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Archive for février 2019

Mon top 2018

Quels sont les albums édités en 2018 qui ont le plus tourné et tournent encore sur ma platine. Soyons bref et concis, j’en retiens réellement 5 à la coloration très « british » :

Top 5 : Vessel of Love / Hollie Cook. Merge Records, 2018.

Pour son troisième album, Hollie Cook poursuit dans sa veine « tropical pop ». Mélodiste affûtée, voix de velours, goût prononcé pour les ambiances psychédéliques, elle produit ici un album sensuel, empli de bonnes vibrations mais envoûtant et puissant comme un rhum caribéen ! De disques en disques elle ne cesse d’étonner par la variété de cordes à son arc. Véritable hymne vivant au métissage londonien, cette fille d’un ancien Sex Pistols et d’une chanteuse des Belle Stars personnifie joliment le pont jeté entre deux mondes, entre deux pop music.

Top 4 : Songs of Praise / Shame. Dead Oceans, 2018.

La perfide Albion garde cette aptitude de pouvoir tous les ans nous apporter une nouvelle pépite rock, la capacité à pondre des groupes excitants qui distilleront quelques mois de magnifiques singles avant de lâcher un LP explosif suivi d’une tournée dantesque. Janvier 2018, comme le dit le respectable gentleman-farmer de la vidéo, les 5 punks ont débarqué, ils n’aideront pas à la ferme, ils sauront se rendre insupportables et ne repartiront pas sans avoir tout ravagé sur leur passage !

Top 3 : Tell me how you really feel / Courtney Barnett. Marathon Artists/Milk! Records, 2018.

« Lotta sea Lice », en duo avec ce brigand de Kurt Vile, summum de la coolitude extrême, avait fait bouillonner la planète indie en 2017. Il confirmait la montée en puissance de cette jeune rockeuse australienne talent-tueuse et bravache. « Tell me how you really feel » enfonce le clou avec des titres alternant punk-pop et morceaux plus introspectifs voire sombres. Adoubée par Kim Deal qui vient faire les chœurs sur « Nameless, Faceless », parfait mélange de Neil Young, Kurt Cobain et PJ Harvey, Mme Barnett est une synthèse de ce que l’indie rock peut encore produire de meilleur en 2018 !

Top 2 : All nerve / The Breeders. 4AD / Beggars France, 2018.

Muhuhu… quelle habile transition indie entre le Padawan Barnett et le Jedi Kim Deal…je m’en félicite…

Je ne vous fais pas l’insulte de vous resituer The Breeders et les soeurs Deal, leurs 4 albums mythiques, les racines Pixiesques, le vilain Black Francis, la drogue, l’alcool, les hommes faciles…blah blah blah comme dirait Iggy… Non « All nerve » est une déflagration indie, le retour du rock alternatif US au féminin, comme on l’aime avec la grande gueule de Kim ! 11 titres ciselés mais plus variés que par le passé, 33 minutes de bonheur, une reprise d’Amon Düül II, un Steve Albini impeccable aux manettes et une jeune choriste dénommée Courtney Barnett…merci merci Père Noël !

Top 1 : Joy as an act of resistance / Idles. Partisan Records, 2018.

Le groupe de Joe Talbot avait fait une entrée fracassante dans la Punk-Rock Arena en 2017 avec l’abrasif et virulent « Brutalism », meilleur album punk de l’année et de loin. Les amateurs de métaphores automobiles attendaient le groupe au tournant du second album, véritable épingle à cheveu que notre ami Talbot a réussi à passer brillamment mais à l’ancienne, violemment, en tirant brutalement le cable ! Heureusement pour nous, la Samba Rally n’a rien (désolé je ne pouvais pas résister…), elle a passé le virage brillamment et roule désormais à tombeau ouvert vers le succès mérité !

La puissance musicale est présente, les riffs sont acérés, tendus. On sent le groupe sur la corde raide, le sentiment de l’urgence à communiquer sur des hommes qui vivent mal dans un monde qui va mal. Talbot scande, éructe son malaise, son mal-être d’évoluer dans le monde du Brexit, du racisme, de l’homophobie, de la mort. Sans tomber dans le pathos il nous émeut, nous parlant de la perte de sa fille. Il aborde des thèmes graves avec humour et des thèmes légers avec gravité…gage d’une belle intelligence !

« Joy as an act of resistance » est un manifeste de révolte pour tous ceux qui refusent de s’avouer vaincus contre la bêtise. Pour terminer donc, à titre d’exemple, le jouissif « Danny Nedelko » hymne à la tolérance et à l’accueil des migrants.

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