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2012, « Feu ! Chatterton« , très jeune quintette rock parisien, sort sa première composition en vidéo sur Youtube et pique la curiosité. Leur maturité musicale est étonnante, leurs textes français bien troussés tranchent avec les facilités du « rock français contemporain ». On sent un univers littéraire et esthétique riche et pensé, des bases musicales solides.

 

 

De ce premier acte prometteur, il fallut attendre deux ans pour avoir la suite, peut être juste ce qu’il fallait pour transformer l’essai.

2014, « Feu ! Chatterton » sort son premier EP éponyme et on en découvre plus sur ce chanteur, Arthur, « Des Esseintes » moderne tout droit sorti d’un roman de « Huysmans ». Signature vocale particulière, si son allure et son prénom nous font penser de suite à « Arthur H. », sa voix et sa diction le rapprochent plutôt de « Christian Décamps« , du jeune « Gainsbourg » ou du « Bashung » de « L’Imprudence ».

Les quatre musiciens accompagnent impeccablement leur interprète d’un post-punk classieux que n’auraient pas reniés le « Kat Onoma »  de « Rodolphe Burger » ou le « Television » de « Tom Verlaine ».

Chatterton, Verlaine, Huysmans, Décamps, Bashung, Burger, Gainsbourg…vous voyez ou je veux en venir…on a affaire ici à un rock lettré, francophone qui s’assume et qui lève l’étendard d’une langue riche sans s’effrayer de guitares anguleuses ni de rythmiques métronomiques.

Quel bonheur de retrouver les délices d’un véritable rock français, sombre, incarné, incandescent, romantique !

 

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Daran balanceQuelle soirée, que d’émotions pour moi hier soir ! Bénévole occasionnel à la Maison de la Culture et des Loisirs de Gérardmer, j’avais répondu samedi, à l’appel de Marc Genatio, programmateur en chef de ce petit caf-conc sans pareil dans les Hautes-Vosges.

La MCL géromoise recevait une véritable pointure ce 15 Novembre, en la personne de Daran. Les habitués de ce blog savent en quelle estime je tiens Mister Daran, j’ai déjà eu en effet l’occasion de dire ici ou que je le considérais comme le meilleur interprète de rock français en activité.

Appelé à officier aux fourneaux, histoire de nourrir une assemblée sympathique de musiciens, techniciens et membres de l’équipe MCL , j’ai donc eu l’occasion de pouvoir observer de près mon idole, toute réserve et discrétion gardée bien entendu. Après avoir concocté un petit repas avec l’aide d’une équipière de choc et de charme (la Meuse en force), nous avons ainsi pu assister à une soirée de musique exceptionnelle dans les meilleures conditions.

Fergessen

A 21h30 tapante, le duo de feu Fergessen attaquait la première partie par la face Nord, devant un parterre à l’énergie communicative. Quelque peu estomaqués par la présence d’un public dense, proche, à l’écoute, avide de partage musical, David et Michaela, tendus mais généreux dans l’effort, laissaient peu à peu le trac se diluer dans leurs arabesques vocales. Et le couple de partir dans un sensuel dialogue, tango musical à fleur de peau faisant monter la température d’une salle en ébullition. Portés par la ferveur d’une assistance conquise, Fergessen largua les voiles et déroula les meilleurs titres de Far Est, son dernier album. Rarement première partie nous sembla aussi courte et malgré la demande insistante d’un bis, Fergessen céda la place, contrat rempli, libérant cette foule surchauffée, prête à embarquer sur le vaisseau du pêcheur de pierres !

21h45, Daran attaque la scène encadré de son gang de fieffés québécois, ovationné par une salle totalement acquise. Sobre, incisif, sans esbrouffe mais toujours sur le fil du rasoir, Daran nous saisit avec douceur, nous décolle du sol et nous embarque dans sa nouvelle aventure : « L’Homme dont les bras sont des branches ». Les magnifiques compositions du dernier album vont s’enchainer, portées par une formation impeccable. Sur des titres splendides comme « Il y a un animal » ou le « Hall de l’Hôtel », Daran atteint les sommets du Bashung de la Tournée des Grands Espaces. Dans ces moments là, je serre les dents, ça commence à déborder…

