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Posts Tagged ‘Indie pop’

Il est des disques que l’on découvre à retardement ;  au détour d’un matin où l’on est encore fragile de sa nuit, sans avoir encore revêtu son armure de cynisme, cette carapace qui vous protège des piques émotionnelles du quotidien.

The Runaway des Magic Numbers est de ceux là. Vous visionnez des vidéos, tombez sur un truc hype joué par quatre gros anglais rigolos puis vous passez à autre chose…ratant l’inratable, loupant la pépite qui ensoleillera votre journée.

Mais un grand disque reste un grand disque ; dans une quête effrénée de la chanson pop ultime, les challengers ne sont pas légions, on les remarque. C’est ainsi que sur la base de vidéos live intrigantes du groupe, je me suis procuré ce disque pour rien en import.

A la première écoute et dès les premières secondes de « The Pulse », on est frappé par l’intensité dramatique, le truc qui vous fait penser que le groupe ne joue pas, il vit sa musique. Immédiatement les images frappent l’esprit, on se dit que ces quatre anglais, deux paires de frères et sœurs, ont beaucoup plus à voir avec la pop indie US qu’avec la brit-pop.

Grandaddy, Band of Horses s’imposent en surface des influences audibles d’emblée mais dès que l’on avance un peu dans l’écoute, on saisit que lo-fi est un adjectif qui colle mal à cette musique. La richesse des harmonies vocales, les arrangements de cordes somptueux ont plus à voir avec la pop des 60’s et Romeo Stodart nous évoque plus un neveu de Brian Wilson et de David Crosby. Il pourrait paraître cliché également de faire un lien avec The Mama’s and The Papa’s de par la corpulence de ce quatuor britton mais au final l’entrecroisement des timbres masculins et féminins, le coté solaire des compositions nous y ramène instinctivement. De ce traitement particulier des lignes de chant, j’irais jusqu’à dire, allez soyons fou, qu’il m’a fait penser tant il est angélique, à la Messe pour quatre voix de Thomas Tallis.

Au delà de ces influences musicales d’un autre siècle, la musique des Magic Numbers reste tout de même bien dans son époque. Nous sommes loin en effet de l’hédonisme californien, la pop des Magic Numbers est belle mais mélancolique, elle évoque tout de même plus les paysages anglais de Turner ou Gainsborough que les douces vallées californiennes.

Alors certes, ils ne sont pas glamours, répondent peu aux standards sex, drugs & rock’n’roll mais franchement un groupe qui fait le lien entre la musique de la Renaissance anglaise et la pop du Summer of love angélinos, ça ne  vous fait pas envie ?!

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Connaissant mon oreille très 80’s, un ami m’a passé un album de Masquer, groupe suédois inconnu sur mes tablettes. J’ai pris immédiatement une gifle, un peu la même que celle administrée par le premier album d’ Editors.

Masquer est un groupe suédois, basé à Stockholm. Composé par un duo mixte, Kicki Halmos au chant et claviers avec Pelle Lundqvist à la guitare, ils produisent ce que l’on peut qualifier de dream pop lo-fi à couleur new wave.

Ce qui frappe immédiatement à la première écoute, c’est la voix charismatique, habitée, presque hantée de Kicki. Idéale pour ce genre de musique, elle fait beaucoup penser à un mix de Pj. Harvey, Liz Fraser ( Cocteau Twins),  Tanya Donelly ( Belly) et de Siouxsie Sioux ( Siouxsie & the Banshees). Son acolyte Pelle a lui un petit son de guitare bien sympa, en lignes claires, réverb à donf façon Vinny Reilly ( Durutti Column). Si on reprend le tout, à l’écoute, on obtient donc une synthèse de tout ce qui s’est fait de mieux dans la pop des 80’s-90’s.

Sur « Cover my face as the animal cry », Masquer réussit en effet la prouesse de faire oublier instantanément tous les groupes actuels formant cette cohorte agaçante du revival 80’s. En toute fraicheur et légèretée, Kicki brosse des tableaux cold wave que n’aurait pas renié non plus Robert Smith. En effet, la filiation semble évidente avec The Cure, notamment au niveau des mélodies soulignées aux synthés.

