Feeds:
Articles
Commentaires

Posts Tagged ‘Daran’

maxresdefault

Un concert de Daran c’est toujours un grand moment encore plus quand il se fait intimiste, acoustique, dans sa bulle. Sur la tournée 2015, il porte jusqu’à nous son nouvel album « Le Monde Perdu », en toute simplicité, guitare-harmonica-effets et voix, homme orchestre décharné mais incarné par ses personnages tantôt fantomatiques tantôt magnifiques. L’artiste s’efface de plus en plus au profit de son oeuvre, se dépouille des oripeaux du cirque rock & roll et c’est bienvenu car cela nous révèle puissamment l’interprète ainsi que la qualité des textes de Pierre-Yves Lebert.

Mais sur cette tournée, Daran a innové.

On lui connaît un intérêt pour le dessin, son album compilation « Couvert de poussière » était sorti en 2009 accompagné d’un album de BD dessiné par Michel Alzéal. Sur cet album, Alzéal dessinait une histoire originale par chanson. En 2010, il essaya d’aller plus loin dans le multimédia avec un concert BD au « Cabaret du Musée Juste pour rire », Alzéal tenta d’illustrer à mesure chaque chanson, une caméra au-dessus de sa table relayant le dessin. Le concept était là, inabouti, mais restait à l’améliorer.

Sur les concerts 2015, Daran emmène avec lui la dessinatrice Geneviève Gendron qui réussit la prouesse technique d’illustrer sur un écran graphique toutes les chansons de Daran, dessinant sur sa tablette graphique par dessus un film monté pour le spectacle. L’illustratrice  joue avec le film, intensifie, rebondit sur le flux d’images donnant de la substance au monde de Jean-Jacques Daran et lui, one man band, navigateur solitaire, aux commandes d’un vaisseau électro-acoustique emporte dans son sillage les âmes écorchées vives par ses conteries. On s’approche ici d’une oeuvre d’art totale, c’est l’immersion garantie hors du réel dans un espace temps qui n’appartient qu’à ces deux grands artistes !

Alors ne ratez pas les dernières apparitions françaises de ce spectacle époustouflant : le 07/12 à Paris dans le cadre du Festival Aurores Montréal, le 08/12 à Beaucourt dans le 90 et le 09 à Avignon au Capitole.

Read Full Post »

Daran balanceQuelle soirée, que d’émotions pour moi hier soir ! Bénévole occasionnel à la Maison de la Culture et des Loisirs de Gérardmer, j’avais répondu samedi, à l’appel de Marc Genatio, programmateur en chef de ce petit caf-conc sans pareil dans les Hautes-Vosges.

La MCL géromoise recevait une véritable pointure ce 15 Novembre, en la personne de Daran. Les habitués de ce blog savent en quelle estime je tiens Mister Daran, j’ai déjà eu en effet l’occasion de dire ici ou que je le considérais comme le meilleur interprète de rock français en activité.

Appelé à officier aux fourneaux, histoire de nourrir une assemblée sympathique de musiciens, techniciens et membres de l’équipe MCL , j’ai donc eu l’occasion de pouvoir observer de près mon idole, toute réserve et discrétion gardée bien entendu. Après avoir concocté un petit repas avec l’aide d’une équipière de choc et de charme (la Meuse en force), nous avons ainsi pu assister à une soirée de musique exceptionnelle dans les meilleures conditions.

Fergessen

A 21h30 tapante, le duo de feu Fergessen attaquait la première partie par la face Nord, devant un parterre à l’énergie communicative. Quelque peu estomaqués par la présence d’un public dense, proche, à l’écoute, avide de partage musical, David et Michaela, tendus mais généreux dans l’effort, laissaient peu à peu le trac se diluer dans leurs arabesques vocales. Et le couple de partir dans un sensuel dialogue, tango musical à fleur de peau faisant monter la température d’une salle en ébullition. Portés par la ferveur d’une assistance conquise, Fergessen largua les voiles et déroula les meilleurs titres de Far Est, son dernier album. Rarement première partie nous sembla aussi courte et malgré la demande insistante d’un bis, Fergessen céda la place, contrat rempli, libérant cette foule surchauffée, prête à embarquer sur le vaisseau du pêcheur de pierres !