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Mais le boxeur a trouvé la faille, il redouble d’effort, travaille au coeur, aux tripes. Il va vite faire sauter les barrières, les carapaces cèdent et quand retentissent les chefs d’œuvres par vagues alternées,  « Olivia », « Anatomique », « Augustin et Anita », « Dormir dehors » l’audience est transportée depuis longtemps, en orbite courbe au dessus du Hohneck ! Pour ma part, je n’ai pu  retenir quelques larmes tant cette musique me parle et me renvoie à ce que je suis profondément. C’est à ça que l’on reconnait un vrai chanteur populaire et talentueux, éveiller des émotions dans le cœur des gens. Mais attention, pas de ces sentiments faciles manipulés par les grosses ficelles du barnum pop music, on est pas dans la variéte.

Non, l’œuvre de Daran est profonde, elle fait sens dans ce  qu’elle révèle de notre humanité et de la dualité inhérente à notre mortelle condition. Et c’est en cela que ce chanteur est un véritable artiste, des heures après son passage, nous sommes encore habités de son art. Prométhée contemporain, il nous a transmis un savoir divin, introspectif, comme si de rien n’était. Et ses paroles ont une incidence, elles pointent nos contradictions, nous placent devant nos responsabilités, nous qui sommes tellement infantilisés par ailleurs.

Surtout, et je sais que c’est quelque chose que je partage avec nombre de fans de Daran, je n’en serais pas là aujourd’hui, à tant aimer la vie, si je n’avais pas été porté, dans les sales moments, par sa musique. Au bord du gouffre, une simple note, un vers, un cri sincère dans un micro peuvent vous empêcher de dévisser et tout cela je l’ai trouvé dans les disques de Jean-Jacques Daran. Voila.

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Chanter, rêver, pleurer, rire, partager, communier, crier, danser puis reprendre la route seul, dans la nuit, s’arrêter prendre un verre dans un vieux rade de village, la tête pleine de musique, l’âme entière résonnant de ces vibrations chamaniques, la chevelure de Michaela dansant au rythme de son tambourin, David attisant le feu du duende, Daran et sa douleur sourde rayonnant dans un cri déchirant, le son d’une Fender Jazzmaster morriconienne…messieurs madame, vous avez tatoués mon âme et pour tout ça merci beaucoup.

Merci beaucoup à l’équipe de la MCL Gérardmer de nous avoir permis de vivre ces moments de grâce.

Un dernier petit aperçu de Daran live, je ne lui ferai pas l’affront d’une vidéo iphone au son tout pourrave, voici le teaser officiel 😉

Bonus tracks : Une vidéo du concert de Gérardmer, filmée par M. Phil Soup (merci à toi), Daran chante « Le Hall de l’hôtel », fin du concert, juste avant les nombreux rappels :

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© Pierre Gable

© Pierre Gable

Aujourd’hui je voudrais faire passer un gros coup de coeur pour le duo folk-rock vosgien Fergessen.

Fergessen est né d’une vibration, celle des voix de Michaëla et David qui se croisent et s’entremêlent si joliment. Après quelques galères parisiennes, le couple de musiciens est venu trouver refuge au pied du massif vosgien afin de travailler sur son second album. « Far Est » qui sortira le 21 octobre, a été entièrement autoproduit, et financé, en partie, par la plateforme de crowdfunding Kiss Kiss Bank Bank.

Sur cet album, le duo s’est entouré d’un batteur (Julien Rousset), d’un bassiste (Pierre Bernard) et de Stéphane Bonnaci (Melismell, Tchéky Karyo) à la guitare et à la co production. Comme sur le premier album « Les Accords tacites« , l’accent est mis sur la qualité des textes, travaillés, poétiques sans être pompiers ou maniérés. Musicalement, on oscille toujours entre folk, chanson et pop, dans une tradition de rock à la française. Du rock français ? Non ne fuyez pas, on est ici clairement dans les traces de Dominique A. ou celles de Daran pas dans d’obscurs ersatz de Téléphone ou Noir Désir.

