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Posts Tagged ‘Blues-rock’

daran

Lorsque nous cherchons à résumer nos vies, arrivés à des points-bilans, on se rend compte qu’il est souvent plus facile de le faire en musique. Nos vies sont des bandes-sons, patchworks électriques comme dirait Paul Personne, assemblages de mélodies et de lignes de chants.

Il est ainsi des morceaux qui éclaboussent de couleurs notre existence et des artistes dont l’univers en  constitue la trame, sorte de fils conducteurs nous guidant dans les moments difficiles, quand le ciel est sombre. Pour moi, Jean-Jacques Daran fait partie de ces artistes là, chefs d’orchestres de ma psyché musicale.

Depuis « 8 Barré » en 1995, deuxième album de Daran et les chaises et les 5 albums qui ont suivi, dont le gigantesque « Augustin & Anita » véritable pierre angulaire du rock francophone, Daran m’a accompagné.

Pourquoi Daran ? Parce que personne dans l’univers du rock français n’a cet impact vocal. La voix de Daran est un  fleuve charriant des émotions et nombre de paroliers ne s’y sont pas trompés. Tout au long de sa carrière, Daran a sublimé les textes magnifiques, sensibles, écorchés d’Alana Filippi et de Pierre-Yves Lebert auxquels sont venus s’ajouter avec bonheur des pigistes de la carrure de Miossec.

Quelque peu fâché avec l’hexagone pour des raisons politiques et personnelles, Daran s’est installé au Québec en  2010. Comme il l’expliquait au journal québécois Le Devoir : « «Je m’auto-expulse! Sérieusement, il y a une vie ici qu’il n’y a plus à Paris. Une vie de musicien. Ici, ça joue dans tous les coins pour le plaisir de jouer. Il y a une culture « indie ». Des émergents partout. À Paris, je vois pas d’émergents nulle part. À Paris, t’as trois endroits pour jouer avec les copains, où tu paies l’équivalent de vingt dollars le verre. Pour moi, il ne peut pas y avoir de création artistique si tu ne peux plus aller voir un concert pour le prix d’une bière.» »

Déjà très discret médiatiquement, Daran a ainsi totalement disparu du paysage français. Le microcosme musical consanguin parisien voulant que tout artiste soit mort artistiquement dès qu’il s’éloigne de la capitale, son dernier album « L’Homme dont les bras sont des branches » n’a eu quasiment aucun écho de ce côté ci de l’Atlantique. Sorti en Février 2012, disponible seulement en import, ce bijou de rock bluesy aurait mérité meilleur sort tant il fait honneur à la discographie impeccable du bonhomme.

« L’Homme dont les bras sont des branches » navigue en nuances, entre la caresse et la claque, la force et la faiblesse, la joie et la colère. Jamais soumis, il apporte cette dose d’engagement pesé sans empesage et toujours le lyrisme de cet écorché de 50 balais qui nous envoie valdinguer maintenant dans ce grand nord québécois, son « grand poumon d’air frais ».

Remède à la douleur, à la résignation, au poison de cette grisaille intellectuelle que l’on nous instille patiemment dans notre vieille hexagone en décomposition, Daran vous offre sa musique comme on ouvre ses bras à un ami. Alors n’ayez pas peur, ouvrez vos oreilles pour Daran et respirez ce parfum, c’est celui de la liberté, vous sentez ?

En vidéo, le superbe clip du dernier single « Pas Peur »

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Le pur festivalier se réveille ce Vendredi 02 juillet après un Warm-Up endiablé (voir billet précédent). Déja épuisé par une nuit riche en vuvuzelas et hurlements éthyliques néanderthaliens, il n’ a pas les idées très claires. Aidons le à organiser la journée musicale qui l’attend !

Pour cette première journée, je préconise d’attaquer par Bomba Estereo à 16 h sous le chapiteau, un petit coup de cumbia tropicale histoire de se mettre gentiment dans le tempo.

Ensuite, pendant que BB Brunes minaude sur la Grande Scène, la place est libre pour aller à La Plage découvrir le post-punk de Two Door Cinema Club. Signés chez Kitsuné, gage d’une pop fraiche et dansante, les irlandais se placent dans les traces de Bloc Party et Franz Ferdinand, comme des petits-frères joyeux de Editors. Une pointe de mélancolie dans un flot de funk blanc, genre « dancing with tears in my eyes » !

