Abonnez-vous aux 
Articles
Commentaires

Eiffel, retour gagnant

“A Tout Moment”, le dernier album d’Eiffel vient de sortir et c’est une réussite qui replace les bordelais au sommet du rock français. Lyrique et engagé avec le single “A tout moment la rue”, poétique et romantique avec “Minouche”, Eiffel trouve un équilibre rare dans le rock hexagonal. Humeau a, en effet, grimpé encore quelques marches vers le statut d’auteur avec des textes raffinés, imagés et particulièrement bien soutenus par des compositions sur mesures. Et quand il se permet d’adapter du Villon, il entre simplement dans le panthéon des grands rockers, aux cotés de Lavilliers et Bashung ! Enfin c’est avec une pointe d’émotion nostalgique, que l’on assiste à un genre de passage de relais, entre Bertrand Cantat et Romain Humeau. En effet,  celui qui jusqu’ici planait comme une ombre sur la musique d’Eiffel vient effectivement faire les choeurs sur ” A tout moment la rue”.

Voila, le 4ème album d’Eiffel vient à point nommé relancer un rock français bien pâlichon et prouve une nouvelle fois qu’il est possible de le chanter dans notre langue. Il suffit pour cela d’avoir simplement du talent et le feu sacré, bien autre chose en tout cas que ce que nous propose l’industrie musicale actuellement…

Goulayant Goulash !

Le Freylekh Trio est composé des frères Feterman, membres de la Caravane Passe et du Toubab All Stars, et du violoniste Jacques Gandard. Les trois compères revisitent la musique klezmer et gitane depuis quelques années déja. Musiques de diasporas, leurs mélodies sont des cavalcades effrénées ou jaillissent fureur de vivre juive et mélancolie balkanique.

Sur leur dernier album “Le Freylekh Trio featuring Goulash System“, ils s’entourent de musiciens rencontrés dans les rues de Paris, serbes, américains, hongrois, roumains, camerounais, tsiganes, ashkenazes…et les voila partis à l’assaut du métro, des bars du 20ème, des rues de Paname !

Laissez vous gagner par la Freylekh frénésie, lâchez les chevaux sur ce klezmer power !!!!

Retour des Pixies

Comment écouter un nouvel album des Pixies sans avoir à se fâner une reformation pénible et pachydermique ? Il suffit de glisser dans la platine “Petits Fours” de Grand Duchy !

Car avec cet album sorti au printemps 2009, Franck Black a étonamment retrouvé Black Francis ainsi que sa légéreté, sa jeunesse, son inspiration pop. Que dit-on dans ces cas là ? Cherchez la femme ? Effectivement, ce retour de flamme indie pop, on le doit sans doute à Violet Clark, sa nouvelle compagne, pour qui il a composé ce disque.

Tout ragaillardi, le Franck nous ravit de ballades, de sha la la, de vocaux mixtes, de mélodies entêtantes. Certes, cela sonne comme un Pixies, la ressemblance entre les voix de Violet et de Kim Deal est frappante. Mais Grand Duchy apporte une touche sensuelle, décontractée, une couleur beaucoup plus chaleureuse que les titres torturés et névrosés des jeunes Pixies.

“Petits fours ” mérite mieux que la relative indifférence dans laquelle il est sorti, parole d’indie boy !

Illustration en vidéo avec le très “Curesque” Lone Song :

Regardant nos chaussures…

C’était logique et je l’esperais un peu, après avoir revisité les années 80 avec le revival post-punk des Interpol, Editors, White Lies et toute la flopée de groupes néo new wave aux sonorités glacées, il fallait bien qu’on y arrive !

Car chronologiquement, après la new wave et les groupes synth-pop, après les 80’s, on arrive à l’indie pop des 90’s. Et qui dit indie pop dit, entre autres, shoegazing !

The Big Pink est un duo londonien composé de Robbie Furze et Milo Cordell qui vient de sortir son premier album ” A Brief history of love”. Nos deux lascars connaissent bien leur sujet pop, Milo Cordell est en effet à la tête du label Merok Records (Klaxons, Teenagers).

The Big Pink se parfume de nostalgie 90’s. De belles mélodies pop sont construites sur des murs de guitares fuzz, des voix mélancoliques désincarnées. “A Brief History of Love” doit donc beaucoup aux glorieux ancêtres shoegazers “My Bloody Valentine” ou “Ride” mais pas seulement.

Avec une production moins brute de décoffrage que leurs aînés et des arrangements actuels, le duo réussit une belle synthése entre cold wave, shoegazing, indie pop et electro moderne. On ne surprendra personne en précisant que cet excellent premier album vient juste de sortir chez 4AD.