Sur son site, Fergessen nous laisse peu à peu entrevoir le résultat de son travail sur « Far Est ». Un album enregistré à domicile, dans la chaleur d’un foyer, avec des amis complices conquis par le projet. Ici on est loin de la production aseptisée du premier album, le son est organique, il palpite comme leurs palpitants, pour paraphraser l’un des singles de l’album. Les deux voix sont mixées très en avant, imbriquées l’une dans l’autre de façon très sensuelle ; elles raviront les amateurs de grain vocal. Les atmosphères sont dignes de ce que l’on peut attendre d’un album enregistré au pied de la montagne de Vosegus, à l’image du dieu des celtes vosgiens, sombres, sauvages et mystérieuses. Il y a de la transe, de la pulsation, de la vibration dans la musique de Fergessen. Cela donne une touche hypnotique et apaisante à  leur folk-rock somme toute basique dans sa forme mais surement pas dans son fond !

Surtout, grâce à cette production maison sans trop d’artifices ou de vieilles recettes d’ingé-son blasés, on pressent à l’écoute de ces premiers extraits que Fergessen est taillé pour la scène. Du coup, on guettera avec impatience les dates d’une tournée prévue sur deux ans. En voici les prochaines dates, à ma connaissance :

27 septembre : EPINAL (88), festival « En attendant la souris verte ».
5 octobre : NANCY (54), festival « Nancy Jazz Poursuite ».
11 octobre : VITRY-LE-FRANCOIS, Le Claddagh.
9 novembre : METZ (57), showcase à la Face Cachée.
15 novembre : GERARDMER (88), 1re partie de DARAN, Maison de la Culture.
22 novembre : YVONAND (Suisse), le café sous la gare.
24 novembre : VESOUL (70), La promenade du Lac.
8 février 2014 : METZ (57), Maison de la Culture.

Je pointe ici surtout la date du 15 Novembre et le concert à la MCL de Gérardmer. Car avec une soirée autour de Fergessen puis de Daran, les gens de l’Est auront l’assurance de passer un moment mémorable dans l’intimité du café-concert de la Maison de la Culture géromoise. On se voit là bas alors ?

Nos palpitants / Fergessen

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daran

Lorsque nous cherchons à résumer nos vies, arrivés à des points-bilans, on se rend compte qu’il est souvent plus facile de le faire en musique. Nos vies sont des bandes-sons, patchworks électriques comme dirait Paul Personne, assemblages de mélodies et de lignes de chants.

Il est ainsi des morceaux qui éclaboussent de couleurs notre existence et des artistes dont l’univers en  constitue la trame, sorte de fils conducteurs nous guidant dans les moments difficiles, quand le ciel est sombre. Pour moi, Jean-Jacques Daran fait partie de ces artistes là, chefs d’orchestres de ma psyché musicale.

Depuis « 8 Barré » en 1995, deuxième album de Daran et les chaises et les 5 albums qui ont suivi, dont le gigantesque « Augustin & Anita » véritable pierre angulaire du rock francophone, Daran m’a accompagné.

Pourquoi Daran ? Parce que personne dans l’univers du rock français n’a cet impact vocal. La voix de Daran est un  fleuve charriant des émotions et nombre de paroliers ne s’y sont pas trompés. Tout au long de sa carrière, Daran a sublimé les textes magnifiques, sensibles, écorchés d’Alana Filippi et de Pierre-Yves Lebert auxquels sont venus s’ajouter avec bonheur des pigistes de la carrure de Miossec.

Quelque peu fâché avec l’hexagone pour des raisons politiques et personnelles, Daran s’est installé au Québec en  2010. Comme il l’expliquait au journal québécois Le Devoir : « «Je m’auto-expulse! Sérieusement, il y a une vie ici qu’il n’y a plus à Paris. Une vie de musicien. Ici, ça joue dans tous les coins pour le plaisir de jouer. Il y a une culture « indie ». Des émergents partout. À Paris, je vois pas d’émergents nulle part. À Paris, t’as trois endroits pour jouer avec les copains, où tu paies l’équivalent de vingt dollars le verre. Pour moi, il ne peut pas y avoir de création artistique si tu ne peux plus aller voir un concert pour le prix d’une bière.» »

Déjà très discret médiatiquement, Daran a ainsi totalement disparu du paysage français. Le microcosme musical consanguin parisien voulant que tout artiste soit mort artistiquement dès qu’il s’éloigne de la capitale, son dernier album « L’Homme dont les bras sont des branches » n’a eu quasiment aucun écho de ce côté ci de l’Atlantique. Sorti en Février 2012, disponible seulement en import, ce bijou de rock bluesy aurait mérité meilleur sort tant il fait honneur à la discographie impeccable du bonhomme.