21h45, Daran attaque la scène encadré de son gang de fieffés québécois, ovationné par une salle totalement acquise. Sobre, incisif, sans esbrouffe mais toujours sur le fil du rasoir, Daran nous saisit avec douceur, nous décolle du sol et nous embarque dans sa nouvelle aventure : « L’Homme dont les bras sont des branches ». Les magnifiques compositions du dernier album vont s’enchainer, portées par une formation impeccable. Sur des titres splendides comme « Il y a un animal » ou le « Hall de l’Hôtel », Daran atteint les sommets du Bashung de la Tournée des Grands Espaces. Dans ces moments là, je serre les dents, ça commence à déborder…

IMG_1683

Mais le boxeur a trouvé la faille, il redouble d’effort, travaille au coeur, aux tripes. Il va vite faire sauter les barrières, les carapaces cèdent et quand retentissent les chefs d’œuvres par vagues alternées,  « Olivia », « Anatomique », « Augustin et Anita », « Dormir dehors » l’audience est transportée depuis longtemps, en orbite courbe au dessus du Hohneck ! Pour ma part, je n’ai pu  retenir quelques larmes tant cette musique me parle et me renvoie à ce que je suis profondément. C’est à ça que l’on reconnait un vrai chanteur populaire et talentueux, éveiller des émotions dans le cœur des gens. Mais attention, pas de ces sentiments faciles manipulés par les grosses ficelles du barnum pop music, on est pas dans la variéte.

Non, l’œuvre de Daran est profonde, elle fait sens dans ce  qu’elle révèle de notre humanité et de la dualité inhérente à notre mortelle condition. Et c’est en cela que ce chanteur est un véritable artiste, des heures après son passage, nous sommes encore habités de son art. Prométhée contemporain, il nous a transmis un savoir divin, introspectif, comme si de rien n’était. Et ses paroles ont une incidence, elles pointent nos contradictions, nous placent devant nos responsabilités, nous qui sommes tellement infantilisés par ailleurs.

Surtout, et je sais que c’est quelque chose que je partage avec nombre de fans de Daran, je n’en serais pas là aujourd’hui, à tant aimer la vie, si je n’avais pas été porté, dans les sales moments, par sa musique. Au bord du gouffre, une simple note, un vers, un cri sincère dans un micro peuvent vous empêcher de dévisser et tout cela je l’ai trouvé dans les disques de Jean-Jacques Daran. Voila.

IMG_1707

Chanter, rêver, pleurer, rire, partager, communier, crier, danser puis reprendre la route seul, dans la nuit, s’arrêter prendre un verre dans un vieux rade de village, la tête pleine de musique, l’âme entière résonnant de ces vibrations chamaniques, la chevelure de Michaela dansant au rythme de son tambourin, David attisant le feu du duende, Daran et sa douleur sourde rayonnant dans un cri déchirant, le son d’une Fender Jazzmaster morriconienne…messieurs madame, vous avez tatoués mon âme et pour tout ça merci beaucoup.

Merci beaucoup à l’équipe de la MCL Gérardmer de nous avoir permis de vivre ces moments de grâce.

Un dernier petit aperçu de Daran live, je ne lui ferai pas l’affront d’une vidéo iphone au son tout pourrave, voici le teaser officiel 😉

Bonus tracks : Une vidéo du concert de Gérardmer, filmée par M. Phil Soup (merci à toi), Daran chante « Le Hall de l’hôtel », fin du concert, juste avant les nombreux rappels :

Read Full Post »

daran

Lorsque nous cherchons à résumer nos vies, arrivés à des points-bilans, on se rend compte qu’il est souvent plus facile de le faire en musique. Nos vies sont des bandes-sons, patchworks électriques comme dirait Paul Personne, assemblages de mélodies et de lignes de chants.

Il est ainsi des morceaux qui éclaboussent de couleurs notre existence et des artistes dont l’univers en  constitue la trame, sorte de fils conducteurs nous guidant dans les moments difficiles, quand le ciel est sombre. Pour moi, Jean-Jacques Daran fait partie de ces artistes là, chefs d’orchestres de ma psyché musicale.

Depuis « 8 Barré » en 1995, deuxième album de Daran et les chaises et les 5 albums qui ont suivi, dont le gigantesque « Augustin & Anita » véritable pierre angulaire du rock francophone, Daran m’a accompagné.

