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Archive for the ‘World’ Category

Massilia

Pour ses 30 ans, le collectif marseillais aurait pu sortir une fade compilation,  mais jamais en panne d’inspiration, les troubadours occitans rendent un nouvel hommage à l’antique Massilia avec un album splendide.

Durant trois décennies, Massilia Sound System aura défendu Marseille, sa culture du métissage au travers d’une musique reggae chantée en occitan. A l’image d’une ville ouverte sur le monde, leur musique s’est continuellement parsemée d’emprunts aux musiques traditionnelles méditerannéennes, indiennes mais également au rock et à l’électro.
De cette bouillabaisse improbable sort un nouveau chef d’oeuvre solaire, entraînant, souriant, un disque de « collègues » qui va vous aider à passer ce long hiver !

Une petite présentation de l’album en vidéo :

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Talé

Talé / Salif Keita. Emarcy, 2012.

Légende vivante de la musique malienne, sage parmi les sages, Salif Keita ne sort de sa retraite uniquement que pour nous gratifier de pépites musicales dont il a le secret.

Et c’est bien encore le cas avec « Talé » où le prince malien s’associe avec Philippe Cohen-Solal, tête pensante des mythiques « Gotan Project ». Ce duo de génies de la composition accrocheuse a accouché d’un album d’une sonorité époustouflante, faisant swinguer l’instrumentarium mandingue au milieu de textures électroniques.

Ajoutez à cela, la participation de pointures telles que Manu Dibango au saxo, Esperanza Spalding à la contrebasse, Bobby McFerrin au chant et vous obtiendrez un disque de musique africaine du 21ème siècle, d’un équilibre exceptionnel entre tradition et modernisme.

Avec cet album, faites moi confiance, vous allez mettre vos oreilles en vacances !

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Fin septembre, un vent tropical s’est levé sur la perle des Vosges.  Dans le cadre de la saison culturelle de la Ville de Gérardmer, a eu lieu le 29 septembre 2012 une soirée « musiques du monde », avec AISSATE et MORIK. L’espace d’une soirée, le lac a ainsi eu des allures de mer caraïbe.

Deux artistes se sont suivis sur la petite scène de l’Espace Lac, la chanteuse vosgienne Aissate et le guadeloupéen Morik.

Aissate est une jeune Thillotine d’origine Mauritanienne qui chante en français et en peul. Avec un groupe survitaminé, elle a mis le feu en proposant un mélange d’afro-beat, de rock et de reggae. Particulièrement remarquée pour ses textes fins et engagés, Aissate se démarque également par une touchante sincérité et une interprétation toute en nuance, entre insolence, défi, douceur et malice. Elle nous a ainsi fait remuer au son de son troisième album « Mieux vaut rire ». Accompagnée par des pointures du niveau de Bernard Brand, son charismatique bassiste-arrangeur, elle a montré une belle présence scénique et est même parvenue à faire danser nos timides géromois ! Je vous recommande chaudement « Mieux vaut rire » qui vous apportera la chaleur mauritanienne au coeur de l’hiver qui vient.

Indigène / Aissate

Elle était suivie par l’excellent Morik, lui aussi accompagné par de magnifiques musiciens dont un clavier à l’impeccable toucher cubain ! Pierrot lunaire hors de scène, Morik devient solaire sous les projecteurs. Sa gouaille commence par vous dépayser tandis que son reggae créole aux pépites latin-jazz vous fait entrer doucement  dans la vibe. Vous n’y croyez pas mais vous finissez par vous retrouver à rouler des hanches sur la piste, maléfice antillais…

Morik travaille actuellement son second album, en cours de mixage, avec les célèbres frères Fanfan. On peut trouver encore son premier album « Tropicalimenté » sur son site @ ainsi qu’un EP du tonnerre…mais pour cela il faudra aller le voir sur scène. Cela ne devrait pas trop vous coûter, surtout vous mesdemoiselles, car l’artiste est beau gosse et  les yeux brillants dans la nuit des géromoises samedi dernier étaient là pour le confirmer !

Koulé an nou / Morik

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Comme le dit Gérard Viel dans Trad’Mag, les 17 Hippies sont en train d’écrire la nouvelle musique européenne de demain. Il a bien raison. On sait maintenant, que la musique folk européenne d’aujourd’hui est le fruit du melting pot musical, créé par les musiciens européens immigrés aux USA au 19ème,  mélangé aux influences indiennes et africaines puis rendu via le vinyle aux oreilles européennes. Mais le centre névralgique de la création musicale continentale s’est déplacé à Berlin en 1989 avec la chute du mur et les très berlinois 17 Hippies en sont la belle illustration.

Mais au delà des considérations musicologiques, leur Berlin Style, mélange de klezmer, de traditions balkaniques, latines et françaises, cette musique de baloche foutraque, héritière des délires kusturiciens vous file une sacrée patate !

