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Archive for novembre 2013

Daran balanceQuelle soirée, que d’émotions pour moi hier soir ! Bénévole occasionnel à la Maison de la Culture et des Loisirs de Gérardmer, j’avais répondu samedi, à l’appel de Marc Genatio, programmateur en chef de ce petit caf-conc sans pareil dans les Hautes-Vosges.

La MCL géromoise recevait une véritable pointure ce 15 Novembre, en la personne de Daran. Les habitués de ce blog savent en quelle estime je tiens Mister Daran, j’ai déjà eu en effet l’occasion de dire ici ou que je le considérais comme le meilleur interprète de rock français en activité.

Appelé à officier aux fourneaux, histoire de nourrir une assemblée sympathique de musiciens, techniciens et membres de l’équipe MCL , j’ai donc eu l’occasion de pouvoir observer de près mon idole, toute réserve et discrétion gardée bien entendu. Après avoir concocté un petit repas avec l’aide d’une équipière de choc et de charme (la Meuse en force), nous avons ainsi pu assister à une soirée de musique exceptionnelle dans les meilleures conditions.

Fergessen

A 21h30 tapante, le duo de feu Fergessen attaquait la première partie par la face Nord, devant un parterre à l’énergie communicative. Quelque peu estomaqués par la présence d’un public dense, proche, à l’écoute, avide de partage musical, David et Michaela, tendus mais généreux dans l’effort, laissaient peu à peu le trac se diluer dans leurs arabesques vocales. Et le couple de partir dans un sensuel dialogue, tango musical à fleur de peau faisant monter la température d’une salle en ébullition. Portés par la ferveur d’une assistance conquise, Fergessen largua les voiles et déroula les meilleurs titres de Far Est, son dernier album. Rarement première partie nous sembla aussi courte et malgré la demande insistante d’un bis, Fergessen céda la place, contrat rempli, libérant cette foule surchauffée, prête à embarquer sur le vaisseau du pêcheur de pierres !

21h45, Daran attaque la scène encadré de son gang de fieffés québécois, ovationné par une salle totalement acquise. Sobre, incisif, sans esbrouffe mais toujours sur le fil du rasoir, Daran nous saisit avec douceur, nous décolle du sol et nous embarque dans sa nouvelle aventure : « L’Homme dont les bras sont des branches ». Les magnifiques compositions du dernier album vont s’enchainer, portées par une formation impeccable. Sur des titres splendides comme « Il y a un animal » ou le « Hall de l’Hôtel », Daran atteint les sommets du Bashung de la Tournée des Grands Espaces. Dans ces moments là, je serre les dents, ça commence à déborder…

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Mais le boxeur a trouvé la faille, il redouble d’effort, travaille au coeur, aux tripes. Il va vite faire sauter les barrières, les carapaces cèdent et quand retentissent les chefs d’œuvres par vagues alternées,  « Olivia », « Anatomique », « Augustin et Anita », « Dormir dehors » l’audience est transportée depuis longtemps, en orbite courbe au dessus du Hohneck ! Pour ma part, je n’ai pu  retenir quelques larmes tant cette musique me parle et me renvoie à ce que je suis profondément. C’est à ça que l’on reconnait un vrai chanteur populaire et talentueux, éveiller des émotions dans le cœur des gens. Mais attention, pas de ces sentiments faciles manipulés par les grosses ficelles du barnum pop music, on est pas dans la variéte.

Non, l’œuvre de Daran est profonde, elle fait sens dans ce  qu’elle révèle de notre humanité et de la dualité inhérente à notre mortelle condition. Et c’est en cela que ce chanteur est un véritable artiste, des heures après son passage, nous sommes encore habités de son art. Prométhée contemporain, il nous a transmis un savoir divin, introspectif, comme si de rien n’était. Et ses paroles ont une incidence, elles pointent nos contradictions, nous placent devant nos responsabilités, nous qui sommes tellement infantilisés par ailleurs.

Surtout, et je sais que c’est quelque chose que je partage avec nombre de fans de Daran, je n’en serais pas là aujourd’hui, à tant aimer la vie, si je n’avais pas été porté, dans les sales moments, par sa musique. Au bord du gouffre, une simple note, un vers, un cri sincère dans un micro peuvent vous empêcher de dévisser et tout cela je l’ai trouvé dans les disques de Jean-Jacques Daran. Voila.

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Chanter, rêver, pleurer, rire, partager, communier, crier, danser puis reprendre la route seul, dans la nuit, s’arrêter prendre un verre dans un vieux rade de village, la tête pleine de musique, l’âme entière résonnant de ces vibrations chamaniques, la chevelure de Michaela dansant au rythme de son tambourin, David attisant le feu du duende, Daran et sa douleur sourde rayonnant dans un cri déchirant, le son d’une Fender Jazzmaster morriconienne…messieurs madame, vous avez tatoués mon âme et pour tout ça merci beaucoup.

Merci beaucoup à l’équipe de la MCL Gérardmer de nous avoir permis de vivre ces moments de grâce.

Un dernier petit aperçu de Daran live, je ne lui ferai pas l’affront d’une vidéo iphone au son tout pourrave, voici le teaser officiel 😉

Bonus tracks : Une vidéo du concert de Gérardmer, filmée par M. Phil Soup (merci à toi), Daran chante « Le Hall de l’hôtel », fin du concert, juste avant les nombreux rappels :

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midlake

Disons le tout net, je n’attendais pas grand chose du prochain album de Midlake. 3 ans après un  » The Courage of others » encensé par la critique indie mais que j’avais trouvé trop pompeux et mélancolique, le groupe revient avec un cinquième album,  » Antiphon« . Je ne donnais pas cher de ce disque, surtout suite au départ de leur leader Tim Smith, mais force est de constater que nos musicologues texans ont su rebondir et se renouveler. Sortant d’un style folk progressif un rien pénible, les américains mettent la barre à fond vers le psychédélisme. Rien de bien original à l’ère du revival psyché californien me direz-vous…sauf que Midlake s’inspire ici beaucoup plus du space rock européen que de l’acid rock west coast. Le guitariste Eric Pulido reprend le micro avec talent et harmonise sa voix à merveille avec celles de ses compagnons. Les compositions sont bien emmenées, classiques mais magnifiées par une production impeccable. Pour sûr, nous sommes loin de l’indie lo-fi des débuts…

Antiphon est un disque planant, surranné, bien dans notre époque de musique vintage mais il soigne parfaitement les bleus et le vague à l’âme d’une actualité des plus déprimante tant il sait nous envelopper dans une bulle confortable. Voila pour moi, un des albums les plus planants de l’année 2013.

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