On pourra certes hurler à la redite voir au plagiat mais je pense qu’ici un vrai travail de composition a été réalisé, un univers a été créé qui ne demande qu’à s’épanouir, mûrir et s’affirmer. Masquer est parvenu à la synthèse de toute la musique que j’aime, comme avant lui Interpol et Editors, je leur souhaite le même parcours. En attendant,j’en ai déjà fait mon disque de l’été !

« Cover my face as the animal cry » est sorti en automne 2011 chez MSQR Records. Et pour vous convaincre que je ne suis pas totalement sénile,  voici le tube imparable de l’album « Happiness » :

http://masquer.bandcamp.com/

http://www.myspace.com/masquerstockholm/music

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Aujourd’hui, voici un gros coup de coeur sur un jeune groupe dijonais, Jaromil. Ainsi dénommés en référence au personnage de « La Vie est ailleurs » de Milan Kundera, les bourguignons proposent « Jetlag Memories », leur second album sorti en 2010 chez Socadisc. Dans une veine indie-pop fortement teintée de post-punk, « Jetlag memories » est un album court, concis et efficace. On y ressent les influences des Radiohead, peut être aussi des House of Love et on place d’emblée Jaromil dans la mouvance Bloc Party-Editors-Interpol. La voix d’Arno qui fait un peu songer à un mélange de David Byrne et Thom Yorke nous posséde rapidement par son amplitude importante et un feeling assez profond. Musicalement les compositions sont propres, rondement menées. Comme tout bon groupe indie pop qui se respecte, Jaromil  propose des mélodies simples et imparables. On y retrouve la finesse, la candeur, de la pop indé des années 90, des Franck & Walters, James et autres Echobelly avec ce petit soupçon de noirceur et romantisme des premiers Placebo.

Vous aimez les Fender qui carillonnent en arpèges cristallins, la réverbe à donf, les grosses basses qui cavalent bien en avant, les riffs de guitares anguleux qui s’entrecroisent…cet album est pour vous !

Leur album est disponible  sur l’excellente plateforme de Cd1D : http://cd1d.com/en/artist/jaromil 

Vous pouvez également les découvrir sur leurMyspace : http://www.myspace.com/jaromil

Un extrait vidéo de « Jetlag Memories » : « Bedtime » en live à La Vapeur

PS : Merci à Damien du Moulin de Pontcey qui m’a permis de découvrir cet excellent disque !

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La St Patrick 2010 a été endeuillée par la disparition d’une étoile de la musique pop américaine. En effet, Alex Chilton est décédé hier d’une crise cardiaque à la Nouvelle-Orléans. Avec ce chanteur guitariste de 60 ans, c’est tout un pan de l’histoire du rock qui disparait.

Il connait le succès dès l’âge de 16 ans avec son groupe  » The Boxtops » avec lequel il joue dans un style très soul, rythm ‘n’ blues à l’anglaise. Il incorpore à cette « blue-eyed soul » des éléments pop et psyché et décroche quelques tubes dont le mythique « The Letter » en 1967. Quatre albums suivront mais Chilton se lasse des manipulations de ses producteurs et part fonder « Big Star » avec son ami Chris Bell.

Avec Big Star, on touche à la mémoire collective du rock, le pôle magnétique de l’indie pop. Car en trois albums, « #1 Record », « Radio City » et « Sister Lovers », entre 1972 et 1978, Alex Chilton va marquer toute une génération de musiciens. Des futurs REM, Weezer, Pavement, Teenage Fan Club vont s’approprier ce mélange de pop mélodieuse beatlesienne, de guitares au son brut de décoffrage et d’harmonies folks psychédéliques. Encensé par le milieu et la critique, Big Star,  mal distribué,  se plante commercialement comme c’est souvent le cas pour les éclaireurs du rock. Derrière d’autres sauront édulcorer la recette et feront carrière comme un certain Tom Petty par exemple !

Chilton poursuivra sa carrière en solo, traversant la fin des années 70 au sein de la scène punk new yorkaise, produisant les Cramps et d’innombrables disques tous plus indés les uns que les autres. Il a désormais rejoint le panthéon indie d’où il continuera à rayonner sur tous les apprentis Franck Black du monde !