« L’Homme dont les bras sont des branches » navigue en nuances, entre la caresse et la claque, la force et la faiblesse, la joie et la colère. Jamais soumis, il apporte cette dose d’engagement pesé sans empesage et toujours le lyrisme de cet écorché de 50 balais qui nous envoie valdinguer maintenant dans ce grand nord québécois, son « grand poumon d’air frais ».

Remède à la douleur, à la résignation, au poison de cette grisaille intellectuelle que l’on nous instille patiemment dans notre vieille hexagone en décomposition, Daran vous offre sa musique comme on ouvre ses bras à un ami. Alors n’ayez pas peur, ouvrez vos oreilles pour Daran et respirez ce parfum, c’est celui de la liberté, vous sentez ?

En vidéo, le superbe clip du dernier single « Pas Peur »

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Printemps 2006, renversé cul par dessus tête au 22 Ouest du Printemps de Bourges par une furieuse bande de Rochellais, il était bien clair pour moi que Asyl était clairement le meilleur groupe de rock français de la décennie. Protégés de Daniel Darc, produits par Andy Gill, le groupe emmené par Mathieu Lescop faisait des étincelles avec l’album  désormais culte « Petits Cauchemars entre amis« .

Et puis le temps a passé et Asyl a progressivement perdu le feu sacré, usé sans doute par le road trip rock & roll infernal inhérent à la vie d’un groupe en développement.

Et puis fin 2011, la blogosphère bruisse d’une rumeur, Mathieu Lescop bosserait sur un projet avec le duo post-punk  français John & Jehn…impatience…excitation !

Des démos sont postées sur Noomiz et de semaines en semaines, le projet se précise jusqu’à un EP éponyme : « Lescop » sorti fin 2011 sur Pop Noire, le label de John Hostile, la moitié de John & Jehn,  qui produit également le disque.

Sur cet EP, c’est toute la famille de la new wave française qui revit, de Daho à Taxi Girl, de Kas Product à Marquis de Sade. Textuellement, les ambiances cinématographiques de Jean Fauque ne sont pas loin, tout comme les fulgurances de Daniel Darc. Pop noire comme son label, la musique de Lescop s’est apaisée depuis Asyl mais n’a pas pris de couleur. La mine est sombre et frondeuse, l’atmosphère est tendue, toujours.

Ok, ouais d’accord, Lescop n’est pas super en place niveau chant. Les compos sont bancales, baroques mais fuck ! En 4 titres, on est happé, l’urgence, la mort qui rôde, la nuit, la peur…voici les ingrédients d’un bon disque de rock ! Car Lescop ne sort pas de The Voice, il est sur la route, la poignée dans le coin, toujours à la limite, toujours sur la ligne blanche !

Alors allez jeter une oreille par là, vous ne serez pas déçus :  http://www.deezer.com/fr/music/lescop

 

Comme un hommage à The Cure, La Forêt / Lescop :

 

Pour ceux qui auraient oublié Asyl, révision avec « Intérieur/Extérieur » :

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Archimède est un courant de pop fraîche et décontractée du slip qui nous vient de Laval. Repéré et signé par Sony, ce duo de frangins sort un superbe premier album éponyme en 2009. Clairement inspirés par la pop beatlesienne d’une autre fratrie célèbre et teigneuse, Archimède démontre un sens de la mélodie qui manque beaucoup de ce coté-ci de la Manche. Soutenu par la production somptueuse bien que parfois envahissante de Philippe Paradis (producteur également chez Zazie), l’essai est transformé grâce à des textes d’une grande finesse que beaucoup ont rapproché de Jacques Dutronc, ce qui n’est pas si évident à mon sens.  En effet, Nicolas Boisnard semble posséder un univers bien personnel. Ses influences textuelles seraient plutôt à chercher du coté de la gouaille parisienne, à l’ancienne, nourrie par Audiard, par les premiers textes de Renaud plutôt que du coté des jeux de mots de Jacques Lanzmann.

