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Posts Tagged ‘Désert’

Je guette chaque sortie, collaboration et projets de Mark Lanegan. A chaque fois ce mec fait mouche. C’est à nouveau le cas avec « Blues Funeral » qui vient de sortir chez 4AD, son 8ème album solo…8 albums solo ! Eh oui !

Rewind :

Rappelons-nous que Lanegan est devenu en 25 ans une des composantes essentielles du rock alternatif US, jusqu’à presque en constituer l’épine dorsale. Du premier album des Screaming Trees en 1986, véritables pionniers du mouvement grunge, en passant par les Queens of the stone age, dont il fut longtemps la conscience indie rock, les indices laissées sur la route par ce serial rocker sont accablantes. Entouré des plus belles et talentueuses, Martina Topley-Bird, Isobel Campbell, il sut casser son image d’ours mal léché sans jamais arrondir les angles de sa noirceur. On put le vérifier encore en 2008 avec le mythique « Saturnalia » sortis avec son jumeau blanc, Greg Dulli, binôme des anthologiques Gutter Twins.

Dans tout ça, nous ne parlons pas de sa carrière solo qui fit de lui une influence désormais tutélaire de la nouvelle scène rock US. Qu’aurait-il encore à nous dire ce vieux démiurge ? Et bien, du blues funéraire ! Des mélopées venues de l’autre monde ! En chaman habité, de sa voix d’outre-tombe il vocalise sur une musique comme sortie d’une grotte hopi. Seuls des êtres pétris de souffrance, aux cicatrices ouvertes en permanence, peuvent chanter un blues aussi profond. Blues Funeral sent la poudre, la poussière du désert mojave, le vent de la Death Valley.

Surtout, sur Dead Funeral, la mort rôde et ça vous saisit de sentir le souffle de la faucheuse traverser les enceintes…et c’est ça qu’on veut quand on écoute du rock & roll ! De la musique, qui sent la vie, la mort, le sexe, la peur, l’angoisse, l’urgence. Le rock est une catharsis, nom de dieu et c’est bien quelques chose que ne comprennent pas les 3/4 de ces sympathiques groupes d’aerobic electro-pop ou de paralytiques folkeux !

Voila jetez-vous sur ce disque, même si l’unanimité de la critique vous le rend soupçonnable.  Superbement mixé par Alain Johannes, celui des Desert Sessions, Blues Funeral place définitivement le géant de l’Ouest dans la grande tradition des Loners américains, de Cash à Neil Young en passant par Hazlewood et Tom Waits. Foi de Toftaky.

En vidéo : The Gravedigger’s Song / Mark Lanegan :

Allez je me fais plaisir, c’est vendredi, bon week end à vous !  :

Idle Hands / The Gutter Twins :

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Autre transe, autre ambiance, on part dans le désert avec les bluesmen touaregs de Tinariwen.

Ces nobles guerriers du nord du Mali ont déposé les armes et repris leurs guitares pour chanter l’âme, la poésie, la révolte du peuple touareg.

Le rythme est chaloupé, on avance à la vitesse des caravanes sahariennes, peu à peu la musique hypnotise, les guitares lancinantes sont accompagnées de mots aux sonorités mystérieuses. On y est, on est dans ce désert guidés par les percussions, battements de cœur d’un peuple qui avance de points d’eaux en points d’eaux, « Aman Iman » « L’eau c’est la vie » dit le proverbe touareg, titre de ce magnifique troisième album de Tinariwen.

Aman Iman de Tinariwen chez Emma Productions.

La chanson titre de l’album représente bien dans ses paroles toute la poésie des peuples nomades :

Awa didjen inf’iman
Ce qui est advenu ne convient pas
Nere idaran illa imarhan
à l’âme de quiconque est vivant et compte des êtres chers
Ed tofouk d’adhou d’assel awen
Ni le soleil ni le vent ni autre chose
Arené sarsan ibba n’aman
Ne sont pires que le manque d’eau
Aïtma nin kel Tamashek tidit iyat atefarat
Mes frères kel Tamashek il existe une vérité cache
Ta tamossat tan Tamashek
La langue Tamashek
Tidit iyat timakhorat arou tendal darh tiyarat
Une grande vérité enterrée dans le désert depuis longtemps
Amoud fallas aljahlat
Et sur laquelle l’ignorance a prié une dernière fois.

 

 

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