Deux albums et des centaines de concerts, de premières parties prestigieuses en bars mis à sac, Toxic Kiss est une valeur sûre du rock hexagonal.
Je vous en avais parlé plus en détail lors d’un précédent billet. Entretemps, Toxic Kiss a déménagé son QG sur Nancy et s’est attelé à la production d’un troisième album “Snakes in the city”. On peut en écouter plusieurs extraits sur leur Myspace.
Toujours nichés entre power-pop bubble-gum, surf music, garage-rock psyché et post-punk déjanté, Toxic Kiss est un bon rappel de ce que doit être le rock’n'roll. Le vertige, le soufre, le sexe, le dérèglement des sens, le passage de l’autre coté…le rock’n'roll est un défouloir, Toxic Kiss un exutoire.
Soyez attentif début décembre, ils tournent sur la Lorraine et l’Allemagne !
En rappel, un extrait vidéo de leur second album “Smal-Town Faces”, clip qui rappelera aux plus cinéphiles d’entre vous, le cultissime “Calvaire” de Fabrice du Welz, enjoy :
Il est des albums difficiles à décrire, des morceaux que l’on peine à qualifier car ils ne s’adressent pas à l’intellect mais à la déraison. “Them Crooked Vultures” est de ceux-là..
Commençons par dire que “Them Crooked Vultures” est le groupe de rock de l’année 2009, celui qui a fait le buzz et dont la rockosphère chuchote l’éventualité depuis 2005. Ce power-trio réunit en toute simplicité, John Paul Jones (celui dont la basse grondait dans le Zeppelin ), le batteur nirvanesque Dave Grohl et Josh Homme des Queens of the stone age. Sûr, quand vous mélangez Led Zep, Kyuss et Nirvana, cela ne donne pas un backing band pour Thomas Dutronc mais que dire de ce grand album ?
Dire que c’est du gros rock psyché bien viril comme on en faisait dans les 70’s, en cela, le cahier des charges stoner est bien respecté. Them Crooked Vultures parle à votre instinct primaire, votre cerveau reptilien, réveille le serpent quel’on chevaucherait bien jusqu’au lac, l’ancien lac… C’est toute l’attraction du désert américain qui suinte des enceintes et ses mélodies vénéneuses vous emportent définitivement de l’autre coté.
On sent bien ici un Josh Homme hypra motivé par le magnétisme de son idole, tout comme Dave Grohl fait allégeance en donnant le meilleur de lui même. Foncez vous griser de “Them Crooked Vultures”, digne héritier des “Blues for the red sun” ou “Songs for the deaf”, vous ne le regretterez pas car quand on fera les comptes 2009, cet album figurera en haut des classements rock.
Les plus assidus d’entre vous l’auront peut-être remarqué, il y a un nouvel onglet sur ce blog : “Punk & New Wave”. Tout comme l’onglet concernant le métal, vous y trouverez le résultat de mes cogitations, de mes lectures et diverses écoutes passionnées. Je traite dans ce dossier les années 1975-1985, décennie pour moi centrale dans l’histoire du rock. Je vous propose de revenir régulièrement sur ce dossier, de façon chronologique et ludique en associant les extraits principaux du dossier avec des vidéos.
1975-1985 : Les années Punk & New Wave
A. Les racines musicales
1. Les 50’s
Dans une certaine mesure, on peut trouver dans la fougue, la sauvagerie du rock’n’roll des pionniers tels qu’Elvis Presley, Eddie Cochran, Gene Vincent, Jerry Lee Lewis, les racines du punk-rock. Le rock ‘n’roll originel puisait certes ses fondements dans le Rhythm’n’blues afro-américain mais surtout dans la réaction d’une jeunesse corsetée dans la société américaine puritaine et castratrice de l’après guerre.
