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Archive for février 2013

Buzzcocks

Après avoir vu les Pistols à Londres en début d’année 1976, deux compères du nom de Pete Shelley et Howard Devoto, enthousiastes, rentrent fissa fonder un groupe punk, suivant en cela les exhortations de Rotten qui dit qu’il faut que « les gens viennent nous voir et commencent à faire autre chose, sinon je perds mon temps ».

« Ils » ? Ce sont les Buzzcocks ! Jolie bande de branleurs venant de Bolton, la grande banlieue de Manchester, les Buzzcocks sauront, dès leurs premiers singles, s’éloigner des clichés bourrins du punk basique. Leur premier EP « Spiral Scratch » montre leur volonté de produire un punk mélodique et fun bien que très influencé par ce qu’ils ont entendu des Sex Pistols. Le chant d’Howard Devoto, notamment, est clairement calqué sur le ton hautain  et nasillard de Rotten.

Mais celui-ci se lasse rapidement de ce style musical minimaliste est part planter les premières banderilles post-punk avec son nouveau projet Magazine. Il laisse Pete Shelley au chant et aux manettes. Celui-ci va poursuivre dans cette veine punk en accentuant le coté pop, avec réussite dès le second single « Orgasm Addict »

 » Another Music in a Different Kitchen« , premier album du groupe, sort en 1978. Il  trouve  le bon équilibre entre mélodie pop et esthétique punk. Efficace, speed, mélodique et grand public, la musique des Buzzcocks a très bien vieilli et reste une référence pour tous les groupes de punk à roulettes US ! De bonnes compositions, des singles parfaits et un départ sur les chapeaux de roue au tout début du mouvement punk londonien ne suffiront malheureusement pas à faire d’eux les gagnants du jackpot punk. Desservis par leur image de bons gars sympas sortant de l’usine, mancuniens donc considérés comme des ploucs provinciaux, il leur manquera cette aura destroy développée intelligemment par les managers des Pistols et des Clash…

« I don’t mind », premier single de l’album  » Another Music in a Different Kitchen » :

 

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daran

Lorsque nous cherchons à résumer nos vies, arrivés à des points-bilans, on se rend compte qu’il est souvent plus facile de le faire en musique. Nos vies sont des bandes-sons, patchworks électriques comme dirait Paul Personne, assemblages de mélodies et de lignes de chants.

Il est ainsi des morceaux qui éclaboussent de couleurs notre existence et des artistes dont l’univers en  constitue la trame, sorte de fils conducteurs nous guidant dans les moments difficiles, quand le ciel est sombre. Pour moi, Jean-Jacques Daran fait partie de ces artistes là, chefs d’orchestres de ma psyché musicale.

Depuis « 8 Barré » en 1995, deuxième album de Daran et les chaises et les 5 albums qui ont suivi, dont le gigantesque « Augustin & Anita » véritable pierre angulaire du rock francophone, Daran m’a accompagné.

Pourquoi Daran ? Parce que personne dans l’univers du rock français n’a cet impact vocal. La voix de Daran est un  fleuve charriant des émotions et nombre de paroliers ne s’y sont pas trompés. Tout au long de sa carrière, Daran a sublimé les textes magnifiques, sensibles, écorchés d’Alana Filippi et de Pierre-Yves Lebert auxquels sont venus s’ajouter avec bonheur des pigistes de la carrure de Miossec.

Quelque peu fâché avec l’hexagone pour des raisons politiques et personnelles, Daran s’est installé au Québec en  2010. Comme il l’expliquait au journal québécois Le Devoir : « «Je m’auto-expulse! Sérieusement, il y a une vie ici qu’il n’y a plus à Paris. Une vie de musicien. Ici, ça joue dans tous les coins pour le plaisir de jouer. Il y a une culture « indie ». Des émergents partout. À Paris, je vois pas d’émergents nulle part. À Paris, t’as trois endroits pour jouer avec les copains, où tu paies l’équivalent de vingt dollars le verre. Pour moi, il ne peut pas y avoir de création artistique si tu ne peux plus aller voir un concert pour le prix d’une bière.» »

Déjà très discret médiatiquement, Daran a ainsi totalement disparu du paysage français. Le microcosme musical consanguin parisien voulant que tout artiste soit mort artistiquement dès qu’il s’éloigne de la capitale, son dernier album « L’Homme dont les bras sont des branches » n’a eu quasiment aucun écho de ce côté ci de l’Atlantique. Sorti en Février 2012, disponible seulement en import, ce bijou de rock bluesy aurait mérité meilleur sort tant il fait honneur à la discographie impeccable du bonhomme.

« L’Homme dont les bras sont des branches » navigue en nuances, entre la caresse et la claque, la force et la faiblesse, la joie et la colère. Jamais soumis, il apporte cette dose d’engagement pesé sans empesage et toujours le lyrisme de cet écorché de 50 balais qui nous envoie valdinguer maintenant dans ce grand nord québécois, son « grand poumon d’air frais ».

Remède à la douleur, à la résignation, au poison de cette grisaille intellectuelle que l’on nous instille patiemment dans notre vieille hexagone en décomposition, Daran vous offre sa musique comme on ouvre ses bras à un ami. Alors n’ayez pas peur, ouvrez vos oreilles pour Daran et respirez ce parfum, c’est celui de la liberté, vous sentez ?

En vidéo, le superbe clip du dernier single « Pas Peur »

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