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Posts Tagged ‘jazz-rock’

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Siam Roads se pose d’emblée comme l’un des disques incontournables de l’année 2014.

Troisième album du quatuor français Limousine, Siam Roads nous envoie au fin fond de la Thaïlande, dans la contrée reculée et mystérieuse de l’Isaan.

Adeptes des subtils mélanges de genres, les quatre musiciens se sont associés avec Yodh Warong, musicien traditionnel thaïlandais.

Mais plutôt que de se lancer dans une douteuse world music franco-asiatique, les cinq artistes se piquent de ressusciter la pop thaï des 60’s en y incorporant le feeling jazzy de Limousine et c’est le jackpot ! L’alchimie prend et nous sommes rapidement saisis par des mélodies envoutantes, transportés par ce psychédélisme asiatique.

Sons de rue, conversations thaï prises à la volée, harmonies cristallines et longues plages planantes, l’écoute de Siam Roads offre aux oreilles blasées par le rock monotone de notre époque, un dépaysement total et jouissif.

Je vous invite à aller poser ce disque sur votre platine et à mettre vos oreilles en vacances !!

 

 

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0614427955425_600Après « Kubic’s Monk« , précédent disque où Pierrick Pédron virevoltait sur la musique de Thelonious Monk, le talentueux altiste revient avec un excellent troisième album : « Kubic’s Cure.

Toujours sous la forme d’un impeccable trio, saxo alto-contrebasse-batterie, le nouveau projet de Pierrick Pédron a germé autour de l’œuvre sombre et romantique du groupe de rock « The Cure« . De prime abord avec « The Cure », on semble loin de l’univers du jazz, les compositions de Robert Smith, leader charismatique et inspiré du groupe anglais oscillant entre pop-rock bubble-gum et post-punk torturé. Cependant, je pense que Pierrick Pédron a bien saisi, en connaisseur, tout le potentiel et l’âme de compositions, dont les prestations live de Smith ont souvent viré vers un genre de free-rock, qui n’est pas pour déplaire aux puristes jazz.

Résultat des courses, on a ici un excellent exercice de réinterprétation et de réarrangement de classiques du rock. Cet exercice habituellement bâclé ou sans intérêt lorsque réalisé par des rockers sur des albums « hommage » ou « tribute » insipides prend là une toute autre dimension avec la bande de Pierrick Pédron. Solidement campé sur la rythmique implacable de Thomas Bramerie et Frank Agulhon, Pédron improvise sur son saxo dans le rôle de Robert Smith, tour à tour fidèle aux mélodies de Smith  puis dynamitant le tout dans des improvisations  de feu. Il est épaulé sur quelques titres par la trompette fougueuse de Médéric Collignon qui vient apporter de la folie « free » dans la sauce Kubic. Atténuant le relatif minimalisme musical de ce trio, le producteur Vincent Artaud magnifie le tout d’un habillage sonore aux ambiances soignées, collant parfaitement à l’univers « Cure ».

Je suis fin connaisseur de The Cure, à la première écoute, j’ai été dérouté, dérangé, sorti du confort de ma perception désormais intuitive de cette musique. La musique de The Cure fait tellement partie de mon inconscient qu’il me fut difficile de prendre le recul nécessaire afin de juger cet album. Mais après quelques dizaines de minutes d’écoute concentrée en haute-fidélité, j’ai été frappé par une évidence, Kubic’s Cure fait partie d’ores et déjà des meilleurs albums de The Cure !

Mais au delà des considérations sur la musique de The Cure, Kubic’s Cure est un album crucial en cette année 2014 parce qu’il apporte un vent de nouveauté sur le jazz. Un peu à l’image de ce que fait le groupe « Snarky Puppy », Pédron & cie se placent dans la mouvance d’une génération ayant assimilé l’idiome jazz et la culture pop. Ils pourraient tous en accoucher d’horribles disques jazz-rock mais dieu merci, il en résulte une musique hybride, ni jazz ni rock ni jazz-rock mais un jazz du 21ème siècle qui fait plaisir à entendre !!

