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Posts Tagged ‘Pop française’

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Piano Ombre est un disque de pop légère, fluide qui cache une noirceur menaçante. C’est exactement tout ce qui me touche dans une œuvre artistique, le décalage, les chausses-trappes, les double-fonds et les trompe-l’œil.

François Marry, leader de Frànçois and The Atlas Mountains, propose à nos oreilles blasées, « Piano Ombre« , un nouveau disque de pop francophone classieux, très bien arrangé et orchestré finement. Éditè chez les anglais indie du label Domino Records, excusez du peu mais c’est quand même le label de Robert Wyatt…, F&AM avaient beaucoup à prouver après la hype entourant leur précédent album : « E Volo Love ». Beaucoup moins sous influence « world music » que le précédent, « Piano Ombre » trouve un équilibre entre tradition pop orchestrale 60’s, rythmiques ethniques, son électronique 80’s et chanson française moderne.

Piano Ombre est un disque facile d’accès, de prime abord, mais qui au fil des écoutes, se révèle de plus en plus complexe. La première écoute vous laisse surfer sur une vague rêveuse mais peu à peu l’univers de F& AM s’ouvre à nous à mesure que nous pénétrons dans ces bois inquiétants. F&AM ne cherche pas la fille dans la forêt, la fille il l’a déjà perdue même si Robert Smith n’est pas loin.

Moins symboliste qu’un Lescop, plus romantique, l’écriture de Frànçois est magnifique comme sur « La Fille aux cheveux de soie » et c’est là un autre intérêt de l’album, les paroles collent à la musique lui faisant passer une seconde dimension. De la nostalgie, du romantisme, de la tristesse mais également des éclaircies et des moments de grâce, F&AM réussit le tour de force de susciter une grande variété de sentiments en un seul disque mais sans la lourdeur ni les grosses ficelles des habituelles productions rock françaises.

Surtout, F&AM a le mérite de tracer son propre chemin sans de trop évidentes influences, sans ce travers des productions pop indie caméléons actuelles, ersatz d’un passé glorieux que l’on entend trop souvent dans notre hexagone…

La Fille aux cheveux de soie / F&AM

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Daran balanceQuelle soirée, que d’émotions pour moi hier soir ! Bénévole occasionnel à la Maison de la Culture et des Loisirs de Gérardmer, j’avais répondu samedi, à l’appel de Marc Genatio, programmateur en chef de ce petit caf-conc sans pareil dans les Hautes-Vosges.

La MCL géromoise recevait une véritable pointure ce 15 Novembre, en la personne de Daran. Les habitués de ce blog savent en quelle estime je tiens Mister Daran, j’ai déjà eu en effet l’occasion de dire ici ou que je le considérais comme le meilleur interprète de rock français en activité.

Appelé à officier aux fourneaux, histoire de nourrir une assemblée sympathique de musiciens, techniciens et membres de l’équipe MCL , j’ai donc eu l’occasion de pouvoir observer de près mon idole, toute réserve et discrétion gardée bien entendu. Après avoir concocté un petit repas avec l’aide d’une équipière de choc et de charme (la Meuse en force), nous avons ainsi pu assister à une soirée de musique exceptionnelle dans les meilleures conditions.

Fergessen

A 21h30 tapante, le duo de feu Fergessen attaquait la première partie par la face Nord, devant un parterre à l’énergie communicative. Quelque peu estomaqués par la présence d’un public dense, proche, à l’écoute, avide de partage musical, David et Michaela, tendus mais généreux dans l’effort, laissaient peu à peu le trac se diluer dans leurs arabesques vocales. Et le couple de partir dans un sensuel dialogue, tango musical à fleur de peau faisant monter la température d’une salle en ébullition. Portés par la ferveur d’une assistance conquise, Fergessen largua les voiles et déroula les meilleurs titres de Far Est, son dernier album. Rarement première partie nous sembla aussi courte et malgré la demande insistante d’un bis, Fergessen céda la place, contrat rempli, libérant cette foule surchauffée, prête à embarquer sur le vaisseau du pêcheur de pierres !

