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Posts Tagged ‘Truffaz’

Voici venu le temps de faire un bilan de cette année discographique ! Bien sur, je n’ai pas eu le temps de tout écouter et bon nombre de disques 2012 susciteront mon enthousiasme (je l’espère), suffisamment pour que j’en parle ici même ou encore ici.

Faisons un bref tour de la question avec ces 6 tiercés gagnants dans l’ordre. Des grosses cotes, des outsiders, peu de gros favoris et donc d’intéressants rapports à dégager des courses 2012 !!! Allez c’est parti !

Top 3 frenchy :

1. La Taille de mon âme / Daniel Darc. Notre survivor à nous. Il marche sur les traces pop de Gainsbourg mais à sa manière, inégalable et indépendante.

2.Lescop / Lescop. Il arrive  deuxième juste derrière son grand frère musical, Mathieu Peudupin nous avait retourné avec Asyl, meilleur groupe français des années 2000. Il confirme en solo avec un album noir et classieux.

3. Vers les lueurs / Dominique A. Valeur sûre de la scène pop française, Dominique A, c’est la ligne claire, la pop classique à son meilleur.

Top 3 Rock :

1. Main Obsession / Wall of Death. J’en ai longuement parlé ici, cet album est une merveille psychédélique acidulée.

2. This is P.I.L. / P.I.L.. Il ne semblait plus rien sortir de bon du cerveau malade de John Lydon, si ce n’était que d’hilarantes provocations et autres bouffonneries irrévérencieuses. Mais comme à chaque fois, le lutin irlando-londonien nous a bien surpris avec ce classique electro-dub instantané !

3. Banks / Paul Banks. La voix profonde et mélancolique du chanteur d’Interpol nous avait manqué et c’est bien l’ombre du groupe qui flotte sur cet album splendide.

Top World :

1. Tout simplement / Beltuner. Le quartet vosgien excelle sur scène dans des sets débridés où les chevaux tziganes sont lâchés. Dès Âme Indigo, le premier titre de l’album, Johann Riche ouvre son coeur-accordéon en deux et il en sort des vagues de notes vous emportant à la dérive loin loin loin…

2. Heart & Soul / Clinton Fearon. Le mythique bassiste des Gladiators reprend les tubes qu’il avait composé dans ses jeunes années roots. Comme patinés par l’usure du temps, ils n’en sont que plus beaux. Par ici, pour en savoir plus.

3. Mieux vaut rire…/ Aissate. Aissate est une jeune Thillotine d’origine Mauritanienne qui chante en français et en peul. Particulièrement remarquée pour ses textes fins et engagés, Aissate se démarque également par une touchante sincérité et une interprétation toute en nuance, entre insolence, défi, douceur et malice.

Top 3 Jazz :

1. Blue Moon / Ahmad Jamal. Acoquiné avec des gars du septet de Wynton Marsalis, des mecs réglos comme on en fait plus,  Ahmad Jamal est de retour façon poids lourd avec « Blue Moon », méchante synthèse tradition/modernité. Il nous donne à entendre exactement ce que l’on veut quand on pose un disque de jazz sur une platine : du swing, du groove, de l’inventivité, des sentiers sinueux emplis de découverte et une atmosphère.

2.El Tiempo de la Revolucion / Eric Truffaz Quartet. Après le magnifique « In between », Truffaz poursuit sa quête du son cool universel. Il enchante avec ce suave mélange jazz, pop, world et electro.

3.Wind / Ibrahim Maalouf. Le fils spirituel de Miles Davis rend hommage à son maître sur cet album cinématographique saisissant.

Top Classique :

1. A Mass of Life / Frederick Delius par le Bach Choir de David Hill chez Naxos. Pour les 150 ans du compositeur, David Hill met une bonne gifle à tout le monde en signant LA version de cette Messe de vie ! Avec le gigantesque Bach Choir et un orchestre au diapason, Hill nous transporte dans cette œuvre poétique dédiée et inspirée d' »Also sprach Zarathoustra » de Nietzche.

2. Encuentro / Quatuor Caliente. Le quatuor reprend la musique d’Astor Piazzolla et de Gustavo Beytelmann et donne au tango nuevo ses galons de musique contemporaine.

3.  Violin Concertos / Alban Berg, Ludwig van Beethoven par Isabelle Faust. Véritable sommet de la musique du 20ème siècle, le Concerto pour violon de Alban Berg est magnifié par interprétation d’Isabelle Faust.

Top BOF :

1. Skyfall / Thomas Newman. Ce dernier apporte une touche de modernité à la franchise bondienne. S’affranchissant de l’héritage de John Barry sans le dénaturer, il rend une copie moderne et parfaite.

2. Hobbit / Howard Shore. Shore reprend les thèmes superbes de la trilogie du Seigneur des Anneaux et les adapte à ce Hobbit avec beaucoup de verve et son habituel ton héroïque.

3. The Girl with the dragon tattoo / Trent Reznor. Le leader de Nine Inch Nails a fait ses preuves avec la belle BO de The Social Network. Il excelle ici dans l’univers sombre et violent de Stieg Larsson.

Ouf ! Voila pour 2012 ! Si vous êtes arrivés jusqu’ici, MERCI ! Je vous souhaite de bien fêter le passage à 2013 ! A l’année prochaine !

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Dans le milieu des amateurs de jazz, Erik Truffaz ne fait pas l’unanimité. Il est de bon ton, quand on est un puriste très chiant, de lui rentrer dedans, mettant en avant sa lente dérive pop et ses prétentions avant-gardistes.