Mélancolique, romantique et noisy, The Big Pink arrive au bon moment après l’anniversaire Stone Roses ! Le monde est prêt, laissons nous pousser la mêche et regardons nos chaussures !

Un oiseau de paradis

Révélée par son premier et magnifique album « L’Autre Bout du Monde », Emily Loizeau revient accompagnée d’une pléiade d’artistes pop comme Moriarty, Herman Dune ou chanson comme Fersen, Olivia Ruiz. Des personnalités qui collent bien à l’atmosphère onirique et poétique de ce pays sauvage. Un pays qui pourrait bien être le nouveau monde tant l’Amérique résonne dans la musique d’Emily, du folk au gospel, de la pop jusqu’à la country. La jolie brune est franco-britannique et ses racines métissées lui permettent de réaliser le parfait cross-over entre la chanson française et la pop britonne, comme si Georges Brassens faisait le boeuf avec Bob Dylan !

Voici donc, enfin, une chanteuse française qui groove, avec un grain de voix profond, sans le manièrisme d’une Camille ou la mollesse d’une Maurane. Elle a la classe, elle a la soul, les fêlures qui font les grands artistes, bref…allez écoutez ce lovely hippy brown bird !

J’ajoute un lien ici avec le site  de Taratata, juste pour le plaisir de partager ce grand moment de musique, le magique duo avec l’énorme Arthur H. sur la reprise de “Sweet Dreams”, pfffff les frissons !

Cold wave XXL

Dernière réplique du tsunami post-punk des 70’s, The XX. Groupe de 4 londoniens de 20 ans, à peine sorti du lycée qui navigue entre synth-pop et cold wave, le tout produit et arrangé de fort belle manière par Jamie Smith, master es machines du groupe.

On peut sentir dans leur musique des influences diverses, une guitare très “Durutti Column”, un chant féminin à la “Young Marble Giant”, des ambiances très “Cocteau Twins”. C’est mélancolique, ça sent le fog londonien mais sans tomber dans la nostalgie. The XX compose de belles mélodies et l’apport des programmations, groovebox et autres synthés sauve leur musique de la redite néo new wave. A conseiller donc comme groupe de la rentrée !

Epidémie Klezmer

CoverZaraza

Zaraza en polonais signifie « épidémie » et vous allez être contaminé par la musique de cet ensemble hollandais ! La musique klezmer est la tradition musicale des juifs d’Europe centrale et ces musiciens en reprennent la fougue et la mélancolie tout en les portant à leur paroxysme dans une sarabande folle. Le dessinateur Joann Sfar qui signe la pochette de l’album fait mouche, quand il dit d’Amsterdam Klezmer Band, qu’il sont les Pogues en Klezmer.

Entre fanfares balkaniques, traditions ottomanes, slaves, tziganes et juives,  Zaraza est une invitation au voyage, à la danse, à la fête et surtout à la fraternité !

Manu Chao m’a mis KO

La Fête de l’Huma 2009 restera un grand crû. Une affluence record le vendredi avec pas loin de 90 000 personnes devant la grande scêne pour accueillir la star alternativo-altermondialiste Manu Chao et son Radio Bemba.

Vendredi 12 septembre, 20h00, première partie groovy de Keziah Jones. Échauffement idéal tout en souplesse avant la furia latina, Keziah déroule un set funky et décontracté qui fait rouler les hanches d’un public ravi par les petites phrases en français. Une reprise de Hendrix et quelques tubes plus loin, l’homme aux doigts d’or pose sa guitare, lève le poing et salue, avant de laisser la place libre à un speaker limite inquiet devant la marée humaine qui afflue par vagues.

21h40, pile à l’heure, les beats de Radio Bemba retentissent, en fond de scène, on aperçoit un Manu électrique qui sautille avant de courir prendre le micro sous l’ovation de la foule. Une foule serrée et compacte qui tangue et qui déborde, en crue, inondant jusqu’aux stands et allées de la fête. Il faut prendre son courage à deux mains pour se jeter dans la bataille et accéder aux premiers rangs en fusion. Et là, c’est le volcan, on oublie tout, la foule exulte, éructe. Chao en chaman indien porte ses fans vers la transe. Pendant 1h40, rendus à des instincts primitifs, on se laisse emporter dans une danse tribale, collés, soudés les uns aux autres. Heures folles où l’on reprend les mots lancés par Manu jusqu’à l’aphonie…

Musicalement, pour ne pas tomber dans la béatitude, on regrettera l’absence de la moitié du groupe. Absence compensée par la fougue et l’expérience des artistes mais bon, deux ou trois cuivres en plus, quelques chœurs plus enlevés et la fiesta aurait été démente !

Malgré tout,  je sors de ce live, rinçé, vidé, muet, sourd mais heureux et conscient d’avoir vécu un grand moment, de ces moments qui marquent une vie. La fête de l’huma, un concert de Manu Chao et on reprend conscience et confiance dans la puissance d’un collectif soudé par l’humanisme.

