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Archive for mars 2012

Printemps 2006, renversé cul par dessus tête au 22 Ouest du Printemps de Bourges par une furieuse bande de Rochellais, il était bien clair pour moi que Asyl était clairement le meilleur groupe de rock français de la décennie. Protégés de Daniel Darc, produits par Andy Gill, le groupe emmené par Mathieu Lescop faisait des étincelles avec l’album  désormais culte « Petits Cauchemars entre amis« .

Et puis le temps a passé et Asyl a progressivement perdu le feu sacré, usé sans doute par le road trip rock & roll infernal inhérent à la vie d’un groupe en développement.

Et puis fin 2011, la blogosphère bruisse d’une rumeur, Mathieu Lescop bosserait sur un projet avec le duo post-punk  français John & Jehn…impatience…excitation !

Des démos sont postées sur Noomiz et de semaines en semaines, le projet se précise jusqu’à un EP éponyme : « Lescop » sorti fin 2011 sur Pop Noire, le label de John Hostile, la moitié de John & Jehn,  qui produit également le disque.

Sur cet EP, c’est toute la famille de la new wave française qui revit, de Daho à Taxi Girl, de Kas Product à Marquis de Sade. Textuellement, les ambiances cinématographiques de Jean Fauque ne sont pas loin, tout comme les fulgurances de Daniel Darc. Pop noire comme son label, la musique de Lescop s’est apaisée depuis Asyl mais n’a pas pris de couleur. La mine est sombre et frondeuse, l’atmosphère est tendue, toujours.

Ok, ouais d’accord, Lescop n’est pas super en place niveau chant. Les compos sont bancales, baroques mais fuck ! En 4 titres, on est happé, l’urgence, la mort qui rôde, la nuit, la peur…voici les ingrédients d’un bon disque de rock ! Car Lescop ne sort pas de The Voice, il est sur la route, la poignée dans le coin, toujours à la limite, toujours sur la ligne blanche !

Alors allez jeter une oreille par là, vous ne serez pas déçus :  http://www.deezer.com/fr/music/lescop

 

Comme un hommage à The Cure, La Forêt / Lescop :

 

Pour ceux qui auraient oublié Asyl, révision avec « Intérieur/Extérieur » :

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Comment sont nés les Sex Pistols ? Comment McLaren a-t-il réussi à mettre en pratique sa théorie du chaos? Tout va se jouer en Août 1975 à King’s  Road !

Parmi la clientèle de « Sex » gravitent trois jeunes délinquants, membres d’un groupe néo-mods, The Swankers. Le leader s’appelle Steve Jones, hooligan et délinquant surdoué, c’est un gamin des rues au casier judiciaire déjà conséquent.

Avec Paul Cook et Wally Nightingale, ils sont spécialisés dans la fauche d’instruments de musique. Leur plus haut fait d’armes sera d’ailleurs de voler  le matériel de David Bowie, démontant et emportant une partie de la sono la veille du concert dans une camionnette volée…

Motivés et donc armés d’instruments et de tout ce qu’il faut pour faire un maximum de bruit, ils se mettent en quête d’un manageur.

Attirés par un article élogieux de Nick Kent du NME sur Malcolm McLaren, il insiste pour que celui-ci prenne en main leur destinée. Celui-ci accepte et commence son travail d’orfèvre. Il vire un Nightingale trop léger pour le poste et le remplace par un vrai bassiste, Glen Matlock, qui était alors vendeur à la boutique.

Matlock est un bon musicien dont la vocation fut déclenchée par un concert des New York Dolls en tournée à Londres. L’apparent amateurisme des Dolls lui fit entrevoir la possibilité de se lancer dans la musique.

Paul Cook quant à lui, garde la batterie. Steve Jones est à la guitare mais est trop mauvais pour chanter en même temps. De toute façon, McLaren sait qu’il lui faut un chanteur plus charismatique. Il tente de débaucher tout d’abord Sylvain Sylvain ex New York Dolls sans succès puis Richard Hell qui préfère rester avec Television. Et sous le conseil de Nick Kent (le journaliste fit partie du groupe pendant trois mois), ils tentent même de recruter Iggy Pop en partance des Stooges. Mais celui-ci est bien trop abimé par l’héroïne. Après plusieurs castings de mômes terrorisés par la bande de malfrats allumés en face d’eux, Malcolm découvre grâce à Bernie Rhodes (futur manager des Clash) le jeune et frêle John Lydon

Mais qui est ce Lydon ?

Né le 31 janvier 1956, de parents immigrantsIrlandais catholiques, Il grandit dans une cité à Finsbury Park, au nord de Londres avec trois plus jeunes frères. À l’âge de sept ans, il contracta une méningite, en buvant de l’eau souillée par de l’urine de rat. L’infection le plongea dans un coma intermittent pendant 6 mois et effaça en grande partie sa mémoire. Il dût tout réapprendre à zéro.

