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Mon top 2018

Quels sont les albums édités en 2018 qui ont le plus tourné et tournent encore sur ma platine. Soyons bref et concis, j’en retiens réellement 5 à la coloration très « british » :

Top 5 : Vessel of Love / Hollie Cook. Merge Records, 2018.

Pour son troisième album, Hollie Cook poursuit dans sa veine « tropical pop ». Mélodiste affûtée, voix de velours, goût prononcé pour les ambiances psychédéliques, elle produit ici un album sensuel, empli de bonnes vibrations mais envoûtant et puissant comme un rhum caribéen ! De disques en disques elle ne cesse d’étonner par la variété de cordes à son arc. Véritable hymne vivant au métissage londonien, cette fille d’un ancien Sex Pistols et d’une chanteuse des Belle Stars personnifie joliment le pont jeté entre deux mondes, entre deux pop music.

Top 4 : Songs of Praise / Shame. Dead Oceans, 2018.

La perfide Albion garde cette aptitude de pouvoir tous les ans nous apporter une nouvelle pépite rock, la capacité à pondre des groupes excitants qui distilleront quelques mois de magnifiques singles avant de lâcher un LP explosif suivi d’une tournée dantesque. Janvier 2018, comme le dit le respectable gentleman-farmer de la vidéo, les 5 punks ont débarqué, ils n’aideront pas à la ferme, ils sauront se rendre insupportables et ne repartiront pas sans avoir tout ravagé sur leur passage !

Top 3 : Tell me how you really feel / Courtney Barnett. Marathon Artists/Milk! Records, 2018.

« Lotta sea Lice », en duo avec ce brigand de Kurt Vile, summum de la coolitude extrême, avait fait bouillonner la planète indie en 2017. Il confirmait la montée en puissance de cette jeune rockeuse australienne talent-tueuse et bravache. « Tell me how you really feel » enfonce le clou avec des titres alternant punk-pop et morceaux plus introspectifs voire sombres. Adoubée par Kim Deal qui vient faire les chœurs sur « Nameless, Faceless », parfait mélange de Neil Young, Kurt Cobain et PJ Harvey, Mme Barnett est une synthèse de ce que l’indie rock peut encore produire de meilleur en 2018 !

Top 2 : All nerve / The Breeders. 4AD / Beggars France, 2018.

Muhuhu… quelle habile transition indie entre le Padawan Barnett et le Jedi Kim Deal…je m’en félicite…

Je ne vous fais pas l’insulte de vous resituer The Breeders et les soeurs Deal, leurs 4 albums mythiques, les racines Pixiesques, le vilain Black Francis, la drogue, l’alcool, les hommes faciles…blah blah blah comme dirait Iggy… Non « All nerve » est une déflagration indie, le retour du rock alternatif US au féminin, comme on l’aime avec la grande gueule de Kim ! 11 titres ciselés mais plus variés que par le passé, 33 minutes de bonheur, une reprise d’Amon Düül II, un Steve Albini impeccable aux manettes et une jeune choriste dénommée Courtney Barnett…merci merci Père Noël !

Top 1 : Joy as an act of resistance / Idles. Partisan Records, 2018.

Le groupe de Joe Talbot avait fait une entrée fracassante dans la Punk-Rock Arena en 2017 avec l’abrasif et virulent « Brutalism », meilleur album punk de l’année et de loin. Les amateurs de métaphores automobiles attendaient le groupe au tournant du second album, véritable épingle à cheveu que notre ami Talbot a réussi à passer brillamment mais à l’ancienne, violemment, en tirant brutalement le cable ! Heureusement pour nous, la Samba Rally n’a rien (désolé je ne pouvais pas résister…), elle a passé le virage brillamment et roule désormais à tombeau ouvert vers le succès mérité !

La puissance musicale est présente, les riffs sont acérés, tendus. On sent le groupe sur la corde raide, le sentiment de l’urgence à communiquer sur des hommes qui vivent mal dans un monde qui va mal. Talbot scande, éructe son malaise, son mal-être d’évoluer dans le monde du Brexit, du racisme, de l’homophobie, de la mort. Sans tomber dans le pathos il nous émeut, nous parlant de la perte de sa fille. Il aborde des thèmes graves avec humour et des thèmes légers avec gravité…gage d’une belle intelligence !

