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Posts Tagged ‘Sex Pistols’

14 février 1976 : les Sex Pistols sont au studio d’Andrew Logan. Le jour de la St Valentin, ce sculpteur renommé  invite les huiles du monde artistique et toute la jet-set du moment dans son atelier pour une fête.

Les Sex Pistols sont recrutés pour être l’animation musicale et visuelle, Logan en aura pour son argent. Un Rotten gavé d’acide et de speed admoneste un public interloqué, détruit tout ce qui lui tombe sous la main. McLaren, pour ajouter au chaos, envoie sur scène une de ses vendeuses, la punkette Jordan.

 

 

 

 

 

 

 

Dansant devant le groupe, elle est peu à peu déshabillée par un Rotten lubrique pendant que le groupe reprend No Fun des Stooges à plein volume. Ce concert-happening destroy a lieu devant tout ce que la ville compte de journalistes branchés ébahis. Le lendemain, photos et articles font une publicité inespérée au groupe. McLaren a réussi son coup, les Pistols sont des stars. Durant toute la courte carrière du groupe, il va s’ingénier à déclencher scandales sur scandales, bagarres, interviews saignantes.

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Previously on Rock & New Wave : Le premier concert des Pistols à la St Martin’s School of Art

« Le 06/11/1975, les Sex Pistols montent sur la scène. Adam Ant, chanteur de Bazooka Joe raconte : « Ils sont entrés comme un gang : on aurait dit qu’ils n’en avaient rien à foutre de personne. »

Après ce premier concert chaotique, les Pistols sont toujours dans l’ombre. Encore inconnus, ils peinent à trouver des endroits où se produire. Ils mettent alors en pratique l’idée situationniste de détournement. Véritable guérilleros, ils s’incrustent dans les concerts étudiants, se faisant passer pour le groupe de première partie. Ils montent sur scène à toute vitesse avant que le vrai groupe prévu n’arrive et envoient le chaos musical ! En quelques concerts chaotiques, ils sont suivis par une base de fidèles, le Bromley Contingent. Le terme a été inventé par la journaliste Caroline Coon pour désigner ces adolescents dont la plupart habitait à Bromley, une petite ville située à la périphérie de Londres. Parmi eux, Steve Severin et Siouxsie Sioux (futurs leaders de Siouxsie & The Banshees), Bill Broad (futur Billy Idol) et John Ritchie (alias Sid Vicious). SiouxsieJordan et Sue Catwoman définiront le look punk au féminin en arborant les créations de Vivienne Westwood.

Malcolm Mc Laren finit par leur trouver une date plus prestigieuse, le mythique Marquee, voici un tremplin idéal pour un jeune groupe plein d’avenir…

12 février 1976, les Sex Pistols vont jouer en 1ère partie d’Eddie & The Hot Rods, excellent groupe de pub rock très renommé à l’époque. Dans ce club mythique de la pop, les Pistols débarquent comme des furies, insultent le public, qu’ils considèrent comme de sales hippies, finissent par détruire la sono avant de se faire jeter par les roadies des Hot Rods. Dans la presse, les Hot Rods les accusent de ne pas savoir jouer. Steve Jones leur répond : « On ne fait pas de la musique, on fait du chaos. » Tout est dit !

Afin d’illustrer les tractations actuelles entre Universal et EMI pour le rachat de cette dernière, voici sans doute l’opinion la plus tranchée sur la question :

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Previously on Punk & New Wave :

Bernie Rhodes présente John Lydon à Malcolm McLaren. Celui-ci organise une rencontre entre Jones, Cook, Matlock et John Lydon dans un pub miteux de Chelsea. Il organise une audition devant le juke box de la boutique. Le futur Rotten passe le test avec succès, la formation séminale des Pistols est rassemblée.

Le premier concert des Sex Pistols :

Glen Matlock est étudiant à la St Martin’s School of Art, il réussit à faire programmer son groupe en première partie de Bazooka Joe, obscur groupe de rock local.