21h45, Daran attaque la scène encadré de son gang de fieffés québécois, ovationné par une salle totalement acquise. Sobre, incisif, sans esbrouffe mais toujours sur le fil du rasoir, Daran nous saisit avec douceur, nous décolle du sol et nous embarque dans sa nouvelle aventure : « L’Homme dont les bras sont des branches ». Les magnifiques compositions du dernier album vont s’enchainer, portées par une formation impeccable. Sur des titres splendides comme « Il y a un animal » ou le « Hall de l’Hôtel », Daran atteint les sommets du Bashung de la Tournée des Grands Espaces. Dans ces moments là, je serre les dents, ça commence à déborder…

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Mais le boxeur a trouvé la faille, il redouble d’effort, travaille au coeur, aux tripes. Il va vite faire sauter les barrières, les carapaces cèdent et quand retentissent les chefs d’œuvres par vagues alternées,  « Olivia », « Anatomique », « Augustin et Anita », « Dormir dehors » l’audience est transportée depuis longtemps, en orbite courbe au dessus du Hohneck ! Pour ma part, je n’ai pu  retenir quelques larmes tant cette musique me parle et me renvoie à ce que je suis profondément. C’est à ça que l’on reconnait un vrai chanteur populaire et talentueux, éveiller des émotions dans le cœur des gens. Mais attention, pas de ces sentiments faciles manipulés par les grosses ficelles du barnum pop music, on est pas dans la variéte.

Non, l’œuvre de Daran est profonde, elle fait sens dans ce  qu’elle révèle de notre humanité et de la dualité inhérente à notre mortelle condition. Et c’est en cela que ce chanteur est un véritable artiste, des heures après son passage, nous sommes encore habités de son art. Prométhée contemporain, il nous a transmis un savoir divin, introspectif, comme si de rien n’était. Et ses paroles ont une incidence, elles pointent nos contradictions, nous placent devant nos responsabilités, nous qui sommes tellement infantilisés par ailleurs.

Surtout, et je sais que c’est quelque chose que je partage avec nombre de fans de Daran, je n’en serais pas là aujourd’hui, à tant aimer la vie, si je n’avais pas été porté, dans les sales moments, par sa musique. Au bord du gouffre, une simple note, un vers, un cri sincère dans un micro peuvent vous empêcher de dévisser et tout cela je l’ai trouvé dans les disques de Jean-Jacques Daran. Voila.

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Chanter, rêver, pleurer, rire, partager, communier, crier, danser puis reprendre la route seul, dans la nuit, s’arrêter prendre un verre dans un vieux rade de village, la tête pleine de musique, l’âme entière résonnant de ces vibrations chamaniques, la chevelure de Michaela dansant au rythme de son tambourin, David attisant le feu du duende, Daran et sa douleur sourde rayonnant dans un cri déchirant, le son d’une Fender Jazzmaster morriconienne…messieurs madame, vous avez tatoués mon âme et pour tout ça merci beaucoup.

Merci beaucoup à l’équipe de la MCL Gérardmer de nous avoir permis de vivre ces moments de grâce.

Un dernier petit aperçu de Daran live, je ne lui ferai pas l’affront d’une vidéo iphone au son tout pourrave, voici le teaser officiel 😉

Bonus tracks : Une vidéo du concert de Gérardmer, filmée par M. Phil Soup (merci à toi), Daran chante « Le Hall de l’hôtel », fin du concert, juste avant les nombreux rappels :

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Bien loin de mes habitudes d’écoutes, la musique de Yelle m’avait tout de même frappée de par son efficacité. Le premier single « Je veux te voir » et l’album « Pop-up« , sorti en 2007, m’avaient fait l’effet d’un gentil flash-back. Les mélodies acidulées, les refrains mutins et efficaces, les arrangements frais mais inventifs du crew de le jeune bretonne n’étaient pas sans rappeler les années Lio-Jacno-Medeiros. Déboulant au milieu d’une nouvelle scène « chanson française » relativement consternante, du moins au niveau musical, Yelle et ses garçons donnaient un coup de jeune, très girly, à la scène pop française.