Stone again !

stonerosesSéquence nostalgia, je vais en faire pleurer plus d’un je le sens !

Il y a 20 ans, sortait un des plus grands albums de rock de tous les temps. Stone Roses, avec son album éponyme, mettait un terme brillantissime aux années 80 et annonçait des 90’s psychédéliques à souhait. Parfaite synthèse entre Joy Division et New Order, entre deux époques,  les mancuniens allaient extasier le tout Madchester avec un premier LP inimaginable…

Des coupes au bol jusqu’aux jeans baggy, des t-shirts colorés aux pupilles dilatées, des pédales wah-wah aux rythmes funks et psychés, les Stone Roses allaient influencer tout le courant indie pop à venir…les 90’s ne s’en remettraient jamais tout à fait !

Souvenir souvenir, on remet les compteurs sur l’été 1989, c’est parti Marty !

affiche1woodstockPtitApogée du mouvement hippie, acmé du Flower Power, le Festival de Woodstock eut lieu exactement du 15 au 18 août 1969, à Bethel, dans l’état de New York, comté de Sullivan, pas très loin d’un village nommé Woodstock. Comme Woodstock sonnait mieux, les organisateurs  baptisèrent leur festival : Woodstock Music and Art Fair.

Le festival est une idée de Michael Lang, jeune producteur qui souhaitait financer son propre studio d’enregistrement en organisant un grand rassemblement musical. Epaulé par son ami Artie Kornfeld, vice président de Capitol Records et de deux riches entrepreneurs new yorkais, il loue White Lake, le domaine agricole d’un agriculteur de Bethel. Sur ces 243 hectares vont ainsi se dérouler le plus gros festival de l’époque.

On connait la suite, Woodstock va attirer 450 000 personnes, attirés par l’affiche exceptionnelle et aussi par les récits de précédents festivals hippies comme celui de Monterey durant le Summer of Love de 1967. De grands moments aujourd’hui immortalisés dans plusieurs documents dont le splendide coffret 4 CD : Woodstock, 3 days of peace & music paru chez Atco ou bien en DVD : Woodstock, 3 jours de paix et de musique paru chez Warner.

Parmi ces grands moments, les solos de guitare d’Alvin Lee et son Ten Years After, les harmonies vocales de Crosby, Stills, Nash & Young, les moulinets rageurs de Pete Townshend et ses Who, le réveil halluciné des festivaliers par le maitre es 6 cordes Jimmy Hendrix,  les volutes musicaux psychédéliques des Jefferson Airplane, Joe Cocker qui lâche les chevaux, Country Joe remonté qui fait scander FUCK au public…etc

Mais pour moi, Woodstock, c’est Richie Havens qui assure tout seul l’ouverture du festival alors que tous les zicos sont coincés dans les embouteillages monstres ! Terrorisé, lui qui ne voulait surtout pas y aller en premier,  il envoie tout son répertoire et plus encore pendant 2h45 d’anthologie. Au bout du 6ème rappel alors qu’il ne sait plus quoi inventer et que Tim Hardin est trop défonçé en coulisse pour prendre sa suite, Richie change une corde, réfléchit et attaque une longue impro devant ses musiciens hilares. C’est à ce moment qu’il se souvient d’un vieux  gospel de son enfance “Motherless Child” qu’il va transformer en un folk furieux d’anthologie…que voici en vidéo ! L’histoire raconte que Country Joe McDonald arriva en hélicoptère pendant le morceau, juste à temps pour relever un Richie Havens épuisé!!! Joyeux anniversaire à tous les vieux hippies, les vrais, les purs !

La prog de Woodstock :

Le 15/08/1969 : Dans l’ordre d’apparition

- Richie HavensCountry Joe McDonald – John B. Sebastian – Sweetwater – Incredible String Band – Incredible String Band – Tim Hardin – Ravi Shankar – Melanie – Arlo Guthrie – Joan Baez

Le 16/08/1969 : Dans l’ordre d’apparition

- Quill – Keef Hartley Band – Santana – Canned Heat – Grateful Dead – Mountain – Creedence Clearwater Revival – Sly & The Family Stone – Janis Joplin – The Who

Le 17/08/1969 et le 18 (au petit matin)  : Dans l’ordre d’apparition

- Jefferson Airplane – Joe Cocker – Country Joe & The Fish – Ten Years After – The Band – Blood Sweat And Tears – Johnny Winter – Crosby, Stills, Nash & Young – Paul Butterfield Blues Band – Sha-Na-Na – Jimi Hendrix (The Gypsy Sun & Rainbows Band)

Messages Plus Anciens »