On enchaine avec un peu de métal, Baroness à La Loggia pour un set énergique façon stoner mi punk mi prog qui nous permettra d’attendre la première grosse pointure rock du weekend, les Dead Weather à 19h15 sur la Grande Scène.

Le super groupe réunit le White Stripes Jack White, Alisson Mosshart, la chanteuse des Kills, le guitariste des Queens of the stone age et le batteur des Raconteurs. Ils viendront présenter leur excellent et sulfureux second album Sea of Cowards, du bon son hard blues,  ultra sexué qui va mettre le feu et risque même d’être le concert de cette édition 2010 des Eurocks.

Nostalgie oblige, c’est les yeux encore remplis d’amour pour la féline Alisson que l’on foncera retrouver Suicidal Tendencies à La Loggia. On pourra alors resortir bandanas, van’s et chemises à carreaux pour jumper sur le hardcore « planche à roulette » des ricains. Back to the 90’s donc avant de retourner Grande Scène pour accueillir Kasabian, chef de file brit-pop officiel qui déroulera son set de rock hooliganesque so british à partir de 21h15.

Jusqu’ici tout se déroule bien mais  arrive l’heure du choix cornélien, Foals ou Infectious Grooves. Foals est la grande révélation de ses deux dernières années. Deux albums façon post-punk intelligent les ont de suite placé dans la descendance des Talking Heads. Etiquette méritée tant la fusion réussie par Foals, entre pop, funk et influences africaines et orientales rappelle les grands moments de David Byrne !

Fusion vous avez dit fusion ? Argh… on laissera sans doute Foals en cours de route pour aller assister au final du concert d’Infectious Grooves ! Ca tombe bien, on aura laissé 45 minutes à nos papys funkys pour  se chauffer et on les retrouvera ainsi « chaud braise » pour 20 minutes d’anthologie !

23h40, pause ! On prend le temps de manger un truc et on attend peinard au bar franc-comtois que nos amis de Converge viennent déverser un charter de décibels déstructurés ! Car on termine  cette  journée avec du lourd, du rude, du  hardcore métal punkysant vicieux des plus extremes, les Bostoniens étant ce qui se fait de plus aggressif, complexe et pervers sur la scène métal actuelle !

02h00 du matin, le temps du retour et du repos avant de réattaquer une journée marathon avec un samedi musicalement fabuleux !

Les grands moments du Vendredi en vidéo :

« Die by the drop » des Dead Weather :

« Institutionalized » par Suicidal Tendencies :

« Miami » de Foals :

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Bob Dylan, 68 ans, se produisait hier soir, 21 Avril, au Zénith de Strasbourg. J’y étais, n’en croyant ni mes yeux ni mes oreilles ! J’ai eu du mal à réaliser que cette légende se trouvait devant nous ce soir là à interpréter 50 ans de l’histoire des États-unis. 50 années de chansons américaines dans toute leur puissance d’évocation et de poésie dont est capable le Rimbaud de Duluth !

J’avoue que j’ai longtemps hésité à assister à un concert de Dylan, trop peur de fusiller mon rêve, l’icône rock ultime effritée par un concert de trop, tant on sait le troubadour parfois grincheux !! J’ai pris le risque parce que rien n’est éternel, tenez, son pote Cash, il  est parti sans que j’ai pu l’applaudir non plus comme beaucoup d’autres…

Alors hier soir, c’était géant ! Bob était accompagné de 2 guitaristes, 1 bassiste, 1 lap steel, 1 batterie. Il se tenait sur le coté gauche de la scène, face à ses musiciens tel un chef d’orchestre, debout devant un orgue électrique électrisant. Il y passa les 3/4 du concert, sortant de temps en temps pour empoigner une guitare ou un harmonica. Le programme tournait autour d’extraits du prochain album et aussi du dernier Bootleg Series vol.8 « Tell Tale signs », donc autour des albums  « Time out of mind », « Love and theft », « Modern Times » et « Oh Mercy ». Parmi les pépites extraites de ces albums, quelques morceaux d’anthologie bien sur :  « Masters of war », « Like a roling stone », « Just like a woman »…etc