Plébiscitée par la jeunesse, relativement ignorée des médias, Yelle a poursuivi sa route et celle-ci est pavée d’or. Opiniâtre, elle a remis le couvert pour un second album, « Safari Disco Club » très réussi avec lequel elle a fait la conquête des scènes d’Amérique du Nord au printemps. Elle fit un carton du Québec à Tucson, de Reno à Chicago et le tout en VF ! Quel artiste peut se targuer de retourner des salles, des stades aux USA tout en chantant en français ???!!! Bon en tous cas, moi ce groupe m’épate. Encore plus, depuis que j’ai écouté attentivement Safari Disco Club. Voila sans doute l’album d’électro-pop française le plus abouti du moment. Ce n’est qu’un feeling personnel car je suis peu connaisseur dans ce domaine, cependant et à titre d’exemple, le titre « Que veux-tu » me trotte dans la tête depuis à peu près 48h…efficace, entêtant, hypnotique, un earworm ultime ! Que demander de plus à une musique taillée pour les dance-floors ? Faites vous votre propre idée. Moi ce sera mon gentil single des vacances !

Que veux-tu :

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Florent Marchet est  ce qui pouvait arriver de mieux à la chanson française. Il fait partie avec Arman Méliés, Albin de la Simone, Bertrand Betsch ou Bertrand Belin, de cette génération dorée de talent qui passe étrangement au travers des honneurs réservés à d’autres plus…comment dire…mais passons…

Il nous avait enchanté avec « Rio Baril », concept album racontant la vie par petites touches légères de Rio Baril, village imaginaire mais typiquement français. Cet album aux textes ciselés et aux atmosphères mélancolico-nostalgiques avait été co-écrit avec Arnaud Cathrine, jeune auteur imaginatif et plein de talent. Les deux acolytes récidivent. Après le concept album, le livre concept ! Ils sortent un roman musical « Frère Animal », un livre de 90 p contenant un cd puis en font un spectacle.

Voic ce qu’ils en disent sur le site d’ Arnaud Cathrine : « À première vue, Frère animal est un objet musical non identifié. C’est tout d’abord un livre écrit à quatre mains par Arnaud Cathrine et Florent Marchet. C’est aussi un album composé par Florent Marchet. Le tout paru sous forme de livre/disque en mars dernier aux Editions Verticales/Gallimard. C’est enfin un spectacle joué et interprété par les deux « frères », accompagnés de Valérie Leulliot (Autour de Lucie) et Nicolas Martel (Las Ondas Marteles). À la croisée du conte social et de la comédie musicale, c’est un concert, tout simplement, qui a pour décor le monde du travail. DRH, directeur marketing, cadre, ouvrier, chacun prend la parole et raconte la vie de l’entreprise moderne. Ils cherchent tous à survivre dans une jungle… qui vous rappellera sans doute quelque chose… »

Le livre est génial, le disque splendide et le spectacle tourne en ce moment en province. C’est mon coup de coeur du moment, foncez les yeux fermés !!!

En extrait vidéo, le clip promo :

En piqure de rappel, l’excellent « Rio Baril » à écouter d’urgence:



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Pour lutter contre la morosité de la rentrée, mettons dans la platine le bel album de Tahiti Boy and the Palmtree Family et observons ce qui se passe.