Pour finir de convaincre tous les fans de « The Cure », je les invite à écouter attentivement ce que font les trois lascars accompagnés par la trompette de Collignon sur « Killing an arab », morceau d’anthologie envoyé en orbite stratosphérique par 4 jazzmen en transe !!!

Pour découvrir quelques extraits de Kubic’s Cure : https://www.actmusic.com/en/Artists/Pierrick-Pedron/Kubic-s-Cure/Kubic-s-Cure-CD

 

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Comme son nom l’indique, « Crouch, Touch, Engage » le dernier album du Andy Emler Megaoctet sorti chez Naïve, envoie du lourd comme le pack du XV de France ! Il vous explose à l’impact en milles notes étoilées, on voit 36 chandelles comme après un raffut de Sébastien Chabal. Les cuivres vous passent à tabac, les percussions vous envoient valdinguer en des terres exotiques, on en resort essoré !

Ca fait du bien et ça fait 20 ans que cela dure. Deux décennies que « l’organisateur de plaisir » Andy Emler réunit la fine fleur du jazz français, les solistes les plus aventureux pour des cavalcades héroïques, de tournées en sessions homériques. Le MégaOctet, excusez du peu, ce fut des Nguyen Lé, des Moutin, des Portal, des Massot, des Ducret et même de passage au chant, Benat Achiary ou Mister Higelin, que des mauvais en fait !

Aujourd’hui à l’heure tardive où je découvre cet album de 2009, le MegaOctet tourne avec entre autres l’excellent bugle de Médéric Collignon et les percus du génial François Verly. C’est un ravissement pour les oreilles d’entendre aujourd’hui ce jazz aventureux, intelligent, métissé, que mes oreilles novices comprennent comme un jazz world mi free-mi rock.

Alors certes, c’est moins abordable qu’un single de Mika mais beaucoup plus frais, moins sexy que Lady Gaga mais tellement plus bandant. Faut dire que Andy Emler s’adresse autant à votre mojo qu’à votre cerveau donc n’attendez plus, foncez sur ce disque qui rend intelligent et qui met une patate énooorme !

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« Face à Face » d’ Erik Truffaz est un double album live du trompettiste suisse sorti en 2006. Ce n’est donc pas une nouveauté mais comme je viens de flasher sur ce disque, hop un petit billet là dessus !

Erik Truffaz est un trompettiste jazz qui incorpore dans ses expérimentations, la musique électro, la musique orientale et le rock. A la première écoute, on ressent un lien avec le son de Miles Davis, on peut effectivement difficilement être trompettiste au 21e siêcle sans être comparé à ce génie.

Truffaz joue en général avec deux quartet différents, le « Erik Truffaz Ladyland » et le « Erik Truffaz Quartet ». Ces Quartet comprennent en général, un batteur, une basse électrique, une guitare électrique et un chanteur sur certains titres. Sur cet album live, on saisit toute la qualité du travail de Truffaz, sa tentative d’envoyer le jazz en orbite sur d’autres planètes. Le premier disque présente les compos de Ladyland et le deuxième celles du Quartet. Sur une ryhtmique très électro limite drum’n’bass parfois, le son mélancolique de la trompette surfe sur des nappes de guitares très orientales. Sur certains morceaux, la voix du chanteur soufi Mounir Troudi vous envoie dans la stratosphère et les interventions très trip-hop de Nya font penser à Massive Attack.

Jazz, drum’n’bass, trip-hop, rock prog, ambient, electro-world, tous ces genres se retrouvent en sarabande dans la musique de Truffaz, un souk organisé qui retombe toujours sur ces pattes. Si vous voulez écouter du jazz moderne, pas trop bavard et accessible à toutes oreilles, ce disque est pour vous.

A voir sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=Ku47l0kcGzg

A écouter sur Myspace : http://www.myspace.com/truffaz

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