Feeds:
Articles
Commentaires

Cosmogonie du death

Obscura est un groupe de death métal progressif ou techno-death pour les intimes. Ce sont 4  teutons furieux qui envoyent le boulet façon “Gross Bertha” mais avec une finesse assez inédite dans le monde ultra heavy du death à papa. Signés chez Relapse Records (gage de qualité indéniable), ils viennent de sortir l’excellent “Cosmogenesis”, leur seconde réalisation.

Sur cet album, ils poursuivent leur quête musicale mélangeant death, thrash et black métal, le tout sérieusement assaisonné de prouesses techniques. Avec Cosmogenesis, vous trouvererez un album de métal carré, tranchant et froid. L’originalité du disque réside surtout dans la mise en avant de la basse. Il faut dire que le préposé aux grosses cordes est un virtuose dont les doigts voyagent avec l’agilité d’un hobbit poursuivi par une bande d’orques affamés ! De sa basse six cordes, Jerden Paul Thesseling sort des merveilles qui le font entrer, pour moi, au panthéon des bassistes du métal.

Allez faire un saut sur leur myspace : http://www.myspace.com/realmofobscura

En vidéo, le single officiel “The anticosmic overload” :

Into the wild

Les vacances sont pour moi l’occasion de me faire des piles de cd pour tailler la route. Cette année, je suis parti avec quelques disques sympas mais celui qui me scotche, celui qui me fait vraiment voyager intérieurement, c’est la BO de Into the Wild, le film magnifique et poignant de Sean Penn.

Composée par Eddie Vedder, le chanteur de Pearl Jam, le score magnifie les images superbes du réalisateur au profil d’aigle royal. La voix d’Eddie m’a toujours envoyé dans la stratosphère. Quoiqu’en pensent les critiques rocks qui aiment tant s’essuyer les godasses sur Pearl Jam, ce groupe est tout de même un momument du rock US. Mais bien sûr, Vedder n’est pas mort à 27 ans…

Pour Into the Wild, Vedder a composé une série de titres folks atmosphérique hyper planants qui cadrent super bien avec le parcours de Christopher McCandless. C’est beau, triste, sauvage, dur, mélancolique, jubilatoire et voila surtout de vraies chansons dont devraient s’inspirer les insupportables arrivistes du revival folk.

Mais le mieux est toujours de retrouver Eddie et sa voix de velours côtelé rapeux  et de se laisser aller à la rêverie…et surtout, surtout, procurez vous le dvd du film, le film le plus émouvant que j’ai vu depuis “Le Vent se lève” de Ken Loach !

Le trailer du film :

“Society”, un extrait de la BO :

J’adore le métal mais cela fait quelques années que je reste sur ma faim à l’écoute des nouveautés du genre. Mis à part quelques albums par ci par là de Neurosis, Meshuggah, Gojira, Mastodon ou Hatebreed, peu de groupes  suscitent mon intérêt plus de deux titres. J’en suis là lorsque que je glisse, sans trop y croire, le dernier Napalm Death dans la platine…et là, le charme métallique opère à nouveau !

“Time waits for no slave” est le 16ème album des anglais. Il est un peu le résultat de vingt années de recherches dans l’aggression sonore ! Sur cet album ciselé et produit avec soin, les gars de Napalm ont sans doute trouvé l’équilibre ultime entre Grind, Death et Thrash. Nos papys font donc de la résistance en sortant en 2009 un de leurs meilleurs albums. Certains critiqueront sans doute cet album à cause de  son évidente accessibilité. Il n’est en effet pas utile d’être un forcené du death-grind pour apprécier cet essai à sa juste valeur ! Alors n’hésitez pas un seconde.