Avides de liberté, découvrant la puissance de leur jeunesse et de leur pouvoir d’achat, les gamins d’alors plébiscitent de jeunes rebelles en cuirs, guitares électriques en bandoulières et chargés d’amphétamines (en vente libre à l’époque). La musique est violente, les paroles parlent enfin des préoccupations de la jeunesse, le sexe, le refus de l’autorité, le fun. L’attitude irrévérencieuse de ses nouveaux chanteurs va beaucoup faire pour leur succès et inspirer 20 ans plus tard, la dégaine d’un Sid Vicious comparable à celle de Vince Taylor ou Gene Vincent.
Des guitaristes comme Chuck Berry vont énormément influer sur le jeu de guitare des futurs punks. Ce rock basique, primitif et sexué est la première pierre de fondation du punk-rock.
Mais le meilleur c’était Eddie, la classe, le grain de voix, la coiffure qui va bien, l’oeil canaille et le sens de l’onomatopée. C’est mon favori, Elvis et Jerry Lee peuvent aller se rhabiller, who cares ? Il a aussi donné son prénom à M. Mitchell et son look à M. Strummer
“A Tout Moment”, le dernier album d’Eiffel vient de sortir et c’est une réussite qui replace les bordelais au sommet du rock français. Lyrique et engagé avec le single “A tout moment la rue”, poétique et romantique avec “Minouche”, Eiffel trouve un équilibre rare dans le rock hexagonal. Humeau a, en effet, grimpé encore quelques marches vers le statut d’auteur avec des textes raffinés, imagés et particulièrement bien soutenus par des compositions sur mesures. Et quand il se permet d’adapter du Villon, il entre simplement dans le panthéon des grands rockers, aux cotés de Lavilliers et Bashung ! Enfin c’est avec une pointe d’émotion nostalgique, que l’on assiste à un genre de passage de relais, entre Bertrand Cantat et Romain Humeau. En effet, celui qui jusqu’ici planait comme une ombre sur la musique d’Eiffel vient effectivement faire les choeurs sur ” A tout moment la rue”.
Voila, le 4ème album d’Eiffel vient à point nommé relancer un rock français bien pâlichon et prouve une nouvelle fois qu’il est possible de le chanter dans notre langue. Il suffit pour cela d’avoir simplement du talent et le feu sacré, bien autre chose en tout cas que ce que nous propose l’industrie musicale actuellement…
Le Freylekh Trio est composé des frères Feterman, membres de la Caravane Passe et du Toubab All Stars, et du violoniste Jacques Gandard. Les trois compères revisitent la musique klezmer et gitane depuis quelques années déja. Musiques de diasporas, leurs mélodies sont des cavalcades effrénées ou jaillissent fureur de vivre juive et mélancolie balkanique.
Sur leur dernier album “Le Freylekh Trio featuring Goulash System“, ils s’entourent de musiciens rencontrés dans les rues de Paris, serbes, américains, hongrois, roumains, camerounais, tsiganes, ashkenazes…et les voila partis à l’assaut du métro, des bars du 20ème, des rues de Paname !
Laissez vous gagner par la Freylekh frénésie, lâchez les chevaux sur ce klezmer power !!!!
Comment écouter un nouvel album des Pixies sans avoir à se fâner une reformation pénible et pachydermique ? Il suffit de glisser dans la platine “Petits Fours” de Grand Duchy !
Car avec cet album sorti au printemps 2009, Franck Black a étonamment retrouvé Black Francis ainsi que sa légéreté, sa jeunesse, son inspiration pop. Que dit-on dans ces cas là ? Cherchez la femme ? Effectivement, ce retour de flamme indie pop, on le doit sans doute à Violet Clark, sa nouvelle compagne, pour qui il a composé ce disque.
Tout ragaillardi, le Franck nous ravit de ballades, de sha la la, de vocaux mixtes, de mélodies entêtantes. Certes, cela sonne comme un Pixies, la ressemblance entre les voix de Violet et de Kim Deal est frappante. Mais Grand Duchy apporte une touche sensuelle, décontractée, une couleur beaucoup plus chaleureuse que les titres torturés et névrosés des jeunes Pixies.
“Petits fours ” mérite mieux que la relative indifférence dans laquelle il est sorti, parole d’indie boy !
