Mary à tout prix.

En vidéo, Roadrunner / The Modern Lovers (The Modern Lovers, 1976)

L’apport au mouvement punk d’un mec aussi fun, souriant et sain que Jonathan Richman peut sembler difficile à cerner. Mais son approche instinctive, décontractée de la musique accompagnée de textes simples, directs répondit à une demande de la jeunesse lassée des concepts-albums grandiloquents du début des 70’s. Malheureusement pour lui, ses hésitations lui firent perdre l’avance qu’il avait sur ses contemporains et quand son premier album sort,  le punk explose mais il a déjà changé de style…


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