« Joy as an act of resistance » est un manifeste de révolte pour tous ceux qui refusent de s’avouer vaincus contre la bêtise. Pour terminer donc, à titre d’exemple, le jouissif « Danny Nedelko » hymne à la tolérance et à l’accueil des migrants.

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14 février 1976 : les Sex Pistols sont au studio d’Andrew Logan. Le jour de la St Valentin, ce sculpteur renommé  invite les huiles du monde artistique et toute la jet-set du moment dans son atelier pour une fête.

Les Sex Pistols sont recrutés pour être l’animation musicale et visuelle, Logan en aura pour son argent. Un Rotten gavé d’acide et de speed admoneste un public interloqué, détruit tout ce qui lui tombe sous la main. McLaren, pour ajouter au chaos, envoie sur scène une de ses vendeuses, la punkette Jordan.

 

 

 

 

 

 

 

Dansant devant le groupe, elle est peu à peu déshabillée par un Rotten lubrique pendant que le groupe reprend No Fun des Stooges à plein volume. Ce concert-happening destroy a lieu devant tout ce que la ville compte de journalistes branchés ébahis. Le lendemain, photos et articles font une publicité inespérée au groupe. McLaren a réussi son coup, les Pistols sont des stars. Durant toute la courte carrière du groupe, il va s’ingénier à déclencher scandales sur scandales, bagarres, interviews saignantes.

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Previously on Punk & New Wave :

Bernie Rhodes présente John Lydon à Malcolm McLaren. Celui-ci organise une rencontre entre Jones, Cook, Matlock et John Lydon dans un pub miteux de Chelsea. Il organise une audition devant le juke box de la boutique. Le futur Rotten passe le test avec succès, la formation séminale des Pistols est rassemblée.

Le premier concert des Sex Pistols :

Glen Matlock est étudiant à la St Martin’s School of Art, il réussit à faire programmer son groupe en première partie de Bazooka Joe, obscur groupe de rock local.

Malcolm McLaren met alors en place la diabolique stratégie marketing qui mènera ses troupes à l’assaut de la conservatrice Albion. Il troque le nom « The Swankers » pour quelque chose de plus percutant. Désireux de  créer un événement chaotique, nihiliste, haineux, susceptible de marquer les esprits et surtout d’accompagner la révolution stylistique mise en place à Sex, il rebaptise le groupe « Sex Pistols ».

Outil de promotion pour ses fringues ou cheval de Troie de ses idées situationnistes, disons plutôt que le groupe lui servira à assouvir sa cupidité et son désir de propager le chaos !

Le 06/11/1975, les Sex Pistols montent sur la scène. Adam Ant, chanteur de Bazooka Joe raconte : « Ils sont entrés comme un gang : on aurait dit qu’ils n’en avaient rien à foutre de personne. John portait un pantalon baggy rayé avec des bretelles et un T-shirt déchiré sur lequel il avait écrit « I hate Pink Floyd ». Jones était tout petit, il ressemblait à un jeune Pete Townshend. Matlock avait un pantalon avec des tâches de peinture et un haut de femme en cuir rose. Paul Cook ressemblait à Rod Stewart, un vrai petit mod (…) A la fin du concert, Rotten insulta Bazooka Joe en disant qu’on était qu’une bande de sales cons. »

Ainsi donc Johnny Rotten haineux siffle sa rage à une foule d’étudiants en art peu préparés à recevoir autant de haine et de frustration. Ils jouent 5 titres puis sortent sous les huées. McLaren a ce qu’il voulait, on allait parler de lui et de son groupe.

Anarchy in the UK (live 1976) :

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Comment sont nés les Sex Pistols ? Comment McLaren a-t-il réussi à mettre en pratique sa théorie du chaos? Tout va se jouer en Août 1975 à King’s  Road !

Parmi la clientèle de « Sex » gravitent trois jeunes délinquants, membres d’un groupe néo-mods, The Swankers. Le leader s’appelle Steve Jones, hooligan et délinquant surdoué, c’est un gamin des rues au casier judiciaire déjà conséquent.

Avec Paul Cook et Wally Nightingale, ils sont spécialisés dans la fauche d’instruments de musique. Leur plus haut fait d’armes sera d’ailleurs de voler  le matériel de David Bowie, démontant et emportant une partie de la sono la veille du concert dans une camionnette volée…

Motivés et donc armés d’instruments et de tout ce qu’il faut pour faire un maximum de bruit, ils se mettent en quête d’un manageur.