Un bel exemple de leur savoir-faire avec « L’Eté revient », extrait du premier album, un titre qui met la patate :

Si ce premier album réjouissant fonctionne très bien, un second vient enfoncer le clou en 2011. Conservant ce sens inné de la mélodie et l’aptitude rare à faire « rocker » le français, ils simplifient la production en prenant un virage plutôt « indie pop ». Un peu plus sobre dans sa construction, il allie Oasis aux Franck & Walters, allégeant singulièrement les compositions d’un zeste d’insouciance. Clairement décomplexé, Nicolas Boisnard libère sa gouaille, se fait titi parigot et nous réjouit par sa verve ! Il se paie aussi le luxe de quelques textes engagés aigre-doux que n’aurait pas renié M. Séchan.

Extrait du second album, le single « Le Bonheur » :

Avec ces deux disques, Archimède trouve l’essence du rock français,  narquois, piquant, plein d’esprit, déluré, râleur, peinard, à la coule.  Et ça fait du bien de trouver un groupe français que les grincheux ne pourront rattacher ni à Téléphone, ni à Noir Désir ! Enfin, ce que j’apprécie chez Archimède, c’est qu’ils ont de vraies tronches de rockers, Boisnard a clairement un petit coté « jeune Keith Richards » ! Voila, j’espère vous avoir convaincu que nous tenons là un grand groupe qui mérite le détour.

Pour finir ett pour le plaisir, un superbe exercice de sleeveface :

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Bon ! Pour une fois, soyons bref ! C’est la crise, le krach, la fin du monde. En ces temps troublés, seuls les grands anciens ont les recettes pour nous sortir de la sinistrose. Yes Futur ? Voici le nouveau message des Raoul Petite , avec des vrais morceaux de « Y’en a marre » dedans, du sexe, des vilains mots, des femelles lascives et de la tapenade du Lubéron.

Evidemment si tu ne connais pas Raoul Petite, tu te dis que j’ai fumé un gros sapin dans les toilettes de la médiathèque, chafouin que tu es…alors sache petit scarabée que la bande à Carton écume toutes les scènes rock de France depuis plus de 30 ans. Ces vieux keupons ont inspiré pour le meilleur et pour le pire, deux générations de punks-rockers franchouillards, même que je me suis laissé dire que le « rock festif », tout ça c’est de leur faute, SALAUDS.

Alors si tu aimes les Wampas, le rock métissé, la grosse marade, si tu es un rebelle,  fonds tel l’aigle royal, sur la discographie des Raoul et fonce te procurer l’excellent « Yes Futur ? », meilleur album à ce jour de la joyeuse bande.

J’en profite aussi pour leur rendre hommage, au nom de tous ceux qu’ils enchantent depuis tant d’années, pour tous les services rendus, la patrie des punks reconnaissante !

Une petite sessions acoustique qui présente le groupe :

Y’en a marre (le single, s’il en est)

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Dans le panthéon de mes concerts préférés figurent quelques artistes francophones comme Bashung ou Thiéfaine. Ces deux artistes ont toujours eu pour réputation de bien choisir leurs musiciens sur scène. Cela m’avait surtout frappé avec l’anthologique Tournée des Grands Espaces d’Alain Bashung en 2003. Lors de cette tournée magnifique, j’avais été ébloui par un concert magnifique d’intensité et d’électricité à l’Espace Culturel de Seichamps (54). Dans cette petite salle intimiste, j’avais pris conscience de la dimension de l’artiste, son impact sous estimé sur le rock français. J’avais poursuivi l’aventure sur deux autres dates, ayant la surprise de découvrir un nouveau concert à chaque fois. Effectivement, Bashung avait travaillé sur un répertoire de 70 chansons, respect du public…

Sur ces concerts là, il y avait une autre star. Une ombre blonde captée de temps à autre par la poursuite à des moments épiques. Un chevalier armé d’une six cordes, déclenchait déflagrations sur déflagrations, je voyais  ses riffs construire une véritable cathédrale sonore dans laquelle Alain trônait comme un prince dans son costume sombre. Comme je pu le lire plus tard dans une interview, Bashung expliquait qu’il recrutait sur audition et prenait les musiciens capables de réarranger ses morceaux à leur sauce tout en restant agréable à l’oreille du maître. Lui qui n’était pas manchot à la guitare, et qui avait vu passer la fine fleur des bretteurs électriques, avait donc choisi ce gars au look de metaleux qui faisait tousser les éxégètes bashungiens. Je me suis donc documenté sur Yan Péchin.