Malcolm McLaren met alors en place la diabolique stratégie marketing qui mènera ses troupes à l’assaut de la conservatrice Albion. Il troque le nom « The Swankers » pour quelque chose de plus percutant. Désireux de  créer un événement chaotique, nihiliste, haineux, susceptible de marquer les esprits et surtout d’accompagner la révolution stylistique mise en place à Sex, il rebaptise le groupe « Sex Pistols ».

Outil de promotion pour ses fringues ou cheval de Troie de ses idées situationnistes, disons plutôt que le groupe lui servira à assouvir sa cupidité et son désir de propager le chaos !

Le 06/11/1975, les Sex Pistols montent sur la scène. Adam Ant, chanteur de Bazooka Joe raconte : « Ils sont entrés comme un gang : on aurait dit qu’ils n’en avaient rien à foutre de personne. John portait un pantalon baggy rayé avec des bretelles et un T-shirt déchiré sur lequel il avait écrit « I hate Pink Floyd ». Jones était tout petit, il ressemblait à un jeune Pete Townshend. Matlock avait un pantalon avec des tâches de peinture et un haut de femme en cuir rose. Paul Cook ressemblait à Rod Stewart, un vrai petit mod (…) A la fin du concert, Rotten insulta Bazooka Joe en disant qu’on était qu’une bande de sales cons. »

Ainsi donc Johnny Rotten haineux siffle sa rage à une foule d’étudiants en art peu préparés à recevoir autant de haine et de frustration. Ils jouent 5 titres puis sortent sous les huées. McLaren a ce qu’il voulait, on allait parler de lui et de son groupe.

Anarchy in the UK (live 1976) :

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Malcolm McLaren est né le 22 janvier 1946 à Londres (Angleterre) dans une famille modeste. Alors étudiant, Malcolm est très marqué par les révoltes étudiantes de Mai 68 et notamment les idées propagées par les anarchistes tendances « situationnistes ». Disciples du philosophe Guy Debord, ils prônent alors le détournement, stratégie consistant au renversement de l’ordre esthétique en réutilisant les slogans, les images publicitaires ou encore les campagnes de marketing pour créer une nouvelle œuvre portant un message différent, opposé au message original. Le situationnisme veut d’abord dépasser les mouvements artistiques révolutionnaires d’avant-garde du XXe siècle comme Dada ou le Surréalisme. Puis peu à peu, il prend conscience qu’en restant un simple mouvement artistique, il participe à la « Société du Spectacle » que Guy Debord fustige dans son œuvre célèbre. Les situationnistes décident donc de promouvoir l’instauration du chaos par le détournement, menant à une révolution sociale. Cette révolution devant conduire à la constitution d’une société égalitaire. Le jeune Malcolm saura s’en souvenir.

Il quitte le milieu universitaire et devient le gérant, avec sa compagne, la styliste Vivienne Westwood, de la boutique londonienne « SEX » située sur Kings Road. Avec elle, il commercialise des vêtements et accessoires, en vendant à une clientèle attirée par la mode rock des 50’s. Fan de musique et désireux de mettre en pratique ses idées situationnistes sur l’art et le chaos, il deviendra sans succès manager des New York Dolls. Cependant son escapade américaine l’amène à rencontrer la nouvelle scène punk new yorkaise. Devant les looks, l’attitude rock’n’roll des musiciens, les réactions outrées des braves gens et l’évidence du succès potentiel que peuvent avoir ces groupes sur la jeunesse britannique, Malcolm flaire le bon filon. Il emporte dans ses valises, le look de Richard Hell, guitariste de Television. Lui et Vivienne remisent à la poubelle les fringues ringardes qu’ils vendaient et créent une nouvelle collection de vêtements « anti-mode » et provocante. Après Hell, ce sera John Lydon, le futur Johnny Rotten, qui lui inspirera ses tenues les plus célèbres. La clientèle de jeunes attirés par la hype autour de la boutique va se révéler être un vivier de futures stars du punk. McLaren va tenter de faire de sa boutique Sex, un genre de Factory Warholienne, vivier d’idées, de hype, de talents, cour des miracles de la fin des 70’s, et il y parviendra.