En vidéo, une de mes chansons préférées, ma madeleine de Proust à moi, The Letter. A noter, l’évident enthousiasme des musiciens jouant en playback :

Une chanson d’amour ultime : Thirteen / Big Star sur l’album #1 Record :

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Je vous les envoie en vrac comme ça parce que je n’arrivais pas à me décider. Deux révélations (pour moi) de ce début d’année,  genre new wave / post-punk.

Une pure héritière, signée chez Warp Records, originaire de Manchester et donc titulaire d’un pur pedigree : Lonelady. Elle sort « Nerve Up » son premier album fin février. C’est une pépite rétro qui fleure bon les années Joy Division-A Certain Ratio-Durutti Column, influences revendiquées par la demoiselle. Loin d’être écrasée par ses encombrants voisins, elle déroule un post-punk robotique mais dérouillé par sa voix souple et disco façon Beth Ditto.

Direction Brooklyn, la quartier de New York où bouillonne une nouvelle scène rock à suivre. Avec par exemple,  The Drums. Je suis tombé en arrêt sur leur Myspace ou l’on peut écouter quelques extraits de « Summertime », le nouveau buzz indie pop du moment. Revendiquant une filiation plutôt anglaise qu’américaine, ce duo de vieux copains fait un pont entre New Order et Weezer en passant par les Beach Boys. Au final, cela sonne comme « un Joy Division qui se serait levé du bon pied » pour paraphraser Simon Reynolds et c’est bon pour les oreilles ! Allez pour bien cibler mon wording  :   » Summertime » de The Drums, l’album idéal pour passer de l’hiver au printemps !

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Comment écouter un nouvel album des Pixies sans avoir à se fâner une reformation pénible et pachydermique ? Il suffit de glisser dans la platine « Petits Fours » de Grand Duchy !

Car avec cet album sorti au printemps 2009, Franck Black a étonamment retrouvé Black Francis ainsi que sa légéreté, sa jeunesse, son inspiration pop. Que dit-on dans ces cas là ? Cherchez la femme ? Effectivement, ce retour de flamme indie pop, on le doit sans doute à Violet Clark, sa nouvelle compagne, pour qui il a composé ce disque.

Tout ragaillardi, le Franck nous ravit de ballades, de sha la la, de vocaux mixtes, de mélodies entêtantes. Certes, cela sonne comme un Pixies, la ressemblance entre les voix de Violet et de Kim Deal est frappante. Mais Grand Duchy apporte une touche sensuelle, décontractée, une couleur beaucoup plus chaleureuse que les titres torturés et névrosés des jeunes Pixies.

« Petits fours  » mérite mieux que la relative indifférence dans laquelle il est sorti, parole d’indie boy !

Illustration en vidéo avec le très « Curesque » Lone Song :

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C’était logique et je l’esperais un peu, après avoir revisité les années 80 avec le revival post-punk des Interpol, Editors, White Lies et toute la flopée de groupes néo new wave aux sonorités glacées, il fallait bien qu’on y arrive !

Car chronologiquement, après la new wave et les groupes synth-pop, après les 80’s, on arrive à l’indie pop des 90’s. Et qui dit indie pop dit, entre autres, shoegazing !

The Big Pink est un duo londonien composé de Robbie Furze et Milo Cordell qui vient de sortir son premier album  » A Brief history of love ». Nos deux lascars connaissent bien leur sujet pop, Milo Cordell est en effet à la tête du label Merok Records (Klaxons, Teenagers).

The Big Pink se parfume de nostalgie 90’s. De belles mélodies pop sont construites sur des murs de guitares fuzz, des voix mélancoliques désincarnées. « A Brief History of Love » doit donc beaucoup aux glorieux ancêtres shoegazers « My Bloody Valentine » ou « Ride » mais pas seulement.

Avec une production moins brute de décoffrage que leurs aînés et des arrangements actuels, le duo réussit une belle synthése entre cold wave, shoegazing, indie pop et electro moderne. On ne surprendra personne en précisant que cet excellent premier album vient juste de sortir chez 4AD.

Mélancolique, romantique et noisy, The Big Pink arrive au bon moment après l’anniversaire Stone Roses ! Le monde est prêt, laissons nous pousser la mêche et regardons nos chaussures !

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