Attirés par un article élogieux de Nick Kent du NME sur Malcolm McLaren, il insiste pour que celui-ci prenne en main leur destinée. Celui-ci accepte et commence son travail d’orfèvre. Il vire un Nightingale trop léger pour le poste et le remplace par un vrai bassiste, Glen Matlock, qui était alors vendeur à la boutique.

Matlock est un bon musicien dont la vocation fut déclenchée par un concert des New York Dolls en tournée à Londres. L’apparent amateurisme des Dolls lui fit entrevoir la possibilité de se lancer dans la musique.

Paul Cook quant à lui, garde la batterie. Steve Jones est à la guitare mais est trop mauvais pour chanter en même temps. De toute façon, McLaren sait qu’il lui faut un chanteur plus charismatique. Il tente de débaucher tout d’abord Sylvain Sylvain ex New York Dolls sans succès puis Richard Hell qui préfère rester avec Television. Et sous le conseil de Nick Kent (le journaliste fit partie du groupe pendant trois mois), ils tentent même de recruter Iggy Pop en partance des Stooges. Mais celui-ci est bien trop abimé par l’héroïne. Après plusieurs castings de mômes terrorisés par la bande de malfrats allumés en face d’eux, Malcolm découvre grâce à Bernie Rhodes (futur manager des Clash) le jeune et frêle John Lydon

Mais qui est ce Lydon ?

Né le 31 janvier 1956, de parents immigrantsIrlandais catholiques, Il grandit dans une cité à Finsbury Park, au nord de Londres avec trois plus jeunes frères. À l’âge de sept ans, il contracta une méningite, en buvant de l’eau souillée par de l’urine de rat. L’infection le plongea dans un coma intermittent pendant 6 mois et effaça en grande partie sa mémoire. Il dût tout réapprendre à zéro.

La maladie lui laissa une cambrure permanente au niveau de la colonne vertébrale. Elle endommagea aussi sa vue, ce qui explique son regard si particulier. Petit et bossu, son physique peu avantageux va l’obliger à se construire une carapace. Ecolier très intelligent, mais très indépendant, il est bon élève mais trop souvent viré pour ses absences ou son insolence.

En 1972, il assiste à une tournée d’Iggy Pop en passage à Londres. Le spectacle fascinant et  pathétique donné par un Iggy plus junkie épileptique que jamais lui donnera plus tard les bases de son jeu de scène.  A l’école buissonnière, il va rencontrer John Simon Ritchie, futur Sid Vicious, qui deviendra son compère de galère. Alors tous deux lycéens, c’est à ce moment là que Lydon et Ritchie décident de couper leurs cheveux et de les hérisser. Lydon va même jusqu’à utiliser des colorations textiles, il troue ses vêtements et s’habille comme un clochard. Virés de chez eux et de l’école, ils s’installent dans des squats, consomment et vendent des amphétamines et font toute sorte de petits boulots. Leur insolence et leur look atypique leur valent de fréquentes raclées dans la rue. John Lydon se le rappelait avec amertume lorsqu’il disait à un journaliste de Mojo :

« Ecoute j’ai dû gagner mes galons pour devenir punk et les autres ont débarqué là –dedans comme des fleurs. Ils n’ont pas vécu les premières années punitives. »

En trainant leurs guêtres du coté de King’s Road, quartier prisé des jeunes rockers londoniens, John et Sid vont être donc remarqués.

L’audition de Lydon :

Bernie Rhodes présente John Lydon à Malcolm McLaren. Celui-ci organise une rencontre entre Jones, Cook, Matlock et John Lydon dans un pub miteux de Chelsea. Au premier regard, Jones et Cook détestent Lydon. Ce fait interpelle McLaren qui sent pouvoir tirer parti de ces ondes négatives. Il organise une audition devant le juke box de la boutique. Lydon, tout en provocation, massacre « I’m eighteen » d’Alice Cooper. Son effrayante interprétation convainc McLaren, il est engagé. Ses collègues, toujours aussi amicaux, le rebaptiseront Johnny « Rotten », rapport à  l’état de ses dents.

Eté 1975, les Swankers sont nés, la légende est en marche.

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