Car cette joyeuse fanfare compte jusqu’à une trentaine d’instrumentistes, cuivres, bois, percussions, cordes, accordéons, cornemuses qui vous dynamitent du folk stratosphérique. Leur 10ème album, « Phantom Songs » ne déroge pas à la chouette recette. Des chansons en français, allemand et anglais passent du swing aux ambiances mariachis, de la romance à la sarabande. J’aime par dessus tout les chansons chantées par Kiki Sauer, qui me rappelle par bien des aspects la regrettée  Lhasa de Sela.

Alors éteignez tv et radios, laissez les angoisses terroristes, oubliez ces médiocres politiques et venez danser, rêver, comme des hippies, sur cet album de chansons fantomatiques !

Extrait de l’album Phantom Songs : Ton étrangère

Une petite idée de l’ambiance 17 Hippies en live :

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Oubliez la saudade, la mélancolie, le fado, les femmes en noir ! Oquestrada envoie bouler tous les clichés portugais et en bon groupe de bal fait feu de tout bois. Avec son « Tasca Beat », le son de la paillotte, le petit bistrot du bord de mer, c’est la Lisbonne populaire qui explose en un feu d’artifice musical. Riche des mélanges d’un port ouvert sur l’Europe, l’Afrique et les Antilles, c’est tout Lisbonne qui guinche sur des accordéons musette, chaloupe une bossa nova langoureuse pour rebondir sur des accords de fanfare balkanique ! A la baguette, Oquestrada et la piquante Marta Mirandaqui va vite vous faire oublier la chute des températures automnales !

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Aujourd’hui, je tire un grand coup de chapeau à Boubacar Traoré, un des plus grands musiciens africains. Né à Kayes au Mali, en 1942, il devient une immense star dans les 60’s quand le Mali accède à l’indépendance. On l’entend alors partout sur les ondes chanter la liberté. Malheureusement, il ne sort pas de disques et un changement de régime le contraint à l’exil en France et en Angleterre où il sombre dans l’oubli.

Heureusement pour nous, à la fin des années 80, un journaliste anglais va tomber sur des enregistrements de Boubacar à Radio Mali. Enchanté par la musique de Kar Kar, il décide de le retrouver pour le signer. Ainsi ce grand guitariste sortira « Mariama » son premier album en 1990.

Suivront les albums « Kar Kar », « Les enfants de Pierrette », « Sa Golo », « Macire », « Kongo magni », jusqu’à « Mali Denhou » son dernier album qui vient de sortir début 2011.

Avant tout, Boubacar est un grand guitariste de blues. Certes son blues est africain, plus exactement mandingue. Il adapte à la guitare folk, les techniques et gammes utilisées sur la Kora malienne et y ajoute les gammes habituelles du blues américain. Tout cela sonne merveilleusement grâce à son toucher sensible. Sans esbrouffe, avec originalité, il redonne vie à une langue morte, celle de la guitare blues.

Mais par dessus tout, il y a la voix. Elle n’est pas extraordinaire, elle est à l’image du bonhomme, humble mais profonde, riche d’intonations. Surtout, cette voix chante les joies et les peines du peuple malien, le dureté de la vie et la vaillance des coeurs. Evidemment, on ne comprend pas un traitre mot de ce qu’il chante mais on saisit le sens profond de cette musique. Kar Kar chante pour réparer. Il nous soigne, nous lave de nos peines. Avec « Mali Denhou », en un peu moins d’une heure, vos soucis s’envolent. Boubacar Traoré est un grand père idéal ! Il sort un disque, part en tournée puis rentre chez lui, cultiver son lopin de terre, nourrir ses moutons…comme le vrai et dernier bluesman rural qu’il est !

Extrait de Mali Denhou, Minuit / Boubacar Traoré

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Pour bien commencer l’année et avec tous mes voeux, voici ma première chronique 2011 !

Amira Medunjanin et Merina Kljuco, deux jeunes artistes bosniaques, revisitent le magnifique répertoire traditionnel bosniaque. Avec l’album Zumra, Amira nous fait découvrir la Sevdalinka, le genre musical bosniaque par excellence.

Ces chants d’amour mélancoliques célèbrent la passion, la folie, la fatalité et font de la Sevdah, le fado de l’Est, la saudade balkanique. La voix haute, claire et profonde d’Amira est suivie par l’accordéon riche d’ornementations de Merina Kljuco. A deux,elles cisèlent une zumra, une émeraude qui jette milles feux, d’amours malheureux avec les titres « Kradem ti se » et « Simbil Cvece », de guerres fratricides avec « Sevdah », de sensualité avec « Okreni se niz dul-bascu ».

Malgré la barrière de la langue, ce disque nous parle car Amira sait nous faire partager l’universalité de la culture bosniaque. Riche du mélange des cultures slave, turque, tzigane et juive, la Sevdah parle à notre conscience collective.  Toute la folie passionnée de l’âme  yougoslave s’y trouve et vous emporte.

Zumra / Amira Medunjanin et Merina Kljuco. World Village, 2010.

En extrait vidéo : Kradem ti se

Imka, où que tu sois, ce billet t’est dédié avec toute mon amitié.

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