Ce qui est fabuleux avec Dylan, c’est qu’il ne chante jamais comme on s’y attend ! Il réarrange, réorchestre ses vieux tubes jusqu’à les rendre méconnaissables. Tel un jazzman, il joue de ses propres mélodies et part vers d’autres horizons. On se dit : « Tiens quel morceau génial et si c’était un extrait du prochain ? » Et paf, au détour d’une phrase, on reconnait le morceau, souvent en même temps que les autres fans autour et un frisson parcourt la foule. On a les poils qui se dressent sans qu’un quelconque bateleur nous fasse battre des mains ou faire je ne sais quelle singerie à l’unisson ! Pas besoin de ça le Bob ! Pas besoin de faire son cabot, pour nous faire ronronner !!! Il fallait le voir marteler son orgue, avec quelle conviction il déroulait ses grilles d’accords. L’ambiance musicale générale était assez blues-rock, parfois boogie avec des moments quasi gospel profane. Le public était chaleureux mais sans excès peut être un peu trop de bobos venus écouter Radio Nostalgie ou RFM. Ceux là sont repartis sans avoir rien compris à ce qu’ils avaient entendu n’ayant pas ouvert les oreilles…les mêmes ont sifflé Dylan à Newport en 65 mais c’est une autre affaire…!!

Le fan de Dylan est heureux, il a vu un bon concert, il va aller de ce pas écouter le vol.8 des Bootlegs series et attendre avec impatience la sortie du 54ème album « Together through life », le 28/04/2009 ! Vu la forme que tient le bonhomme, gageons que ce nouvel essai soit encore un coup de maître !

En bonus vidéo, je ne résiste pas à poster un extrait de « Together through life » dont la vidéo officielle est un diaporama de vieilles photos de Brooklyn : Voici donc le magnifique single « Beyond here lies nothin' » :

Pour le fun, ma vidéo préférée de Dylan : Girl from the North Country », 1962, une autre époque !

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Je suis un peu triste, je viens d’apprendre que Jeff Healey est mort d’un cancer dimanche dernier, le 8 mars. Pour ceux qui ne voient pas trop qui il pouvait être, Jeff Healey était un guitariste-chanteur de blues canadien excellent. Il avait pour particularité d’être aveugle et donc de jouer assis avec sa Fender Stratocaster sur les genoux. Le grand public avait aussi pu l’apercevoir en live dans le film Roadhouse Blues avec Patrick Swayze. Reconnu dans le milieu du blues, il avait joué avec les plus grands, Stevie Ray Vaughan ou BB King et était vraiment un as de la 6 cordes. Cette vidéo lui rend hommage (quel groove de dingue…) et moi je vais aller jouer quelques notes de blues maladroite en sa mêmoire. Repose en paix Jeff.

http://www.jeffhealey.com/

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C’est qui ce Monsieur, dis donc Toftaky? Et bien vois-tu mon ami, c’est Calvin Russel le bluesman texan! Je voudrai ici signaler l’excellent dernier album du rocker buriné, « Unrepentant ». Non, le Calvin ne se repent pas et n’est pas près de lâcher l’affaire. Toujours sur la route, ça fait une quinzaine d’années que le Comanche sillonne avec succès les routes européennes et surtout françaises.

Habituellement toujours calé entre country-rock et blues, les compos sur « Unrepentant » semblent vouloir sortir des sentiers rebattus par le patron. Le son est un peu moins roots et plus arrangé façon rock US, ce qui déplaira sans doute aux puristes et ravira tous les autres, heureux de voir notre vétéran ajouter de nouvelles cordes à sa guitare!En plus, il nous gratifie de  belles ballades ricaines qui font dresser les poipoils. Moi j’adore ce type car j’y crois à ses histoires, je regarde sa vieille face ravagée et quand il me chante son « Crossroads », il le chante pour moi aussi parce que des « Crossroads » on a tous les nôtres et quand Calvin prend sa guitare pour les chanter, ils vous reviennent en pleine gueule!! Alors écoutez « Unrepentant » mais aussi « Soldier » et surtout « Dream of the dog » et si vous voulez prendre une bonne claque, ben allez voir Calvin sur scène palsembleu!

Calvin vient nous voir début décembre : Le 4 à Mulhouse (Noumatrouff), le 5 à Paris au Trabendo, le 7 chez Paulette à Toul, le 8 à Stras (La Laiterie)…etc. Amis de l’Est, je vous conseille d’aller le voir Chez Paulette, mythique salle de concert où défilent depuis des décennies la fine fleur du blues, mondial le blues…

Petit clin d’oeil à Paulette : http://www.paulettepubrock.com/ 

Le site au Calvin : http://www.calvinrussell.net/

Une interview ( pour les texanophones…) :

Un grand classique du gars :

 

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