Si vous cherchez un truc qui détartre les conduits auditifs, si vous avez besoin d’un bon coup de tête pour vous réveiller en ce début de semaine, la pharmacie Toftaky vous conseille une bonne dose de “Time waits for no slave”. Le traitement sera plus efficace en réglant le potard à 11…

Rodolphe Burger nous enchante depuis plus de 20 ans ! Tantôt avec son groupe Katonoma, horizon indépassable du rock français, tantôt en solo dans ses projets électro-rock planants. Rodolphe Burger, c’est aussi un producteur aux doigts d’or pour Bashung, Jeanne Balibar, Higelin. Brillant dans ses oeuvres et aussi ses collaborations parmi lesquelles on ne peut que citer l’excellent “Before Bach” avec le chanteur breton Erik Marchand.

Burger, c’est avant tout une couleur musicale. Un noir moiré de pourpre satinée, d’élégantes arabesques de guitares légères comme des nuages, mais comme des nuages d’orages, tendus, électriques. Pour moi Burger personnifie la new wave à la française, une musique romantique au fort sentiment de mortalité et d’urgence, entre impressionisme et expressionisme rentré.

Il a sorti cette année un nouvel album “Valley Session”, enregistré en live dans son antre avec de brillants comparses comme Erik Truffaz à la trompette et Hammel à l’harmonica. Sur cet album, Burger revisite une partie de son répértoire, les réarrange, triture à nouveau comme sur “Lady of Guadalupe” ou “Que sera votre vie?”. On connait son goût des reprises bien senties et ici il ne faillit pas à sa réputation avec un splendide “Love will tear us apart” que Ian Curtis doit sans doute goûter depuis son exil dans l’autre monde. Rodolphe reprend aussi le Velvet sur “Pale Blue eyes”, il semble très à l’aise dans les bottes de Lou. Enfin, on se doit de dire un mot sur la superbe reprise d’une folk song popularisée par Dylan, “Moonshiner”, reprise transcendée par la finesse atmosphèrique du guitariste alsacien !

Bref, allez faire un petit tour dans l’univers de Rodolphe, sur Valley Session bien sur mais n’hésitez pas à parcourir son oeuvre tant elle fait honneur au rock hexagonal ! J’allais oublier,un bon Burger ça se chope en live surtout !!

Love will tear us apart :

Pale blue eyes :

Un petit Katonoma pour la route :

Un Coeur à nu

Béatrice Martin alias Coeur de Pirate a composé un album piano-chant de chansons d’amour faussement innocentes. Les textes sont bien travaillés,  personnels. Vu les thèmes abordés, amours déçus, culpabilité, infidélités, douleurs adolescentes, on aurait pu s’attendre à de continuels clichés et rengaines de redites. Mais Béatrice Martin s’en tire bien car elle ne triche pas et résiste à la tentation de faire joli. Coeur de Pirate chante la douleur de l’enfant qui se transforme en adulte, lorsqu’on se rend compte que la perte de l’innocence se paye au prix fort. La douleur et la violence de l’adolescence transpire de ses textes et contraste avec sa voix enfantine d’où une certaine émotion qui vous saisit alors.

Si je me suis arrêté sur cet album, qui est loin de mes préoccupations musicales, c’est surtout que j’ai ressenti la même chose qu’à l’écoute d’ “Under the Pink” de Tori Amos. Ca m’a renvoyé en 1994 ! Ce mélange de rêveries, d’idées sombres et de magie que Tori Amos envoyait dans les chambres d’ados, Coeur de Pirate n’en est pas loin. Ce premier album révèle une artiste en herbe et je pense qu’avec du travail, elle pourra faire son chemin au pays des Kate Bush, Tori Amos, Suzanne Vega ou Fiona Apple !

A écouter avec son coeur d’enfant ;-)

Tori Amos dans ses grandes oeuvres :

Le choc Von Magnet

Von Magnet est un collectif qui nait en 1985 à Londres sous l´impulsion de Phil Von et de Flore Quétier. Au départ issu de la mouvance indus, Von Magnet incorpore peu à peu des éléments de musique traditionnelle dans ses sonorités électro. Leur musique confronte ainsi flamenco, musiques orientales, arabes à la froideur industrielle ainsi qu’à la mécanique électronique. Le duo s’enrichit rapidement de divers musiciens, compositeurs contemporains, chorégraphes, plasticiens, danseurs, performeurs pour donner des spectacles d’art total dans la lignée des troupes de théatre avant gardiste des années 70.

