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Ange-Emile-Jacotey-résurrection-live« Emile Jacotey » est un monument du rock français, disque d’or et classé au plus haut des charts de l’année 1975. Cet album fit du groupe haut-saônois Ange, l’égal des plus grands groupes de rock progressif de l’époque tels que Genesis ou King Crimson.

Plusieurs décennies après sa sortie, Christian Décamps décida de ressusciter le maréchal-ferrant de Saulnot pour un nouvel hommage discographique.

« Emile Jacotey Résurrection » sortit ainsi des presses en 2014, la jeune bande à Décamps reprenant le travail de ses aînés, réorchestrant, réarrangeant magnifiquement le mythique 33 tours.

Fort de ce succès, le Père Décamps décida de fêter dignement les 40 ans de la sortie du disque initial en organisant un concert dans son fief de St Bresson, au beau milieu des Vosges saônoises,  deux soirées estivales désormais anthologiques heureusement enregistrées, filmées et retranscrites ici sur « Emile Jacotey Résurrection Live« ,  magnifique coffret 2 cd et 1 dvd. Et c’est un pur bonheur de retourner sur les traces des fées et de la petite chèvre, ne vous en privez pas !

 

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Dans la série des artistes qui ont marqué l’histoire, on retient peu le nom de David Sylvian. Pourtant peu d’artistes des années 80 ont eu autant d’influence, peu ont été autant copié. Flash back, retour vers 1974 et les années glam !

En 1974, à Londres,  le groupe « Japan » se forme autour de David Sylvian, son frère Steve Jansen, Rob Dean, Mick Karn et Richard Barbieri. Très influencé par David Bowie et Roxy Music ou T-Rex, Japan signe sur le label allemand Hansa et sort son permier album « Adolescent Sex » en 1978. Débarquant au beau milieu de la déferlante punk, le glam-rock précieux de Japan fait un flop en Angleterre mais une belle carrière au Japon et en Europe continentale.

Adolescent Sex /  Japan. Avril 1978.

On le voit, le cheveu est trop long, la silhouette trop androgyne, le look trop maniéré pour 1978. Japan passe au travers de la hype punk.

Mais Japan va se placer sans le savoir en avant garde du mouvement new wave et cela dès son second album, « Obscure Alternatives » toujours en 1978. Plus aventureux, ce second essai intervient alors que le punk s’essoufle et que les premiers tirs post-punks de Howard Devoto et Magazine sont déclenchés. Très influencé par Bowie et le Roxy Music de Brian Eno, Japan fait évoluer ses compositions dans le même sens que les pionniers post-punk que sont Magazine ou P.I.L.

Deviation / Japan. Octobre 1978

Japan est sur la bonne voie, pile dans le son de son époque et poursuit sa mue vers la new wave avec « Quiet life », 3ème album sorti en décembre 1979. Les guitares reculent de plus en plus face à la basse et aux claviers, le son se robotise et se rafraichit. Sylvian s’émancipe vocalement et abandonne sa voix maniérée à la Bowie, il trouve un baryton plus naturel qui deviendra sa marque de fabrique et sera beaucoup imité. Bien que novateur musicalement, l’album ne perce pas au Royaume-Uni, le groupe souffre encore de son image glam. Mais le succès est toujours présent hors de leur frontière.

Quiet life / Japan. Décembre 1979

En 1980, Japan quitte le label Hansa pour rejoindre Virgin et sort ses deux derniers albums « Gentlemen take polaroid » et « Tin drum ». La mue du glam-rock vers la synth-pop est achevée, Japan est même considéré comme partie prenante du mouvement Néo Romantique des Visage, Ultravox, Human League et autres Duran Duran. C’est oublier que Japan a des années d’avance sur ce mouvement et qu’il paraît évident qu’un groupe comme Duran Duran s’est contenté de recopier grossièrement look, son, attitude de la bande de Sylvian. Le plus gros succès commercial de Japan sera le single « Ghosts » extrait de l’abum « Tin Drum ».

Ghosts / Japan. Novembre 1981.

Alors qu’il atteint le sommet des classements et qu’il est enfin reconnu dans son pays, Japan se sépare avec fracas, essentiellement pour la traditionnelle histoire de coeur…les deux leaders du groupe se disputant la même princesse…

David Sylvian poursuit sa carrière en solo et plutôt que de capitaliser sur la bonne recette new wave dont il est un des plus grands chefs, il continue à innover. Il garde de cette manière toujours un coup d’avance sur la concurrence au détriment de son porte monnaie !

A force de tourner inlassablement au Japon, pays qui fut le premier à reconnaitre le talent de Japan, Sylvian a noué de nombreux lien avec des artistes japonais dont certains comme Ryuchi Sakamoto intervinrent sur les derniers albums de Japan. Parmi les plus intéressantes, sa collaboration avec  Sakamoto accoucha de magnifiques projets. Son premier effort solo se fit en duo avec le pianiste japonais, le single « Bamboo House / Bamboo music » sort en 1982. Sylvian et Sakamoto y marient synth-pop occidentale et gammes orientales.

Bamboo Music / Sylvian & Sakamoto. 1982

Suivront d’autres collaborations dont la plus connue est la BOF de « Furyo », le fim de Nagisa Oshima et le magnifique « Forbidden Colors » qui laisse toujours sans voix :

Forbidden Colors / Sylvian & Sakamoto. 1983

De plus en plus expérimental, Sylvian s’adjoint les services de Holger Czukay du groupe « Can », du jazzman Jon Hassell qui rejoignent Sakamoto et Steve Jansen. Ensemble ils réaliseront le premier album solo de Sylvian, le méconnu bien qu’excellent « Brilliant trees » en 1984. D’ambiance plus jazzy, l’album s’éloigne de la new wave, les compositions se complexifient et portent des textes intelligents et lettrés.