Illustration en vidéo avec le très “Curesque” Lone Song :
C’était logique et je l’esperais un peu, après avoir revisité les années 80 avec le revival post-punk des Interpol, Editors, White Lies et toute la flopée de groupes néo new wave aux sonorités glacées, il fallait bien qu’on y arrive !
Car chronologiquement, après la new wave et les groupes synth-pop, après les 80’s, on arrive à l’indie pop des 90’s. Et qui dit indie pop dit, entre autres, shoegazing !
The Big Pink est un duo londonien composé de Robbie Furze et Milo Cordell qui vient de sortir son premier album ” A Brief history of love”. Nos deux lascars connaissent bien leur sujet pop, Milo Cordell est en effet à la tête du label Merok Records (Klaxons, Teenagers).
The Big Pink se parfume de nostalgie 90’s. De belles mélodies pop sont construites sur des murs de guitares fuzz, des voix mélancoliques désincarnées. “A Brief History of Love” doit donc beaucoup aux glorieux ancêtres shoegazers “My Bloody Valentine” ou “Ride” mais pas seulement.
Avec une production moins brute de décoffrage que leurs aînés et des arrangements actuels, le duo réussit une belle synthése entre cold wave, shoegazing, indie pop et electro moderne. On ne surprendra personne en précisant que cet excellent premier album vient juste de sortir chez 4AD.
Mélancolique, romantique et noisy, The Big Pink arrive au bon moment après l’anniversaire Stone Roses ! Le monde est prêt, laissons nous pousser la mêche et regardons nos chaussures !
Révélée par son premier et magnifique album « L’Autre Bout du Monde », Emily Loizeau revient accompagnée d’une pléiade d’artistes pop comme Moriarty, Herman Dune ou chanson comme Fersen, Olivia Ruiz. Des personnalités qui collent bien à l’atmosphère onirique et poétique de ce pays sauvage. Un pays qui pourrait bien être le nouveau monde tant l’Amérique résonne dans la musique d’Emily, du folk au gospel, de la pop jusqu’à la country. La jolie brune est franco-britannique et ses racines métissées lui permettent de réaliser le parfait cross-over entre la chanson française et la pop britonne, comme si Georges Brassens faisait le boeuf avec Bob Dylan !
Voici donc, enfin, une chanteuse française qui groove, avec un grain de voix profond, sans le manièrisme d’une Camille ou la mollesse d’une Maurane. Elle a la classe, elle a la soul, les fêlures qui font les grands artistes, bref…allez écoutez ce lovely hippy brown bird !
J’ajoute un lien ici avec le site de Taratata, juste pour le plaisir de partager ce grand moment de musique, le magique duo avec l’énorme Arthur H. sur la reprise de “Sweet Dreams”, pfffff les frissons !
Dernière réplique du tsunami post-punk des 70’s, The XX. Groupe de 4 londoniens de 20 ans, à peine sorti du lycée qui navigue entre synth-pop et cold wave, le tout produit et arrangé de fort belle manière par Jamie Smith, master es machines du groupe.
On peut sentir dans leur musique des influences diverses, une guitare très “Durutti Column”, un chant féminin à la “Young Marble Giant”, des ambiances très “Cocteau Twins”. C’est mélancolique, ça sent le fog londonien mais sans tomber dans la nostalgie. The XX compose de belles mélodies et l’apport des programmations, groovebox et autres synthés sauve leur musique de la redite néo new wave. A conseiller donc comme groupe de la rentrée !
Zaraza en polonais signifie « épidémie » et vous allez être contaminé par la musique de cet ensemble hollandais ! La musique klezmer est la tradition musicale des juifs d’Europe centrale et ces musiciens en reprennent la fougue et la mélancolie tout en les portant à leur paroxysme dans une sarabande folle. Le dessinateur Joann Sfar qui signe la pochette de l’album fait mouche, quand il dit d’Amsterdam Klezmer Band, qu’il sont les Pogues en Klezmer.
Entre fanfares balkaniques, traditions ottomanes, slaves, tziganes et juives, Zaraza est une invitation au voyage, à la danse, à la fête et surtout à la fraternité !