C’est à ce moment là que je me suis aperçu qu’il faisait partie des raisons pour lesquelles j’aimais tant Thiéfaine en live malgré la prévisibilité du bonhomme. Peu de guitaristes français m’ont donné autant la patate dans une fosse, je lui tire  donc mon chapeau ici, bravo l’artiste !

Pour la biographie,  on sait peu de choses de lui mis à part qu’il est pote de longue date avec Miossec pour qui il a composé plusieurs titres  de  « Brûle » et « 1964 ». Il a également accompagné Jane Birkin, Brigitte Fontaine, Marianne Faithfull, Dick Annegarn, Marie-France, Chloé Mons, Hubert-Félix Thiéfaine, Christophe Miossec, Raphaël, Jacques Higelin, Buzy, Jil Caplan…etc etc

Au delà des qualités techniques et de la flamboyance de son jeu de scène, ce qui a dû séduire tous ces artistes est que Péchin est un guitariste qui apporte des ambiances, il sculpte le son puis lui donne une couleur. Vous pourrez le retrouver et analyser le phénomène sur la prochaine tournée de Thiéfaine, le « Homo Plebis Ultimate Tour 2011″

Quelques vidéos pour vous faire une idée :

Soleil cherche futur :

Vertige de l’amour :

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Pan sur le bec comme on dit au Canard Enchainé… J’avais fait pas mal d’erreurs et d’oublis dans mon article sur l’univers musical de Diabologum. Francisco Esteves, acteur essentiel de cette galaxie, s’en était ému. Après en avoir discuté avec lui, j’ai décidé de supprimer mon article et de le réécrire.  J’ai promis d’être plus attentif, de professionnaliser mon amateurisme. Cette expérience me rappelle que, comme le dit lui-même Francisco Esteves, les blogueurs ont une responsabilité, celle de ne pas désinformer les lecteurs, et un devoir, celui de sortir l’information musicale des clichés journalistiques habituels. Voici donc l’article dans sa version revue et corrigée :

Comme l’écho du Big Bang initial, la déflagration déclenchée par Diabologum n’en finit pas de résonner dans le triste univers du rock français. Jusqu’à cette année ou l’on vit l’apparition d’un objet musical non identifié du nom de Binary Audio Misfits qui vint mettre un bon coup de pied au cul du rap français…mais n’allons pas trop vite…que s’est-il passé lors des épisodes précédents ?

1993, Toulouse. Michel Cloup, Arnaud Michniak, Pierre Capot et Anne Tournerie sortent le premier album de Diabologum « C’était un lundi après midi semblable aux autres ». Groupe de rock expérimental, Diabologum construit des chansons en copié collé, collages aventureux. L’aventure indé se poursuit en 1994 avec « Le Goût du jour », album plus pop mais toujours dans la mouvance indie.

C’est en 1996 qu’intervient un des tournants de l’histoire du rock français. Le groupe évolue, dans sa composition, Michel Capot et Anne Tournerie s’en vont et laissent la place à Richard Roman et Den’s Degiovanni, mais aussi dans son orientation musicale.                                                                                                                                                                  « #3 » sort dans les bacs et c’est la stupéfaction. Le groupe mélange hip-hop et noisy pop, plaque des textes poétiques, engagés et enragés sur des déluges de guitares noisy nappées de samples organiques. On va mettre des années à digérer cette œuvre là et nombreux sont les groupes qui vont se lancer dans l’aventure après ce choc initial.

365 jours ouvrables par Diabologum :

Au sommet de son art, le groupe se scinde en deux entités. Michel Cloup fonde Expérience, il fait appel à Francisco Esteves, puis le duo évolue en quatuor avec l’arrivée de Patrice Cartier et Widy Marché.  Ils expérimentent alors un genre de noisy pop-electro slammée.                                                                                          « Aujourd’hui maintenant » en 2001, « Hémisphère gauche » en 2004, « Positive karaoke with a gun / Negative karaoke with a smile » en 2005, « Nous (en) sommes encore là » en 2008 seront les fruits de leur travail. Les textes de Michel Cloup claquent comme des gifles dans la face de la société et agissent à chaque fois comme un rappel à l’ordre bien plus efficace que n’importe quel éditorial de nos intellectuels bavards et blanchi sous le harnais.