Suivront ainsi 20 années de performances, spectacles et albums tous plus novateurs les uns que les autres. L’ univers sombre et poêtique, décalé et expressioniste de Von Magnet séduira autant les fans de musique indus, trip-hop, gothique que ceux que le mix entre musique traditionnelle et musique contemporaine n’effraie pas.

Si j’aborde ce sujet, c’est que j’ai découvert avec surprise le nouvel album de Von Magnet. Moins emballé par leurs précédents essais de flamenco progressif, j’ai été envoûté par ce télescopage culturel qu’est “Ni prédateur ni proie”. Sur cet  album, Von Magnet fait se telescoper orient et occident, un peu à la façon de Orange Blossom mais en plus sombre. Ce mélange de percussions et chants arabisants avec des sonorités indus et électro, le coté planant downtempo et la sobriété des arrangements font de cet album une petite merveille.

A découvrir ici : http://www.myspace.com/vonmagnet

En vidéo, un aperçu du nouveau spectacle qui a l’air d’enfer :

Un autre clip extrait de l’album :

Retour d’Asyl

Il y a une raison de se réjouir en ce retour de long week end, c’est la sortie du nouvel album d’Asyl ! “Brûle brûle brûle”, second album studio des Rochelais (Merci Roger ;-) ) arrive aujourd’hui dans les bacs des disquaires survivants.

Pourquoi est-ce une bonne nouvelle ? Parce qu’Asyl est tout simplement le meilleur groupe de rock français en exercice et de loin !

J’ai pris conscience de ça en Avril 2003, alors que je me faisais atomiser la tête par un gang rock alors en découverte au Printemps de Bourges. Le post-punk anguleux, sec et nerveux des gars de Asyl m’avait instantanément convaincu. Il y avait tout, le charisme du chanteur, le sentiment d’urgence dans les compositions, l’énergie sauvage de ceux qui ne calculent pas. Leur premier album “Petits meurtres entre amis” sorti à l’époque est toujours pour moi le meilleur album de rock français depuis “Tostaky” de Noir Désir.

On peut déjà découvrir le single ” Les Dieux sont des rois” en vidéo ci-dessous avant de découvrir les douze titres du nouvel essai d’Asyl.

Depuis que je tiens ce blog musical, à ma grande surprise, c’est un petit billet sur un instrument de musique qui monopolise le quart du traffic. Constatant que l’incalculable nombre de requêtes concernant le Hang Drum sur Google aboutit sur ce blog, j’ai décidé de pousser mes recherches et de rédiger un billet susceptible de renseigner définitivement les amateurs de percussions suisses !

A l’origine du Hang Drum est le steelpan, l’instrument de percussion idiophone caribéen. Le Steelpan est une sorte de casserole en acier dont le fond est arrondi et la surface martelée de multiples facettes que l’on peut ainsi faire résonner comme des cloches. On retrouve les “steelpan” dans la musique calypso des îles Trinidad et Tobago par exemple.

Felix Rohner et Sabina Schärer, des passionnés de cet instrument ont fondé la société PANhart Hangbau AG à Berne et se sont mis à fabriquer des steelpan en tentant d’en améliorer le concept, notamment au niveau de l’accordage. Passant de l’acier originel à un alliage de leur conception, le “Pang”, ils réalisèrent toutes sortes d’idiophones, cloches, gongs, gamelan, cymbales…etc. En 2001,  ils conçurent le Hang Drum (percussion à main en Français ), cette petite merveille de percussion sur laquelle on peut jouer sur 8 notes. On trouve différents Hang Drum en fonction de la gamme désirée, l’instrument permettant selon le modèle de jouer sur 45 gammes.