Pourquoi Daran ? Parce que personne dans l’univers du rock français n’a cet impact vocal. La voix de Daran est un  fleuve charriant des émotions et nombre de paroliers ne s’y sont pas trompés. Tout au long de sa carrière, Daran a sublimé les textes magnifiques, sensibles, écorchés d’Alana Filippi et de Pierre-Yves Lebert auxquels sont venus s’ajouter avec bonheur des pigistes de la carrure de Miossec.

Quelque peu fâché avec l’hexagone pour des raisons politiques et personnelles, Daran s’est installé au Québec en  2010. Comme il l’expliquait au journal québécois Le Devoir : « «Je m’auto-expulse! Sérieusement, il y a une vie ici qu’il n’y a plus à Paris. Une vie de musicien. Ici, ça joue dans tous les coins pour le plaisir de jouer. Il y a une culture « indie ». Des émergents partout. À Paris, je vois pas d’émergents nulle part. À Paris, t’as trois endroits pour jouer avec les copains, où tu paies l’équivalent de vingt dollars le verre. Pour moi, il ne peut pas y avoir de création artistique si tu ne peux plus aller voir un concert pour le prix d’une bière.» »

Déjà très discret médiatiquement, Daran a ainsi totalement disparu du paysage français. Le microcosme musical consanguin parisien voulant que tout artiste soit mort artistiquement dès qu’il s’éloigne de la capitale, son dernier album « L’Homme dont les bras sont des branches » n’a eu quasiment aucun écho de ce côté ci de l’Atlantique. Sorti en Février 2012, disponible seulement en import, ce bijou de rock bluesy aurait mérité meilleur sort tant il fait honneur à la discographie impeccable du bonhomme.

« L’Homme dont les bras sont des branches » navigue en nuances, entre la caresse et la claque, la force et la faiblesse, la joie et la colère. Jamais soumis, il apporte cette dose d’engagement pesé sans empesage et toujours le lyrisme de cet écorché de 50 balais qui nous envoie valdinguer maintenant dans ce grand nord québécois, son « grand poumon d’air frais ».

Remède à la douleur, à la résignation, au poison de cette grisaille intellectuelle que l’on nous instille patiemment dans notre vieille hexagone en décomposition, Daran vous offre sa musique comme on ouvre ses bras à un ami. Alors n’ayez pas peur, ouvrez vos oreilles pour Daran et respirez ce parfum, c’est celui de la liberté, vous sentez ?

En vidéo, le superbe clip du dernier single « Pas Peur »

Read Full Post »

Il y a des injustices criantes quand il est question du succès ! Qui mérite de cartonner dans les charts ? Qu’est ce qui fait d’un chanteur, une idole ? Daran, lui, le mériterait cent fois ! Depuis 1992, Daran balance avec désinvolture un  blues hexagonal enfanté des amours de Piaf et Johnny Winter. Il a une signature vocale puissante, un grain, une couleur qui font que dès les premières syllabes passent les émotions. Il nous scotche, nous retient, nous oblige à écouter les mots splendides de ses deux paroliers fétiches, Alana Filippi et Pierre-Yves Lebert.

Son talent vocal et son charisme pourrait le pousser vers des hymnes facile mais il s’en sert avec retenue et pudeur. Ici réside son problême à mon avis, sa pudeur. Ce qui l’empêche de basculer dans la variété, à notre plus grand bonheur et pour le plus grand malheur de son banquier, c’est qu’il reste vrai dans ses interprétations. Daran est juste. De cette justesse qui vous dit que le gars ne ment pas, ses histoires sont vraies et vous défoncent le coeur. Vous écoutez Daran et vous serrez les poings. Vous emportez ses notes avec vous longtemps après la fin de votre écoute, elles vous habitent car sa musique n’est pas jetable. C’est en cela qu’il n’est pas grand public, pas d’émotion facile et préfabriquée, pas ce fast-food musical pompier auquel le rock français nous  a tant habitué  depuis Telephone…

Découvrez, redécouvrez Daran avec  « Couvert de poussière » sorti l’an passé. Un concept original,  puisqu’un album de BD accompagne le best-of de notre rocker rital. La BD met en image les chansons de Daran,  sous la plume de Michel Alzéal tandis Daran remet en musique sa carrière sur un disque, qui contient un inédit « Les Filles qui font la gueule ».

Read Full Post »

%d blogueurs aiment cette page :