Extrait de « Brilliant trees », le single « Red Guitar » :

Suivra en 1985, « Alchemy : an index of possibilities » avec les mêmes musiciens, un album plus difficile, entre jazz, world music et rock progressif. Un exemple ci-dessous avec « Words with the shaman »

Words with the shaman / David Sylvian. 1985

Pour son troisième essai solo, Sylvian s’acoquine avec Robert Fripp de King Crimson et sort un double album « Gone to earth », une face vocale et l’autre instrumentale pour être sûrs d’en vendre 15 millions…

Gone to earth / Japan. 1986

David Sylvian atteint son apogée artistique avec son quatrième album « Secrets of the beehive » en 1987. Sur cet album, Sylvian et Sakamoto retravaillent de concert et arrangent leurs compositions de cuivres, de cordes. Utilisant les synthés à faible dose, l’album a une coloration sombre, romantique et mélancolique. Sylvian se fait crooner sans tomber dans la mélasse. Le disque est un intéressant mélange des univers respectifs des deux collaborateurs, comme un espèce de world music d’avant garde. Le single « Orpheus » est la perle noire de l’oeuvre de Sylvian et on peut franchement dire que c’est un scandale que cet album ne soit pas plus souvent cité dans les anthologies et autres classements du siècle.

Orpheus / David Sylvian. 1987

Suivront douze riches années de collaborations diverses avec Robert Fripp, une reformation de Japan sous le nom de « RainTree Crow » pour aboutir en 1999, à « Dead Bees on a cake ».  Sur ce cinquième album solo, Sylvian est toujours accompagné par Sakamoto et Jansen mais aussi par le guitariste expérimental Marc Ribot et du percussioniste indien Talvin Singh.  Sylvian y chante comme jamais des compositions de plus en plus influencées par l’Asie. On y retrouve quelques pépites comme le très oriental « Krishna Blue » :

Après deux compilations, Sylvian quitte Virgin et fonde son propre label, « Samadhi Sound ». Il y sort l’album « Blemish » en 2003 puis « Manafon » en 2009. « Blemish » est un disque introspectif et spectral. Il tranche singulièrement avec le solaire et tranquille « Dead Bees on a cake ». Moins accessible que le reste de la production de Sylvian, on navigue entre ambient et musique expérimentale. « Manafon » poursuit sur le même chemin, sillonant les sentiers de la musique improvisée, du jazz d’avant garde et de la musique contemporaine mais sans jamais oublier la mélodie et le caractère sentimental de la musique de David Sylvian.

A l’heure ou un Bryan Ferry encensé reforme Roxy Music, on ne peut que ricaner à comparer les oeuvres respectives. Bryan Ferry innova quelques années grâce au travail de Brian Eno puis se glissa dans le moule douillet de la synth-pop 80’s avant de se contenter de faire le crooner jazzy. Alors que la carrière de Sylvian n’est qu’une lente montée vers les hautes sphères artistiques, un refus du compromis, de la facilité et du mainstream. J’espère que ce très long article participera à la reconnaissance méritée de cet artiste et surtout qu’ à ce que l’on cesse de décrier la musique des années 80 !

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Rodolphe Burger nous enchante depuis plus de 20 ans ! Tantôt avec son groupe Katonoma, horizon indépassable du rock français, tantôt en solo dans ses projets électro-rock planants. Rodolphe Burger, c’est aussi un producteur aux doigts d’or pour Bashung, Jeanne Balibar, Higelin. Brillant dans ses oeuvres et aussi ses collaborations parmi lesquelles on ne peut que citer l’excellent « Before Bach » avec le chanteur breton Erik Marchand.

Burger, c’est avant tout une couleur musicale. Un noir moiré de pourpre satinée, d’élégantes arabesques de guitares légères comme des nuages, mais comme des nuages d’orages, tendus, électriques. Pour moi Burger personnifie la new wave à la française, une musique romantique au fort sentiment de mortalité et d’urgence, entre impressionisme et expressionisme rentré.

Il a sorti cette année un nouvel album « Valley Session », enregistré en live dans son antre avec de brillants comparses comme Erik Truffaz à la trompette et Hammel à l’harmonica. Sur cet album, Burger revisite une partie de son répértoire, les réarrange, triture à nouveau comme sur « Lady of Guadalupe » ou « Que sera votre vie? ». On connait son goût des reprises bien senties et ici il ne faillit pas à sa réputation avec un splendide « Love will tear us apart » que Ian Curtis doit sans doute goûter depuis son exil dans l’autre monde. Rodolphe reprend aussi le Velvet sur « Pale Blue eyes », il semble très à l’aise dans les bottes de Lou. Enfin, on se doit de dire un mot sur la superbe reprise d’une folk song popularisée par Dylan, « Moonshiner », reprise transcendée par la finesse atmosphèrique du guitariste alsacien !

Bref, allez faire un petit tour dans l’univers de Rodolphe, sur Valley Session bien sur mais n’hésitez pas à parcourir son oeuvre tant elle fait honneur au rock hexagonal ! J’allais oublier,un bon Burger ça se chope en live surtout !!

Love will tear us apart :

Pale blue eyes :

Un petit Katonoma pour la route :

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