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Archive for mars 2011

Aujourd’hui, je tire un grand coup de chapeau à Boubacar Traoré, un des plus grands musiciens africains. Né à Kayes au Mali, en 1942, il devient une immense star dans les 60’s quand le Mali accède à l’indépendance. On l’entend alors partout sur les ondes chanter la liberté. Malheureusement, il ne sort pas de disques et un changement de régime le contraint à l’exil en France et en Angleterre où il sombre dans l’oubli.

Heureusement pour nous, à la fin des années 80, un journaliste anglais va tomber sur des enregistrements de Boubacar à Radio Mali. Enchanté par la musique de Kar Kar, il décide de le retrouver pour le signer. Ainsi ce grand guitariste sortira « Mariama » son premier album en 1990.

Suivront les albums « Kar Kar », « Les enfants de Pierrette », « Sa Golo », « Macire », « Kongo magni », jusqu’à « Mali Denhou » son dernier album qui vient de sortir début 2011.

Avant tout, Boubacar est un grand guitariste de blues. Certes son blues est africain, plus exactement mandingue. Il adapte à la guitare folk, les techniques et gammes utilisées sur la Kora malienne et y ajoute les gammes habituelles du blues américain. Tout cela sonne merveilleusement grâce à son toucher sensible. Sans esbrouffe, avec originalité, il redonne vie à une langue morte, celle de la guitare blues.

Mais par dessus tout, il y a la voix. Elle n’est pas extraordinaire, elle est à l’image du bonhomme, humble mais profonde, riche d’intonations. Surtout, cette voix chante les joies et les peines du peuple malien, le dureté de la vie et la vaillance des coeurs. Evidemment, on ne comprend pas un traitre mot de ce qu’il chante mais on saisit le sens profond de cette musique. Kar Kar chante pour réparer. Il nous soigne, nous lave de nos peines. Avec « Mali Denhou », en un peu moins d’une heure, vos soucis s’envolent. Boubacar Traoré est un grand père idéal ! Il sort un disque, part en tournée puis rentre chez lui, cultiver son lopin de terre, nourrir ses moutons…comme le vrai et dernier bluesman rural qu’il est !

Extrait de Mali Denhou, Minuit / Boubacar Traoré

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Il est communément admis que le mouvement punk naquit à Londres en 1977. Rien n’est plus faux. En 1977, on en est déjà à la seconde vague de groupes punks et cette date est retenue car c’est celle à partir de laquelle le grand public adhère au mouvement.

Mais il est ici utile de rappeler deux ou trois éléments importants.

Le rock’n’roll est né aux Etats-Unis, il s’exportera dans le monde entier. Dès les 60’s, un jeu de ping pong va s’engager entre américains et anglais. Les américains envoient le rock en Angleterre à la fin des 50’s. Les Anglais contre attaquent en leur envoyant la British Invasion pop et blues rock. En réaction, les yankees créent le Garage Rock. Le mouvement mods anglais fait renouer le rock ramolli par la pop, avec l’énergie des origines, donc les ricains réagissent avec le rock « high energy » des Stooges, MC5 et Dolls qui va inspirer à Londres comme à New York, le mouvement punk.

Il est difficile de départager les deux scènes par rapport à la paternité du mouvement punk tant elles vont s’influencer mutuellement. New York est arty, construit une attitude, un look, crée le do it yourself (Fais le toi-même) redonnant sa simplicité à la démarche rock ‘n’roll. Londres donne un son plus puissant, rageur et une idéologie au mouvement. De 74 à 76, des deux cotés de l’Atlantique, le punk va rebondir comme une balle de flipper.

Néanmoins, on ne peut honnêtement refuser la paternité du mouvement à New York. Les groupes proto-punks sont essentiellement américains même si Londres a ses groupes de pub rock. Mais personne ne nie plus que les Stooges et les Dolls constituent en résumé la quintessence du punk-rock. De plus, le premier concert punk a vraisemblablement lieu au CBGB, les Ramones s’y produisant le 28/04/1974 c’est-à-dire 17 mois avant le premier concert des Sex Pistols…missa dita est !

Une preuve en vidéo ! Le 06 août 1974, les Ramones donnent leur second concert, ils ouvrent pour Angel and the Snakes (les futurs Blondie) au CBGB’s. Voici une version cataclysmique de « Judy is a punk », la première vague punk est lancée !

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