Physiquement, cette percussion est faite de deux hémisphères en métal : le côté DING et le côté GU.
Le côté DING se compose de 8 champs de tonalité (les facettes) et du  DING central (grosse facette au son de basse).
Du côté GU, le coté que l’on pose sur les genoux,  il y a un trou de taille de main pour la résonance. En 2005, une évolution du Hang Drum est sortie, le Low Hang qui permit de jouer dans des tonalités plus basses.

Il n’est pas aisé de se procurer un Hang Drum, les concepteurs et fabricants de l’instrument ont une vision très stricte de la diffusion de leurs “Pan”. Ils ne souhaitent pas en faire un commerce échevelé capitalistique, leurs motivations sont essentiellement musicologiques. Les précautions dont ils s’entourent tendent à éviter toute production industrielle en série de leur invention,probablement afin d’éviter la mise sur le marché de pauvres copies indignes. Comment alors acheter un Hang Drum ? Il faut donc les contacter directement à l’adresse suivante et ils envoient un bon de commande et un contrat :

PANart Hangbau AG, Engehaldenstr. 131, 3012 Berne, SUISSE

Téléfax : +41 (0) 31 301 33 32

Voila, sachez qu’il en coûte environ 800 euros selon les modèles. J’espère avoir renseigné les fanatiques de la percu, la saison des pic-nic arrivant à grands pas avec ses hordes de djembés, derboukas et congas…

Pour ceux qui n’ont rien compris, une vidéo de Manu Delago, talentueux joueur de Hang Drum :

Il y a 20 ans, à Sheffield, naissait le label Warp Records.

LE label electro a fait de la musique électronique ce que ses grands frères Mute, Factory Records avaient fait de la New Wave, un truc béton, incontournable, énorme. D’abord magasin de disque banlieusard ouvert en 1987 et spécialisé dans la House music, Warp Records nait en 1989 en produisant “Track with no name” du projet “Forgetmasters”. Suivront les mythiques productions de LFO, Nightmares on Wax, Plaid, Autechre ou encore Aphex Twin, dont les œuvres mythiques furent magnifiées par des vidéos d’anthologies, comme celles de Chris Cunningham ( le meilleur réalisateur de clips avec Michel Gondry !!).

A l’heure ou l’écurie Warp fête son anniv à la Cité de la Musique de Paris, je vous propose un retour dans les 90’s avec le terrible “Come to daddy” ! Énorme morceau d’Aphex, monument vidéo de Cunningham…enjoy

Le rock actuel, sans imagination,  repompe, plagie à mort, tous les groupes new wave et post-punks . Ça sent les années 80 à plein nez dans tous les mags, sur les affiches de pub, dans la mode, à la télé…etc Alors quand DM sort un nouveau disque, on se dit que tant qu’à faire, autant écouter les inspirateurs de ce courant électro-pop qui inonde nos enceintes. Je suis donc passé en mode 0.0 et suis allé acheter le cd en question.

On pouvait appréhender un énième album de Depeche Mode, un genre de support de concert en stade, avec des hymnes pompiers compassés et complaisant. Mais comme tout le monde pille  leur discographie fabuleuse, Martin Gore et Dave Gahan ont vraisemblablement décidé de remettre les pendules à l’heure !

Sounds of the Universe est une intéressante synthése de la new wave industrielle de “Construction Time Again” (1983), de la noirceur de “Black Celebration” (1986) et des mélodies de “Violator” (1990). Le tout est emballé dans un feu d’artifice d’arrangements modernes, sobre mais innovants. Le travail en studio a été soigné et se trouve être à la hauteur de la légende synth-pop de Basildon ! DM sort de la musique putassière de ses tristes années 90. Le virage créatif amorçé par “Playing the angel” est ici poursuivi avec beaucoup de réussite. On ne peut que féliciter Martin Gore de laisser de plus en plus de place au volant à son remuant collègue Gahan qui signe trois morceaux. Allez écouter cet album, franchement il vaut le détour. J’espère que Gahan ne le massacrera pas trop en live avec ses agaçants “Come on !” , “Yeah !”et autres onomatopées toutes les deux phrases…

En vidéo, le single “Wrong” :

Older Posts »