Il ne faut surtout pas écouter ces pisse-froids, laissons-les s’extasier sur un énième album de bop progressif et voyons un peu quelle pépite nous a concocté le trompettiste !

Comme beaucoup de Suisses, Truffaz est un grand voyageur. Il l’a prouvé sur bien des albums, donnant le tournis d’Arkhangelsk à Bénarès, de Mexico à Addis Abeba. Avec « In Between », c’est à un voyage intérieur que nous sommes invités. De retour avec son Quartet, Truffaz fait dans l’introspectif.

L’album est sombre, mélancolique, d’une beauté noire et vénéneuse. On s’approche, attiré par le son d’une trompette caressante et l’on est happé par un trou noir de groove, anesthésié par les nappes psychédéliques d’un orgue Hammond trafiqué.

Benoit Corboz a remplacé Patrick Muller aux claviers et sa venue est bénéfique à l’ensemble tant son apport au niveau du son est spectaculaire. Virtuose et d’une approche très pop psyché, sa présence au Fender Rhodes donne également une couleur très funky sur certains titres. Marc Erbetta donne également une rythmique impeccable, parfois rock, bien épaulé par un Marcello Giuliani très cool.

Ajoutons à cela, la collaboration sur deux titres de Sophie Hunger, dont le saisissant « Let me go ». La suissesse s’y entend sur les morceaux downtempo, on l’avait vu sur la reprise « Le vent nous portera » de Noir Désir dont elle a fait un standard instantané. Elle nous prend ici aux tripes et magnifie la composition, tout en retenue et sobriété.

Courrez vous procurer cet album, encore une fois, Erik Truffaz est parvenu à sortir le jazz de son ghetto, lui redonnant son identité de musique populaire.

En vidéo, « In between » enchainé par « Let me go » filmé live sur le plateau de l’excellente émission « One shot not » :

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Rodolphe Burger nous enchante depuis plus de 20 ans ! Tantôt avec son groupe Katonoma, horizon indépassable du rock français, tantôt en solo dans ses projets électro-rock planants. Rodolphe Burger, c’est aussi un producteur aux doigts d’or pour Bashung, Jeanne Balibar, Higelin. Brillant dans ses oeuvres et aussi ses collaborations parmi lesquelles on ne peut que citer l’excellent « Before Bach » avec le chanteur breton Erik Marchand.

Burger, c’est avant tout une couleur musicale. Un noir moiré de pourpre satinée, d’élégantes arabesques de guitares légères comme des nuages, mais comme des nuages d’orages, tendus, électriques. Pour moi Burger personnifie la new wave à la française, une musique romantique au fort sentiment de mortalité et d’urgence, entre impressionisme et expressionisme rentré.

Il a sorti cette année un nouvel album « Valley Session », enregistré en live dans son antre avec de brillants comparses comme Erik Truffaz à la trompette et Hammel à l’harmonica. Sur cet album, Burger revisite une partie de son répértoire, les réarrange, triture à nouveau comme sur « Lady of Guadalupe » ou « Que sera votre vie? ». On connait son goût des reprises bien senties et ici il ne faillit pas à sa réputation avec un splendide « Love will tear us apart » que Ian Curtis doit sans doute goûter depuis son exil dans l’autre monde. Rodolphe reprend aussi le Velvet sur « Pale Blue eyes », il semble très à l’aise dans les bottes de Lou. Enfin, on se doit de dire un mot sur la superbe reprise d’une folk song popularisée par Dylan, « Moonshiner », reprise transcendée par la finesse atmosphèrique du guitariste alsacien !

Bref, allez faire un petit tour dans l’univers de Rodolphe, sur Valley Session bien sur mais n’hésitez pas à parcourir son oeuvre tant elle fait honneur au rock hexagonal ! J’allais oublier,un bon Burger ça se chope en live surtout !!

Love will tear us apart :

Pale blue eyes :

Un petit Katonoma pour la route :

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« Face à Face » d’ Erik Truffaz est un double album live du trompettiste suisse sorti en 2006. Ce n’est donc pas une nouveauté mais comme je viens de flasher sur ce disque, hop un petit billet là dessus !

Erik Truffaz est un trompettiste jazz qui incorpore dans ses expérimentations, la musique électro, la musique orientale et le rock. A la première écoute, on ressent un lien avec le son de Miles Davis, on peut effectivement difficilement être trompettiste au 21e siêcle sans être comparé à ce génie.

Truffaz joue en général avec deux quartet différents, le « Erik Truffaz Ladyland » et le « Erik Truffaz Quartet ». Ces Quartet comprennent en général, un batteur, une basse électrique, une guitare électrique et un chanteur sur certains titres. Sur cet album live, on saisit toute la qualité du travail de Truffaz, sa tentative d’envoyer le jazz en orbite sur d’autres planètes. Le premier disque présente les compos de Ladyland et le deuxième celles du Quartet. Sur une ryhtmique très électro limite drum’n’bass parfois, le son mélancolique de la trompette surfe sur des nappes de guitares très orientales. Sur certains morceaux, la voix du chanteur soufi Mounir Troudi vous envoie dans la stratosphère et les interventions très trip-hop de Nya font penser à Massive Attack.

Jazz, drum’n’bass, trip-hop, rock prog, ambient, electro-world, tous ces genres se retrouvent en sarabande dans la musique de Truffaz, un souk organisé qui retombe toujours sur ces pattes. Si vous voulez écouter du jazz moderne, pas trop bavard et accessible à toutes oreilles, ce disque est pour vous.

A voir sur Youtube : http://www.youtube.com/watch?v=Ku47l0kcGzg

A écouter sur Myspace : http://www.myspace.com/truffaz

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