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Posts Tagged ‘latin jazz’

Fin septembre, un vent tropical s’est levé sur la perle des Vosges.  Dans le cadre de la saison culturelle de la Ville de Gérardmer, a eu lieu le 29 septembre 2012 une soirée « musiques du monde », avec AISSATE et MORIK. L’espace d’une soirée, le lac a ainsi eu des allures de mer caraïbe.

Deux artistes se sont suivis sur la petite scène de l’Espace Lac, la chanteuse vosgienne Aissate et le guadeloupéen Morik.

Aissate est une jeune Thillotine d’origine Mauritanienne qui chante en français et en peul. Avec un groupe survitaminé, elle a mis le feu en proposant un mélange d’afro-beat, de rock et de reggae. Particulièrement remarquée pour ses textes fins et engagés, Aissate se démarque également par une touchante sincérité et une interprétation toute en nuance, entre insolence, défi, douceur et malice. Elle nous a ainsi fait remuer au son de son troisième album « Mieux vaut rire ». Accompagnée par des pointures du niveau de Bernard Brand, son charismatique bassiste-arrangeur, elle a montré une belle présence scénique et est même parvenue à faire danser nos timides géromois ! Je vous recommande chaudement « Mieux vaut rire » qui vous apportera la chaleur mauritanienne au coeur de l’hiver qui vient.

Indigène / Aissate

Elle était suivie par l’excellent Morik, lui aussi accompagné par de magnifiques musiciens dont un clavier à l’impeccable toucher cubain ! Pierrot lunaire hors de scène, Morik devient solaire sous les projecteurs. Sa gouaille commence par vous dépayser tandis que son reggae créole aux pépites latin-jazz vous fait entrer doucement  dans la vibe. Vous n’y croyez pas mais vous finissez par vous retrouver à rouler des hanches sur la piste, maléfice antillais…

Morik travaille actuellement son second album, en cours de mixage, avec les célèbres frères Fanfan. On peut trouver encore son premier album « Tropicalimenté » sur son site @ ainsi qu’un EP du tonnerre…mais pour cela il faudra aller le voir sur scène. Cela ne devrait pas trop vous coûter, surtout vous mesdemoiselles, car l’artiste est beau gosse et  les yeux brillants dans la nuit des géromoises samedi dernier étaient là pour le confirmer !

Koulé an nou / Morik

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Diego Jiménez Salazar, alias Diego El Cigala est né en 1968 à Madrid, d’une famille de grands chanteurs gitans. Enfant surdoué, il remporte moults concours de flamenco. Vite découvert par le grand Camarón de la Isla, il apprendra à ses cotés et rentrera ainsi dans la famille des grands chanteurs de flamenco.

Mais Dieguito saura s’extraire de son lourd et flamboyant héritage pour voguer vers d’autres continents musicaux.  En l’occurence, c’est vers Cuba que se tournent à nouveau ses regards avec son nouvel essai « Dos Lagrimas ». 

Renouvelant l’expérience de « Lagrimas Negras » où il posait son chant de gitan andalou sur les rythmes afro-cubains du grand Bebo Valdès, Diego el Cigala revient avec deux larmes lourdes de tout l’âme du flamenco mais arrondies de swing cubain. Mais quand sur « Lagrimas Negras », il semblait parfois hésitant, paralysé par son admiration de celui qu’il appelait « maestro », ici avec Guillermo Rubalcaba, autre grande figure du piano cubain, Diego el Cigala atteint des sommets d’expressivité. De sa gorge coule du miel brûlant, la magie de l’alliance entre rugosité andalouse et le swing de ce jazz latino opère sur nous et nous catapulte en Cubandalousia !

Notons l’apparition d’un autre adepte du cross-over, Richard Galliano, qui vient donner du bandonéon sur la reprise de Caruso. La présence de l’accordéoniste français vient renforcer cet édifice de métissage latin.

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ouvelle voix du flamenco nuevo, Buika fait sensation, dans le milieu des amateurs de musiques latine, avec sa voix éraillée, habitée du « duende » cher au grand poête Federico Garcia Lorca, cette étincelle indéfinissable qui nait dans les profondeurs du chant ou de la danse flamenco, ce démon artistique qui hante les gestes des grands artistes hispaniques.

Chanteuse d’origine Guinéenne, Concha Buika a grandi dans une communauté gitane de Majorque. Elle a ainsi mêlé au sein de ses racines musicales, les rythmes africains, les chants gitans et le flamenco hispanique. De ces métissages, Buika fait merveille en chantant un flamenco flamboyant épicé de rythmes afro-cubains et adouci à la soul américaine. On peut entendre dans sa musique, la « saudade » de Cesaria Evora, la gravité de Carmen Linares et la sensualité de Estrella Morentes. Mais il y a aussi beaucoup de la fêlure du blues, la flamme de Billie Holiday brillant dans le chant d’africaine exilée de Buika.

Tout cela fait qu’en deux albums « Mi nina Lola » et « Nina de fuego », Concha Buika est rentrée pour moi dans le panthéon des grandes chanteuses de Latin jazz et a surtout fait entrer le flamenco dans le 21e siècle.

Vous pourrez l’écouter ici : http://www.myspace.com/conchabuika

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