La maladie lui laissa une cambrure permanente au niveau de la colonne vertébrale. Elle endommagea aussi sa vue, ce qui explique son regard si particulier. Petit et bossu, son physique peu avantageux va l’obliger à se construire une carapace. Ecolier très intelligent, mais très indépendant, il est bon élève mais trop souvent viré pour ses absences ou son insolence.

En 1972, il assiste à une tournée d’Iggy Pop en passage à Londres. Le spectacle fascinant et  pathétique donné par un Iggy plus junkie épileptique que jamais lui donnera plus tard les bases de son jeu de scène.  A l’école buissonnière, il va rencontrer John Simon Ritchie, futur Sid Vicious, qui deviendra son compère de galère. Alors tous deux lycéens, c’est à ce moment là que Lydon et Ritchie décident de couper leurs cheveux et de les hérisser. Lydon va même jusqu’à utiliser des colorations textiles, il troue ses vêtements et s’habille comme un clochard. Virés de chez eux et de l’école, ils s’installent dans des squats, consomment et vendent des amphétamines et font toute sorte de petits boulots. Leur insolence et leur look atypique leur valent de fréquentes raclées dans la rue. John Lydon se le rappelait avec amertume lorsqu’il disait à un journaliste de Mojo :

« Ecoute j’ai dû gagner mes galons pour devenir punk et les autres ont débarqué là –dedans comme des fleurs. Ils n’ont pas vécu les premières années punitives. »

En trainant leurs guêtres du coté de King’s Road, quartier prisé des jeunes rockers londoniens, John et Sid vont être donc remarqués.

L’audition de Lydon :

Bernie Rhodes présente John Lydon à Malcolm McLaren. Celui-ci organise une rencontre entre Jones, Cook, Matlock et John Lydon dans un pub miteux de Chelsea. Au premier regard, Jones et Cook détestent Lydon. Ce fait interpelle McLaren qui sent pouvoir tirer parti de ces ondes négatives. Il organise une audition devant le juke box de la boutique. Lydon, tout en provocation, massacre « I’m eighteen » d’Alice Cooper. Son effrayante interprétation convainc McLaren, il est engagé. Ses collègues, toujours aussi amicaux, le rebaptiseront Johnny « Rotten », rapport à  l’état de ses dents.

Eté 1975, les Swankers sont nés, la légende est en marche.

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Je guette chaque sortie, collaboration et projets de Mark Lanegan. A chaque fois ce mec fait mouche. C’est à nouveau le cas avec « Blues Funeral » qui vient de sortir chez 4AD, son 8ème album solo…8 albums solo ! Eh oui !

Rewind :

Rappelons-nous que Lanegan est devenu en 25 ans une des composantes essentielles du rock alternatif US, jusqu’à presque en constituer l’épine dorsale. Du premier album des Screaming Trees en 1986, véritables pionniers du mouvement grunge, en passant par les Queens of the stone age, dont il fut longtemps la conscience indie rock, les indices laissées sur la route par ce serial rocker sont accablantes. Entouré des plus belles et talentueuses, Martina Topley-Bird, Isobel Campbell, il sut casser son image d’ours mal léché sans jamais arrondir les angles de sa noirceur. On put le vérifier encore en 2008 avec le mythique « Saturnalia » sortis avec son jumeau blanc, Greg Dulli, binôme des anthologiques Gutter Twins.

Dans tout ça, nous ne parlons pas de sa carrière solo qui fit de lui une influence désormais tutélaire de la nouvelle scène rock US. Qu’aurait-il encore à nous dire ce vieux démiurge ? Et bien, du blues funéraire ! Des mélopées venues de l’autre monde ! En chaman habité, de sa voix d’outre-tombe il vocalise sur une musique comme sortie d’une grotte hopi. Seuls des êtres pétris de souffrance, aux cicatrices ouvertes en permanence, peuvent chanter un blues aussi profond. Blues Funeral sent la poudre, la poussière du désert mojave, le vent de la Death Valley.

Surtout, sur Dead Funeral, la mort rôde et ça vous saisit de sentir le souffle de la faucheuse traverser les enceintes…et c’est ça qu’on veut quand on écoute du rock & roll ! De la musique, qui sent la vie, la mort, le sexe, la peur, l’angoisse, l’urgence. Le rock est une catharsis, nom de dieu et c’est bien quelques chose que ne comprennent pas les 3/4 de ces sympathiques groupes d’aerobic electro-pop ou de paralytiques folkeux !

Voila jetez-vous sur ce disque, même si l’unanimité de la critique vous le rend soupçonnable.  Superbement mixé par Alain Johannes, celui des Desert Sessions, Blues Funeral place définitivement le géant de l’Ouest dans la grande tradition des Loners américains, de Cash à Neil Young en passant par Hazlewood et Tom Waits. Foi de Toftaky.

En vidéo : The Gravedigger’s Song / Mark Lanegan :

Allez je me fais plaisir, c’est vendredi, bon week end à vous !  :

Idle Hands / The Gutter Twins :

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