Pistols première version

Désireux de poursuivre son chemin dans le management, Malcolm trouve plus malin de recruter lui-même un groupe. Décidé à former un gang suffisamment solide pour déclencher le chaos dont il rêve, il recrute quelques petites frappes qui trainent dans sa boutique, ce seront les Sex Pistols. Les Pistols feront beaucoup pour forger le mythe McLaren, cette légende très surfaite du fin stratège ès communication. Il est d’ailleurs amusant de confronter les différentes versions de la saga Sex Pistols selon qu’elle est racontée par Malcolm ou John Lydon. En fait, Malcolm McLaren a un talent inouï pour exploiter le talent des autres. Il se fait un nom dans la mode grâce à Vivienne Westwood qui elle-même doit beaucoup de ses idées vestimentaires à Richard Hell et John Lydon. Sa rencontre avec John Lydon et son copain Sid vont aussi lui permettre de s’enrichir scandaleusement à leurs dépens. A mon sens, Malcolm eut seulement le talent de maintenir ensemble les Pistols suffisamment longtemps pour qu’ils changent le monde de la musique. Pour le reste, il s’est simplement contenté de rester dans l’aura chaotique du génie Lydon, beaucoup plus talentueux que son mentor ! McLaren saura ainsi habilement détourner argent et lauriers, profitant avec un certain cynisme de la publicité autour de l’autodestruction de Sid Vicious. Ecœuré par la déchéance de son copain et par le manque de scrupules et la malhonnêteté de McLaren, Lydon jettera l’éponge et quittera le groupe.

Duck Rock

La suite de la carrière de manager de Malcolm McLaren sera à l’aune de sa gestion des New York Dolls, une catastrophe. Adam and the Ants, Bow Wow Wow, Jimmy the Hoover seront coachés sans succès. McLaren essaya bien de reproduire les provocations initiées avec les Pistols mais en pure perte. Le véritable talent de McLaren était qu’il sentait son époque. Il avait deviné l’amorce d’un mouvement culturel dans l’effervescence d’un bar crasseux du Bowery new yorkais. Des années plus tard, il flairera la vague hip-hop avec une bonne longueur d’avance sur tout le monde. Il sera ainsi le premier blanc à sortir un disque de rap en 83, le cultissime « Duck Rock » !

Agitateur d’idées, manager raté, musicien intéressant, gestionnaire habile, bateleur et mythomane, cynique et sans scrupules, érudit et rusé, Malcolm McLaren est indéniablement un des personnages emblématique des 80’s, rempli de contradictions, il cachait sous une pellicule superficielle un talent sans doute sous employé. Il fut probablement débordé par ses mauvais penchants mais sa grand-mère ne lui disait-elle pas sans cesse : « To be bad is good… to be good is simply boring »

Malcolm McLaren est décédé le 8 avril 2010 dans une clinique Suisse, d’un mésothéliome, un cancer de la plèvre. Il fut inhumé chez lui dans le Nord de Londres, au cimetière de Highgate. Rest in peace, vieil escroc !

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Lu dans la bio que consacre Ungemuth (le vengeur masqué et rare journaliste talentueux de Rock & Folk…) aux Sex Pistols (la meilleure bio française sur les Pistols et de loin, sortie en 96 et encore dispo en librairie ) . Sur une question d’un journaleu à Johnny Rotten, pourquoi il a accepté une reformation après avoir refusé pendant 18 ans, il répond du tac au tac : « Nous nous sommes découverts une cause commune, et c’est votre argent. »

C’est pour ça que je préfère Johnny Rotten à Jonny Wilkinson !!!!

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