Dès les premières notes, le spectre du chomage s’estompe, l’image anxiogène de Vladimir et Dmitri se brouille et disparait, Rachida fait des bébés et ne met plus les jeunes gauchistes en prison…puis le quotidien s’efface et vous êtes dans une prairie verdoyante et fleurie, vous courez nu, extatique…au loin, les Teletubbies jouent à saute mouton avec les Bisounours et au moment ou vous enlacez tendrement Scarlett Johansson…paf c’est la fin de l’album de Tahiti Boy and the Palmtree Family, « Good children go to heaven », 54 mn de bonheur paisible et apaisant.

Sur cet album et dans la bande de Tahiti Boy, on retrouve des membres de Syd Matters, Tanger, Poney Poney, donc la crême indie française et même le chanteur de TV On The Radio. On a donc affaire à une dream team indie pop qui épaule ce fils spirituel de Brian Wilson qu’est Tahiti Boy.

Allez planer ici : http://www.myspace.com/tahitiboyfamily

Le site de La Blogothèque a mis en ligne un de ses concerts à emporter dont elle a le secret et vous m’en direz des nouvelles si si :

http://www.blogotheque.net/article.php3?id_article=2704

 

Sinon voici une ptite vidéo bien cool des frenchies accompagnés de Tunde Adedimpe (TV on the Radio) :

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Jan Fiévé ex chanteur du groupe de rock français eNola se produit depuis 2004 sous le pseudo Arman Méliès. Et ce Méliès là est digne de son homonyme cinéaste ! En trois albums, il a déja marqué de sa patte la pop française (ce que d’aucuns appellent la Nouvelle chanson française, terme qui ne veut rien dire au demeurant…) avec : Néons blancs & Asphaltine en 2004 ; Les Tortures volontaires en 2006 et enfin Casino en 2008.

Sur ces trois albums, il fait tout, multi-instrumentiste, auteur-compositeur-interprete-arrangeur. On a ici affaire à un artiste complet qui impose son univers lunaire, mélancolique et atmosphèrique.

Ses mélodies sont agrémentées d’arrangements toujours très fin qui font penser à des musiques de film des années 70. Les textes sont poétiques sans être obscurs ni trop lourds. Bashung ne s’y est pas trompé en l’invitant sur scène à ses cotés, puis en tant que collaborateur sur « Bleu Pétrole », où Arman Méliès signe sans doute la plus belle zic de l’album du vétéran alsacien!

Voila, dans ces nouveaux artistes hexagonaux, moi je met en tête de liste cet artiste là, pour sa classe, ses talents de mélodistes et tout ce qui me fait oublier les poseurs pompiers étiquettés « Nouvelle Chanson ».

http://www.myspace.com/armanmelies

http://www.armanmelies.com/

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A la première écoute de « My Friend all died in a plane crash », on imagine très bien le duo Cocoon comme de sympathiques jeunes ricains en chemises à carreaux, biberonnés au folk des Appalaches ou à de la country mode Tucsonienne. Comme des genres de potes d’Iron & Wine,  de Calexico ou Band of Horses en fait ! Mais en fait Mark Daumail (guitare) et Morgane Imbeaud (piano) sont deux auvergnats pur sucre, évidemment très marqués par le folk US.

Révélés par le concours annuel CQFD des Inrocks qu’ils ont remportés en 2007, ils ont sorti leur premier album en fin d’année. Tout en douceur, ils mélangent folk et pop en de chouettes arpèges de guitares folk, pianos effleurés, chants mélancolique, Cocoon installent de belles mélodies très bien ammenées dans un climat bien zen, cool tranquille. Que dire de plus, ça détend et c’est idéal l’hiver pour se caler dans un fauteuil, peinard avec le chat sur les genoux…

A écouter sur leur Myspace, la reprise folky marrante du « Hey Ya » des rappeurs US d’Outkast : http://www.myspace.com/listentococoon

Souhaitons leur le même succès que leurs aînés et le même buzz que celui qui entoure Moriarty (autre révélation folk de cette fin 2007) ! Et si vous aimez les pandas qui courent dans les champs, voici un clip sympa :

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