Massacrer l’ennui par Experience :

De son coté Arnaud Michniak s’associe à Damien Bétous. Le duo fonde Programme, projet très influencé par le hip hop.  Ils y intensifient le travail de collages électronique et posent des textes désespérés sur des beats minimalistes à peine traversés de guitares rageuses. L’ambiance est au noir de noir façon Pierre Soulages. Dépouillement extrême, obscurité névrosée de l’écriture, Programme nous fait voir la face cachée de notre société, de nos vies et de nos petits égoïsmes quotidiens. Les textes frappent justes, on est roué de coups et la musique ne nous aide pas à nous relever tant les beats hardcore succèdent aux dissonances. Écouter Programme c’est aller au fond du puits, traverser le miroir des convenances sociales, c’est faire face au nihilisme et prendre la tempête en pleine tête. Sur les trois albums du groupe, ruez vous sur « L’enfer tiède » sorti en 2002 chez Lithium.

Entre deux feux par Programme :

Hip hop et rock, hip hop et electro, les anciens de Diabologum et leurs comparses cherchent depuis 20 ans à inventer un nouveau language rock français. Tout comme Alain Bashung en son temps, ils cherchent à sortir le rock hexagonal de ses limites. Et si je parle de tout cela, c’est pour mettre en perspective la nouvelle incarnation de ce laboratoire, le groupe Binary Audio Misfits.

Binary Audio Misfits est au départ le projet de Francisco Esteves et Kemal. Francisco fait ensuite appel à ses collègues d’Experience afin de poursuivre l’aventure sous la forme d’un collectif. Intéressés par ce qu’il entendent des rappeurs de World Association sur le web, ils entament une collaboration géniale qui fait « B.A.M ! », le premier album d’un groupe de fusion rock/rap/ franco/ricain. Cela donne un album réjouissant de hip hop alternatif qui nous sauve des bouses infectes dont nous sommes abreuvés par l’industrie musicale. Vous savez ces rappeurs qui ont fait 12 heures de garde à vue et qui en font trois albums genre rap de taulard pour radio FM…

Maintenant pour tout ceux qui croient encore en la qualité de la scène hip hop française, Binary Audio Misfits vient rejoindre La Rumeur, La Caution, Zone Libre, Hocus Pocus ou Lilea Narrative !

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Je sors de mes douces vacances, juste histoire de signaler que France Inter fait une spéciale Bashung tous les dimanches de 12h05 à13h. Cela s’appelle « De l’aube à l’aube » et c’est un feuilleton radiophonique réalisé par la Radio Suisse Romande sur notre Alain national. On s’en fout me direz-vous, blasés que vous êtes par les innombrables reportages et hommages qui lui ont été consacrés après son décès.

Et bien non, on ne s’en fout pas car c’est une véritable mine d’or que nous propose nos amis suisses. Cette saga Bashung est une merveille car plutôt que de faire raconter l’histoire du rocker par un énième journaliste musical, les auteurs du feuilleton ont fait un travail de fourmis dans les archives sonores des grandes radios francophones. Résultat, c’est Alain et ses proches qui vont nous conter toutes les petites anecdotes si parlantes. Cela met en relief l’œuvre de Bashung, on comprend des bouts de textes jusqu’alors obscurs. On saisit l’état d’esprit de l’enregistrement d’un album, on comprend le travail d’un artiste à la lumière de son contexte de création et ça n’a pas de prix pour le fan d’un artiste aussi énigmatique qu’Alain Bashung !

Bien sur, vous avez, sans doute comme moi, loupez une paire d’émissions. Effectivement ce dimanche, Inter diffuse le 6ème épisode. Mais, mirâcle de la technologie, les émissions sont disponibles à l’écoute pendant 60 jours sur le site de l’émission et également en ballado-diffusion.

Alors avis à tous les fans d’Alain Bashung et ils sont nombreux à me faire l’honneur de lire ce blog, jettez vous vite sur ces bijoux radiophoniques, vous m’en direz des nouvelles !

Ep 01 : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/index.php?id=92877

Ep 02 : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/index.php?id=92878

Ep 03 : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/index.php?id=92879

Ep 04 : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/index.php?id=92880

Ep 05 : http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/ete/bashung/index.php?id=92885

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